La vérité sur l’écriture de roman ! Et une nouveauté…

La vérité sur l’écriture de roman ! Et une nouveauté…

 

La nouveauté d’abord :

 

J’ai enfin vaincu mes dernières réticences. Grande nouvelle :  je publie mon roman, Le Cheval de l’Irlandais, sur Amazon en format e-book et sur papier.

Le Cheval de l’Irlandais, roman de Laure Gerbaud

Et la vérité sur l’écriture de roman :

 

Ecrire un roman n’est pas un long fleuve tranquille. On voit partout fleurir des méthodes qui garantissent qu’avec une structure solide et deux ou trois techniques, de l’organisation et de la volonté, tu vas écrire un roman comme on produit une savonnette. C’est possible : mais qu’obtiendras-tu à part une savonnette ?

Loin de moi l’idée que la méthode, les techniques, l’organisation sont inutiles, que le génie de l’écrivain s’en passe. Non : nous en avons besoin. Mais c’est une recette sans sel, sans épices car c’est la base. Le minimum. Il faut d’autres ingrédients, plus subtils.

Les aléas

 

Ecrire un roman est une affaire qui occupe l’existence un bon moment. Autrement dit, la vie s’en mêle. Pendant que tu écris, la vie te surprend : deuils, maladies, amours, amitiés, métier, finances, moral, tout entre dans ton roman, sans même que tu en aies conscience, que tu le veuilles ou non…

Si tu n’es pas prêt à affronter les aléas de la vie de ton roman en plus de ceux de ton existence, ce n’est pas la peine de tenter de rédiger un livre. Pire : si tu n’es pas prêt à affronter les aléas de ton existence, tu ne pourras pas supporter en surplus les aléas de la création. C’est un peu dur mais c’est la vérité. Il faut être au clair avec soi quand on veut produire une œuvre, qu’elle soit livre, toile, sculpture, film…

Le travail de ton inconscient

 

Aucun plan ne te garantit que tu vas écrire ce que tu avais prévu et de la manière dont tu l’avais prévu. Il se pourrait que tu prennes des chemins de traverse, que tes personnages ou ton intrigue t’emmènent là où tu ne t’attendais pas à te trouver. Il va falloir t’adapter, te montrer souple, suivre ton inspiration si tu ne veux rien manquer de ce que tu as vraiment à dire – et non ce que tu croyais vouloir dire. C’est la différence entre travailler avec seulement ta raison et ton conscient et travailler aussi avec, en plus, ton inconscient qui est une matière infiniment plus riche. Travailler donc avec ton conscient, ton intelligence et ta lucidité, mais aussi avec ton inconscient et tes possibilités et disponibilités du moment. Le talent se loge dans l’inconscient, pas dans la conscience. Ca, c’est la vérité, celle que je ne lis nulle part.

Ce qui ne veut pas dire, je le répète car je crains d’être mal comprise, qu’il ne faille pas t’organiser, créer un plan, définir tes personnages, ton atmosphère, le ton, ton style, etc. Cela fait partie de la rédaction de ton roman. Mais la vérité, c’est aussi que ton inconscient doit faire les trois-quarts du travail et te le livrer. Il faut apprendre à travailler avec son inconscient. Il faut trouver la porte d’accès, et c’est le travail le plus difficile. Chacun invente sa méthode : décrypter ses rêves, écouter les voix qui le traverse, méditer, jouer à des jeux d’écriture, rêvasser, se promener… On a vu beaucoup d’écrivains alcooliques, d’autres drogués. Pas étonnant : ils n’avaient pas trouvé d’autre porte d’accès à leur inconscient, hélas. Ton état d’esprit sera déterminant pour aller jusqu’au bout. On n’en parle nulle part non plus à ma connaissance. Pourtant…

Crédit photo : Greg Williams

L’individualité de l’écrivain

 

Il n’existe pas de route unique, de stratagème imparable, de recette miracle qui te fera pondre un best-seller comme une poule pond un œuf. Sauf à être une poule de batterie qui pond un œuf de batterie, une pauvre chose sans goût, fade et terne qui se vend en supermarché. Je préfère le best-seller ou le roman bio, celui que l’on trouve dans les bonnes librairies ou en fouillant sur internet, le best-seller de qualité, celui qui te laisse un goût de jamais dégusté auparavant.

C’est donc à toi de tracer ton chemin dans la forêt de tes expériences d’écriture, les sous-bois de conseils, de techniques que tu as éprouvées ou apprises sur des blogs comme celui-ci, dans des livres techniques d’écriture, dans des interviews d’écrivain. A toi de décortiquer ce que tu apprends et tentes. Chacun doit nourrir et créer sa matière et sa manière. Il n’y a pas de texte unique et d’écrivain unique, dieu merci, dans notre monde déjà trop formaté ! Il n’y a que des expériences, des ressentis, des réussites et des ratages qui dépendent de l’individu qui écrit, sculpte, peint, chante…  Il n’y a pas de vérité unique. Ton individualité, c’est ta personnalité. Ta personnalité, c’est ton originalité.

L’état d’esprit de l’écrivain

 

Travaille sur toi autant que tu travailles sur ton texte. C’est également une vérité que je ne lis jamais, que je n’entends jamais. Evidemment, elle est moins facile à exprimer et plus difficile à recevoir. C’est ta hauteur de vue qui détermine ton altitude en littérature comme dans la vie. C’est qui tu es à l’intérieur de toi, qui détermine la qualité de ce que tu écris. Pour écrire un roman, il faut développer un état d’esprit de romancier. C’est simple au fond. Mais dans la pratique, développer un état d’esprit d’écrivain, ce n’est pas simple. Le monde n’est pas en accord avec ça. Le monde veut des moutons bien pensants, pas des écrivains. Ecrire, c’est penser par soi. Penser par soi, c’est déjà se rebeller. L’écrivain pense avec ses mots et ses idées propres. Pas par emprunt. Le reste, penser et s’exprimer par emprunt, c’est de la rédaction, pas de la littérature.

Ton individualité, c’est ton essence d’écrivain

 

Chaque artiste est différent, vérité de La Palice que contredit l’idée d’une méthode unique pour parvenir à rédiger un livre, créer une œuvre ! Attention au formatage, c’est une manie récurrente de notre époque de vouloir poser des lois sur tout et d’imaginer qu’elles suffisent à créer quelque chose de valable. La création est artisanale. Elle possède ses règles mais pas de lois.

La vérité est ailleurs, insaisissable. La technique est utile, le travail nécessaire. Mais la création est un rêve poursuivi en état d’éveil et dépasse les techniques et le travail qu’il exige. Pour t’illustrer mon propos, je te propose de décortiquer le processus de création atypique du Cheval de l’Irlandais. Toute rédaction de roman est du reste atypique. La grande force de l’écrivain n’est pas de résoudre tous ses problèmes avant d’écrire mais de parvenir à les résoudre en cours d’écriture, au fur et à mesure qu’ils lui arrivent. C’est donc sans pudeur que je te partage ce qu’ont été mes défis durant la rédaction du Cheval de l’Irlandais.

Sur ce blog, j’ai pointé du doigt maintes erreurs faciles à commettre. J’ai rédigé des articles sur la structure, la description, les personnages, l’univers romanesque, etc. Mais il manque un exemple concret et l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît vraiment. Alors autant profiter de la sortie de mon livre pour te raconter ce que j’ai vécu en l’écrivant : son processus de création. Bien entendu, comme je le disais plus haut, chaque livre est unique et ce qui vaut pour celui-ci ne vaut pas pour d’autres. Mais il a connu son processus de création propre et c’est ceci dont je veux discuter. Pas du livre mais du processus. Peu importe que le livre soit réussi ou raté, car je veux seulement te parler du processus de création.

Le résumé du Cheval de l’Irlandais

 

Je te situe le roman rapidement en te donnant le texte de la 4ème de couverture sinon il te sera difficile de me suivre dans cet article :

Les personnages du Cheval de l’Irlandais sont brûlés par la passion de la vie, la création, la haine, la vengeance, l’appât du gain, l’amour, l’amitié… Ils sont entiers et rien chez eux n’est raisonnable.

Acteur-réalisateur américain, écrivaine française exilée sur une sauvage île grecque, Irlandaise délurée, Californien ironique, villageois grecs, bègue ou muet, chacun est dominé par ses émotions, emporté par ses sens, prêt à en découdre avec la vie.                                    

Sur la minuscule île grecque où la fatalité exerce son pouvoir, un étrange cheval provoque la rencontre de l’écrivaine et du cinéaste, et bouleverse leur destin.

Quand le drame survient, chacun joue son rôle : certains passeront des larmes à la rédemption mais d’autres, emportés par la haine, mourront ou perdront leur liberté. Entre Grèce, Irlande et Etats-Unis, psychologie et suspense, Le Cheval de l’Irlandais évoque un monde où la nature de notre terre, des animaux et des hommes a tous les droits.

Ode aux créateurs et la création artistique, à la nature et la beauté, ce roman nous offre une balade dangereuse dans un univers de dureté où chacun, s’il s’en donne la peine, peut trouver la grâce.

Tu vois, j’ai laissé volontairement du flou et du mystère car je ne veux pas éventer l’intrigue au cas où tu aurais la bonne idée de le lire ! (sourire !) Ce qui me semble le plus important dans la conception d’un texte littéraire, c’est :

 

Crédit photo : grego1402

L’inspiration

 

Le Cheval de l’Irlandais m’est tombé, comme tous mes livres, sur le coin de la figure sans que je ne cherche à écrire quoi que ce soit. J’ai vu une femme perdue dans sa vie, encore jeune, écrivain, qui cherchait une œuvre qui la satisfit profondément et qui voulait agrandir le cercle restreint de ses lecteurs. L’image est venue, instantanée, avec le décor ! Une île grecque très sauvage. Au bout de trois jours, j’avais compris et accepté qu’elle était mon alter ego au sens littéral : un autre moi-même. Cela m’a gênée car j’ai trouvé l’idée nombriliste. J’ai dû batailler avec ma conscience pour l’accepter. J’ai réalisé qu’un autre moi-même, ce n’est absolument pas moi. Je n’allais au fond pas écrire sur moi.

A cette époque, je n’avais rien publié. J’écrivais depuis des années, rêvassant de devenir écrivain sans l’assumer pleinement, et j’avais raté deux très belles opportunités d’édition ! Oui, tu as bien lu… Je ne savais pas alors que je les avais ratées parce que, inconsciemment, je ne croyais pas mériter l’édition, parce que j’étais atteinte du syndrome de l’imposteur… Pas mon héroïne. Cependant  j’en ai fait une héroïne frustrée, ce que j’étais forcément. Mais je n’avais alors aucune conscience de ce que j’analyse ici. Tu vois là comment un personnage peut naître… du dilemme que j’abritais en l’ignorant.

J’habitais Paris (que j’adorais) mais rêvais de nature. J’étais épuisée par la ville et un métier d’enseignante qui me maltraitait (si tu as été maître-auxiliaire, on dit aujourd’hui vacataire, je crois, et de plus en Seine et Marne, tu me comprends au quart de tour…) Ainsi, mon héroïne est allée naturellement se perdre sur cette île grecque.

L’identification avec les personnages

 

Voici pour Anne Gimelli. J’ai mis des années à lui donner un nom. Anne est mon deuxième prénom. Gimelli est le nom de famille de ma grand-mère adorée, décédée l’année de la rédaction de ce roman. Passionnée d’histoire et de littérature, elle connaissait par cœur tous les personnages de La Comédie Humaine d’Honoré de Balzac et me les racontait comme s’ils étaient réels.

N’en déduis pas qu’Anne Gimelli soit moi. Non, rien de ce que tu liras d’elle ne me concerne. Elle est une extrapolation de ce que j’aurais pu devenir. Elle n’est pas moi mais un autre moi-même. Les anecdotes qui s’y rattachent ne me concernent pas. C’est bien ce qui est intéressant : sans être moi, elle s’est construire avec des parties de moi.

Et puis, il y a lui : Kevin O’Neal. C’est son alter ego, toujours au sens littéral. Son autre elle-même en masculin. Un personnage qui frôle le cliché sans y tomber, du moins je l’espère. Il est américain, acteur, réalisateur. Il serait presque une parfaite star hollywoodienne mais un drame détourne son destin et en fait un personnage attachant. D’une certaine manière, il m’est aussi un autre moi-même. Comme Anne, il aime la nature, les chevaux, les animaux. Il m’est apparu quelques semaines après avoir commencé la rédaction du roman alors que je croyais n’avoir qu’un récit de femme. Il m’est apparu à cheval.  A cru. Sur la même île. J’ai su tout de suite que ça allait être complexe : il allait falloir l’intégrer à l’histoire et je ne savais pas quel rôle il y tiendrait. Je l’ai découvert au fur et à mesure que j’écrivais comme ça a été le cas également pour Anne. Tous  deux m’ont menée par le bout du nez.

Et bien entendu, s’identifier avec ses personnages n’est pas une obligation. Il se trouve que c’est ce qui s’est passé. Mais on peut créer de très beaux personnages sans y être identifié.

Le Cheval

 

Et le Cheval ? J’ai fait un peu d’équitation, adolescente. Je l’ai vu réel, palpable, je le voyais clairement avec son extraordinaire robe rousse. J’ai cherché à comprendre car je ne savais ce qu’il venait faire dans ce roman. J’ai acheté le dictionnaire des symboles et j’ai lu, entre autres : Le cheval passe avec une égale aisance de la nuit au jour, de la mort à la vie, de la passion à l’action. Il relie donc les opposés dans une manifestation continue. Il est essentiellement manifestation : il est Vie et Continuité, par-dessus la discontinuité de notre vie et de notre mort. Ses pouvoirs dépassent l’entendement : il est donc Merveille et il ne faut pas s’étonner que l’homme l’ait si souvent sacralisé, de la préhistoire à l’histoire. J’ai été rassurée et j’ai décidé de le garder. J’ai bien fait : il est indispensable à l’intrigue, et lui aussi m’a menée par le bout du nez, pardon de la plume !

 

Crédit photo : Jean-baptiste Duville

 

Le premier jet

 

Tout m’a encore été dicté dans ce roman. Je n’ai fait que les arrangements. J’ai réuni les pièces du puzzle, j’ai équilibré l’histoire, j’ai créé des liens entre les parties, décidé des chapitres. J’ai utilisé ce que je savais et ce que j’ai appris en l’écrivant pour mettre en forme ce que mon imagination me dictait. Il m’a fallu rester souple car tout ce que je recevais m’était une surprise. Je ne savais jamais, jusqu’au bout de mon récit, ce que j’écrirais le lendemain. Je me souviens que j’écrivais le plus souvent possible mais je ne travaillais pas où je vivais. J’étais même obligée de dormir dans un hôtel borgne d’un village perdu de Seine et Marne, trois fois par semaine, pour donner cours et gagner mon pain. Ce qui fait que je n’écrivais pas de trois jours parfois. Il est difficile d’être exacte avec ma mémoire mais je dirais que j’ai mis six mois à écrire mon premier jet. Surtout parce que j’étais plus difficile que jamais avec le ton des personnages. Je voulais le ton parfait, qui colle exactement à chacun d’entre d’eux et je ne me faisais pas de cadeau. Je raturais à chaque ligne. Aucun roman ne m’a donné autant de fil à retordre.

Le décor et le style

 

Ils sont intimement liés dans ce roman. La Grèce s’est imposée avec toute sa force solaire (je suis une latine, profondément), ses odeurs, ses sons, sa lumière, sa mer. Il faut dire que lorsque ce roman m’est tombé dessus, je lisais l’immense écrivain crétois Kazantzakis, si ma mémoire est bonne. Et j’avais lu Zorba le Grec avec émotion. J’avais alors pour livres de chevet Noces et L’été d’Albert Camus. J’avais aussi déjà découvert l’incroyable Le professeur et la Sirène de Thomas di Lampedusa. J’étais imprégnée de culture « sudiste.»

Le style de Kazantzakis, dans la plupart de ses livres, m’était apparu comme un chef d’œuvre d’authenticité et de puissance. Comme la quintessence de l’accord entre un style et ce qu’il veut exprimer. C’était et c’est toujours, bien entendu, très au-dessus de ce que je peux faire. Mais j’étais émerveillée et le reste. Ce qu’il existe de Latin chez moi s’était éveillé et je n’ai eu de cesse dans Le Cheval de travailler le style non pour imiter l’inimitable Kazantzakis (le génie est inimitable !) mais pour trouver l’accord entre mon expression et la sensualité des paysages grecs et des personnages. C’est pourquoi Anne écrit son journal en exprimant tous ses sens, qu’elle est du reste venue redécouvrir en Grèce. Elle est un écrivain un peu coincée qui va peu à peu lâcher prise avec le contrôle trop grand qu’elle exerce sur elle et qui l’empêche de trouver l’œuvre qu’elle voudrait écrire. Au premier degré, Le Cheval est une histoire d’amour. Au deuxième, c’est un roman initiatique sur l’acte de création. Nous sommes ici tous concernés…

Kevin est américain de souche irlandaise. C’était obligatoire. Pourquoi ? Je ne le sais toujours pas. Mais je n’aurais pu le concevoir autrement. Et j’avais lu, la même année, un livre pour lequel je conserve tout ma fascination et qui se situe en Ecosse : Le loup rouge de Morris West. L’Ecosse est devenue Irlande dans mon imaginaire. L’Irlande s’est invitée en Grèce.

Le style d’Anne m’a demandé de travailler phrase après phrase, mot après mot. Aucun relâchement. Je ne vais pas te mentir : Le Cheval de l’Irlandais est le roman qui m’a demandé le plus de travail. Je n’ai pas eu de facilité stylistique au premier jet. Je voyais tout, entendais tout, sentais tout. Mais comment exprimer toute la sensualité de cet univers, de ces personnages

Le flow

 

Je n’ai pas écrit ce roman dans le flow, la facilité. J’aurais aimé bien sûr mais je n’avais pas suffisamment alors la maîtrise du ton et du style. J’ai eu trop de difficultés à les trouver. Je pense que les mauvaises conditions de vie que j’endurais alors n’y sont pas pour rien. Cette année-là, j’ai aussi perdu ma grand-mère et mon meilleur ami. J’ai tout de suite écrit par la voix d’Anne puisque c’est le premier personnage à s’être présenté. Plus tard est venue la voix de Kevin. J’ai dû me rendre à l’évidence : il allait falloir distinguer les deux personnages et pour cela trouver deux tons et styles bien différents. Je me retrouvais encore à écrire un roman à plusieurs voix comme pour Racines mêlées !

Anne et Kevin tenaient chacun un journal. Je ne pouvais garder le ton d’Anne pour Kevin. Plus décontracté, moins littéraire dans son expression, sensible mais masculin, il fallait trouver le ton, la personnalité exacts qui lui conviendraient. Curieusement puisque c’est un homme, j’ai eu beaucoup plus de facilité.

Ecrire deux journaux constituant un roman, c’est comme en écrire deux ! J’ai multiplié le travail et les difficultés. De plus, j’ai ressenti le besoin de faire intervenir d’autres personnages. Cela a été l’occasion de créer deux autres tons et styles. Mais ce fut des années plus tard, quand je le repris pour le récrire et ce fut infiniment plus aisé. J’avais pris de la bouteille… Ces personnages interviennent au moyen de lettres.

La construction

 

Fidèle à ma joyeuse anarchie, je me suis laissée porter jusqu’à rencontrer les habituels écueils d’une personne qui ne planifie qu’en cours de route : où vais-je ? Comment structurer l’intrigue maintenant ?

Alors bien entendu, je me suis attelée à la tache de structurer cette intrigue. Je ne conseille pas à une personne qui a besoin de se sentir rassurée pour rédiger d’agir ainsi. C’est franchement une passe désagréable de se demander comment on va joindre toutes les pièces d’un puzzle… C’est un casse-tête. Mais je ne n’écris bien que dans cette condition !

Il en résulte que la première partie du roman est psychologique et la deuxième partie comporte davantage d’action. Il y a même un côté vaguement thriller dans l’atmosphère, en tout cas du mystère, du suspense, de l’angoisse dans la deuxième partie. Mais l’intrigue reste très simple et facile à comprendre. C’est un roman d’amour et d’initiation, et une histoire de résilience.

C’est l’agencement des journées, chacun racontant la sienne dans son journal, qui a été complexe à mettre en place : il faut que le lecteur suive le récit selon deux points de vue tout en profitant du mystère et du suspense que cela crée. C’est un défi constant d’équilibrer un roman alternant deux points de vue différents écrits à la première personne. Si tu veux te compliquer la vie en écrivant, c’est parfait !

Aujourd’hui, j’ai davantage d’expérience, et j’établirai certainement un plan beaucoup plus vite. Dès que tu comprends que ta structure va être très complexe, si cela t’arrive, ne fais pas comme moi : n’attends pas d’avoir rédigé la moitié de ton roman avant de t’occuper de la temporalité des événements !

 

Crédit photo : carlos

 

 La documentation

 

Quand ce roman m’est tombé dessus, j’étais bien plus jeune. Internet n’existait pas ! Personne n’avait d’ordinateur portable : ils n’existaient pas. Tu dois me prendre pour un dinosaure si tu es né avec internet. Je faisais comme tout le monde : j’achetais des livres, des guides, des magazines, Géo bien entendu, je lisais des encyclopédies, j’allais à la bibliothèque de Beaubourg passer des journées entières…

Quand j’ai repris ce livre, une vingtaine d’années plus tard, (oui, il a dormi dans des étagères durant tout ce temps), le monde et moi avions changés : internet m’ouvrait ses bras et j’écrivais sur traitement de texte ! J’ai donc récrit ce roman en ajoutant des détails pittoresques, particulièrement en qui concerne la partie se déroulant en Irlande. On n’a plus d’excuses aujourd’hui quand on veut donner à un roman un air réaliste. De Google Maps à Google Earth, de Wikipédia aux articles et blogs, que de facilités, de gain de temps et d’argent nous sont offerts !

Le temps passé

 

Il se peut que tu sois choqué, au moins surpris, que j’ai abandonné ce livre durant plus de vingt ans ! Comme la Belle au bois dormant, il attendait son baiser pour se réveiller ! Le baiser a été le retour partiel, puis de plus en plus grand de ma santé. J’écris sérieusement depuis mes 19 ans. Le premier jet du Cheval date de 1993, il me semble. Je l’avais travaillé en tout de trois ou quatre jets, je pense. J’étais déjà très fatiguée, souvent malade, sans savoir que j’étais rongée de l’intérieur. Puis j’ai eu quelques années meilleures. Soudain, en 2000, mon corps s’est littéralement effondré d’épuisement. Plus rien ne fonctionnait. Pas de diagnostic. Aucun médicament. L’errance médicale a duré 8 ans : enfin un diagnostic. Toujours pas de médicament. Personne ne savait soigner. Puis encore trois années. Au bout de 11 ans, un docteur me propose un médicament qui change radicalement mon existence en 24 heures. J’ai continué à accumuler maladies et épuisement mais beaucoup moins de douleurs. Ce mieux était, est un miracle. Depuis j’ai arrêté ce médicament. Très vite, du reste. Cette année, un autre docteur a découvert que cette maladie n’en est pas une : c’est le syndrome d’une autre maladie ! Quatre mois de traitement. Je vais infiniment mieux. J’ai retrouvé une énergie nouvelle. Plus de douleurs non plus. Il ne s’agit pas de faire pleurer dans les chaumières. Du reste, je trouve presque que j’en ai trop dit. Mais comment t’expliquer sinon pourquoi tous mes manuscrits n’ont connu que la poussière des étagères durant des décennies ?

Je ne pouvais me battre sur tous les fronts. Travailler était un défi. Vivre était un défi. Tout était un défi. Ecrire est déjà en soi un défi. Publier en est un autre. Alors j’ai continué à écrire, certaines années oui, d’autres non. J’ai fait des tentatives pour trouver un éditeur. Mais il me manquait constance et énergie. Il ne m’a jamais manqué la volonté. Mais la volonté sans la santé, sans la vitalité, sans la force physique, c’est trop peu… Je n’ai jamais abandonné. Même durant les années où je n’écrivais plus, je savais, j’ai toujours su que cela reviendrait. Je n’en ai jamais douté quel que soit mon état. Ce sont mes plus grandes forces : une volonté sans faille et une passion vouée à l’écriture. Et puis j’ai toujours été une grande travailleuse. Même au fond du trou, j’ai continué à peindre, à écrire, et j’ai eu ma fille.

Quand j’ai eu mon premier médicament, j’ai décidé de récrire sérieusement à nouveau : j’avais moins mal. J’ai ressorti Racines mêlées de la bibliothèque aux manuscrits échoués qui attendent leur heure, et je l’ai récrit sur un an. Ca a été long car il fallait rapprendre à maîtriser l’écriture romanesque. Depuis des années, je n’écrivais que de la poésie. J‘ai posté le manuscrit au premier concours trouvé sur internet. En 2014, je recevais le prix Matmut du 1er roman. Et je recevais surtout l‘assurance, enfin, que j’étais bien faite pour écrire. Que je savais écrire.

Aujourd’hui, je peux écrire un livre en deux mois. Je l‘ai fait l’année dernière et sans le faire exprès : je ne m’étais pas fixé d’objectif. Il est venu seul comme ils viennent tous : en me surprenant quand je m’y attends le moins. Toutefois, ce n’est pas un roman. Je ne suis pas certaine que j’y parviendrais avec un roman.

L’engagement

 

Peu importe le temps passé, ce n’est pas ce qui compte. Ce qui est important par-dessus tout, c’est de rester fidèle à nous-mêmes, à l’engagement que nous avons pris avec nous, avec l’amour de notre art, avec l’idée que ce que nous voulons nous le pouvons, que rien n’est impossible. J’écris ceci avec une certaine émotion parce que c’est une réalité pour moi, pas une formule pour faire joli. Pas une formule pour se faire mousser. Ce que tu désires ardemment, tu le peux. Ne laisse personne, jamais, te dire le contraire. Ne laisse personne te réduire.

Garde tout ce que tu écris. Jette peu. Ce roman qui ne t’inspire plus, cette nouvelle que tu ne sais comment terminer, qui te dit que tu ne les récriras pas avec succès dans deux jours, deux mois, deux années, ou deux décennies ?

Je me souviens que durant ces vingt années de no man’s land, j’ai récrit une fois Le Cheval mais c’était comme si je n’avais rien fait : je n’avais pas réussi à décoller du texte. La douleur était trop présente, et rongeait mon intelligence. Il m’est difficile de savoir combien de jets j’ai dû faire pour ce roman : six, sept, davantage ? Sûrement plus que je n’aurais voulu, c’est certain. Mais le résultat est là : le manuscrit est terminé. Et c’est la seule chose qui m’importe, au fond.

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Les difficultés

 

Le style et le ton. Parce qu’il fallut en trouver plusieurs pour un même roman. C’est un exercice difficile mais passionnant. Mais nul doute que cela multiplie le travail.

La concentration et le lâcher-prise. Je n’ai pas souvent travaillé dans le flow. Je n’avais pas suffisamment de lâcher-prise. Trop de soucis matériels, émotifs, financiers et plus tard la douleur et l’épuisement. Parvenir au flow sur tout un roman sans la santé est impossible. J’y arrivais par contre en poésie car la poésie ne demande pas de tenir des journées entières.

Pour trouver le flow, je te conseille de t’aménager une jolie vie. Je ne parle d’une vie spectaculaire mais d’une vie qui te procure du plaisir, où tu te sens respectée et te respectes toi-même. Le flow ne peut venir que dans la concentration et le lâcher-prise. Et quand la vie est insupportable, ce n’est pas possible. Je te conseille de lire cet article sur le flow, en deux parties : écris-tu dans le flow ?

Reprendre le roman 20 ans plus tard. Il a fallu me remettre dans la peau de mes personnages, retrouver ce qui les anime. D’une certaine manière, c’était aussi retrouver les émotions de ma jeunesse. Mener d’une traite tous ces jets les uns derrière les autres, après tout de même un arrêt salutaire entra chaque jet, mais raisonnable, il est évident que c’est beaucoup plus confortable que de reprendre son livre 20 ans plus tard ! Si tu peux écrire ton roman dans l’année, surtout, fais-le.

Travailler sur la notion de cliché. Une écrivain et un acteur peuvent aisément devenir des personnages clichés, caricaturaux. J’en ai eu parfaitement conscience quand ils sont venus à moi. Je pouvais les rejeter ou les garder. En décidant de les traiter de manière à leur offrir des personnalités qui les éloignent des poncifs. Il les fallait donc atypiques. Qui étaient-ils vraiment ?

C’est un défi qui m’a plût parce qu’il était difficile. Tu me connais assez pour comprendre que s’il y a un défi… Et de fait, j’ai tout suite vu que c’était la difficulté majeure de ce livre, et j’avais très envie de m’y confronter.

 

Crédit photo : Nad Renrel

La thématique sous-jacente du roman

 

J’ai voulu évoquer le processus de création. Les créateurs sont toujours présentés comme des créatures exceptionnellement douées pour leur art. Simplement douées. On ne sait rien de leurs doutes, craintes, peurs, angoisses. De leurs hésitations, choix, émotions, de leur démarche artistique, leurs recherches, leurs batailles intérieures, leur acharnement, leur volonté, leur travail. On ne sait rien du processus de création parce qu’aucun créateur ne tente jamais de le montrer, on ne sait rien de ce qui déclenche, ralentit, exacerbe ou enraye le processus de création. Je ne connais pas un seul roman qui traite ce sujet !

Le Cheval évoque donc le processus de création de l‘artiste. Ici, l’écrivain et le cinéaste, l’acteur. Immense défi, tu t’en doutes… J’imagine que tu es sensible à ce thème puisque tu écris… Je laisse la parole à Anne, qui en parle mieux que moi :

Je cherchais autre chose, une autre histoire, d’autres personnages, un autre message, différents de ce que j’avais écrit jusqu’alors. Je sentais profondément que j’avais commencé à transformer mon monde intérieur et que ma littérature ne pourrait plus être la même car toute littérature reflète le monde intérieur de son auteur. Mais je n’en savais pas encore assez sur moi pour entreprendre ces changements dans mon écriture. Après ce roman, il y aurait un autre livre. Et toujours il me faudrait en rechercher la forme, le moule à la fois semblable et dissemblable au précédent. Tout cela tournait et retournait dans ma tête.

Le Cheval de l’Irlandais sort la semaine prochaine en versions papier et e-book sur Amazon. J’ai reçu les couvertures et textes aux formats. Il me reste à apprivoiser la mise en place sur Amazon.

Pour le lancement, je mettrai Le Cheval de l’Irlandais à un prix promotionnel, accessible à tout le monde. Bien entendu, je te préviendrai personnellement de la sortie du livre si tu es abonné au blog.

Si tu ne l’es pas et que tu veux être prévenu du jour de sa sortie, il suffit que tu télécharges le manuel gratuit de techniques d’écriture de 37 pages que tu trouveras en bas de cet article ou sur la barre latérale droite. Tu deviendras alors abonné et tu pourras évidemment te désinscrire quand tu le souhaiteras. Mais tu sais, ici nous sommes en bonne compagnie entre gens qui écrivent et aiment la littérature ! J’ai très peu de désabonnements, et ça me fait vraiment plaisir.

C’est heureuse que je sors enfin Le Cheval de l’Irlandais, cette ode aux créateurs, aux artistes, aux écrivains et la création, à l’écriture et la littérature, à l’amour, au cinéma, et à la vie.

Un dernier mot : n’oublie pas d’écrire avec passion !

 

Le Cheval de l’Irlandais, sur Amazon

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Recherches utilisées pour trouver cet article :Le personnage du roman est le fruit de lécriture de soi même, sans bouger jarrive partout dans quel livre se trouve cette phrase?

59 Commentaires

  1. charier

    bonjour et merci pour l’article. je travaille comme toi. je connais le début et la fin et ensuite j’y vais au feeling. mon dernier tome de Gahila, le troisième est sorti cette semaine sur amazon, sauf que je passe par les éditions NL. tu pourrais peut-être les essayer pour un prochain roman, ils éditent un peu de tout et sont à compte d’éditeur, bien sûr. j’essaierai d’acheter ton roman si je me suis renflouée financièrement d’ici là.
    bonne journée
    elisabeth charier

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Elisabeth,
      Merci pour le « tuyau » NL. Je vais retourner y faire un tour.
      Tu es productive, c’est vraiment bien. J’étais allée sur voir sur ton site ce que tu écris, et je ne sais plus si je te l’ai dit! C’est complétement différent de ce que je fais, mais la notion d’y aller au feeling ou pas est la même tout le monde, et apparemment nous avons la même manière d’écrire. Encore que tu aies la fin, et moi pas toujours !
      Pour acheter le livre, ne t’inquiète pas, je vais le proposer en papier mais aussi en e-book, et le e-book, c’est justement pour les budgets serrés.
      Bonne journée à toi

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      1. charier

        cool 🙂 une kindle, ça tombe bien
        ps : j’ai intégré un lien vers ton site sur le mien

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        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Merci pour le lien, c’est adorable ! C’est vraiment sympa à toi !

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          1. charier

            je t’en prie, quand j’aime je le dis 🙂

          2. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

            Elisabeth,
            Je ne sais pas faire de sourires avec le clavier ! Mais je t’envoie cent sourires iconiques !

  2. Christine

    Super Ĺaure le e book ! Cela m évitera de
    solliciter une deuxième fois mon amie en Métropole. Même si elle m a expédié « racines mêlées  » de bon coeur, et même si j ai une préférence pour les livres papier.
    Après le « mariage  »  » narration /épistolaire « , que j ai d ailleurs beaucoup aimé, c est le journal. Alors je termine les Fous du Roi (qui soit dit en passant me barbe un peu) et je lirai ton livre et te donnerai mon ressenti comme je l ai fait pour racines mêlées.

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    1. Christine

      Laure pourrais tu me conseiller un bon bouquin sur les techniques d écriture stp. Il y en a tellement. ..

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      1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

        Christine,
        Je ne les lis pas ! Donc difficile ! Tout ce que j’ai découvert est surtout le fruit de mon expérience. Il y en a un quand même qu’il me semble important d’avoir lu, c’est Le héros aux mille et un visages de Joseph Campbell, qui traite de la structure narrative. C’est un livre qui n’est pas tout jeune mais qu’importe.

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        1. Christine

          Merci Laure

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      2. charier

        perso, j’ai dévoré celui du king

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        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Elisabeth, Le king de Robert Penn Warren ?

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    2. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Zut alors, Les fous du roi te barbe un peu ! Dommage ! C’est le roman que j’aurais voulu écrire, figure-toi ! Comme quoi les goûts varient selon les individus.

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      1. Christine

        Oui Laure il me barbe 🙂 mais je le lirai jusqu’au bout. Mais oui ! Tu aurais adoré l avoir écrit et moi il m ennuie. Tu vois ce sont justement nos différences qui font que le monde est riche

        Répondre
      2. Christine

        Oui Laure il me barbe 🙂 mais je le lirai jusqu’au bout. Mais oui ! Tu aurais adoré l avoir écrit et moi il m ennuie. Tu vois ce sont justement nos différences qui font que le monde est riche. En ce moment je ne sais pas ce qui ne va pas avec Internet mais je dois m y reprendre à plusieurs fois avant de mettre un commentaire. Ça affiche que c un doublon. Commentaire déjà mis

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        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Ton commentaire précédent est passé. Donc tu as posté deux commentaires. Je ne sais pas non plus où se situe le prb : les joies de l’informatique…

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  3. Elhadj

    Bonjour,

    Très belle conférence où se mêlent confession, astuces, expérience, analyses, conseils et tous les soucis que supporte l’écrivain sur ses épaules. Merci Laure du partage. Certes la vie est dure. Que l’on soit riche ou pauvre, la maladie n’épargne personne, et la mort… Soyant optimiste et remerçiant celui qui a osé percer la boîte de Pandore, d’avoir nous cédé, comme héritage commun, l’espérance, telle une bouée de sauvetage pour s’accrocher à la vie. Du reste, comme disait Hugo, je suis tout à fait d’accord avec (toi) sur le rôle irréfutable de l’inconscience dans la création artistique. Cette faculté, ( si j’ose l’appeler ainsi),est un trésor inépuisable, inestimable inimaginable qui nous permet de voyager dans le temps et l’espace sans bouger de notre place. C’est le monde parallèle qui, helas, ne permet pas à tout le monde de franchir ses remparts inviolables et d’avoir accès à ses immences ressources. Car c’est cette inconscience qui fait tout, qui trace tout, qui édifie tout, sans recours ni à un plan d’architecture, ni à notre façon de concevoir ce que nous avons projeté. Une fois son travail achevé, on est là, les yeux écarquillés, le corps frissonnant, devant un fait inconsidérable, inimaginable, incroyable même. Et c’est à ce moment là que doit intervenir la conscience pour y mettre de l’ordre. Une tâche dure pour quelqu’un qui ne maîtrise pas totalement la langue d’écriture, et pénible pour ceux qui ont passé une grande partie de leur vie à corriger les copies de leurs élèves. C’est mon expérience personnelle, c’est mon idée là dessus, elle n’engage que moi, à vous, chers internautes, d’en juger. Merci et bonne journée.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Elhadj,
      Oui, l’inconscient possède des ressources inépuisables qui font pâlir la conscience… Et l’espoir est le ferment de tout : des rêves, des réalisations, de la moindre action au fond. S’il n’y a que l’espoir sans action, elle ne sert à rien. Mais une action sans espoir, je ne crois pas qu’on la fasse : à quoi bon ?
      Par curiosité : tu étais professeur de français ?

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  4. Elhadj

    Err. Soyons optimistes en remerçiant…

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  5. Elhadj

    Bonjour Laure

    Non, j’étais professeur d’arabe, ensuite promu directeur de collège. Maintenant je suis en retraite. J’ai essayé d’écrire en arabe, mais mon inconscience refuse de me livrer ses secrets en cette langue. C’est incroyable,non! Pas du tout pour quelqu’un qui est intrigué par la complexicité du français. Bonne journée, Laure.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Bonjour Elhadj,
      C’est extraordinaire, je trouve. Parce que cela fait de toi non seulement un parfait bilingue mais parce que ta langue française est très belle : tu écris naturellement mieux que la plupart des français, je le vois à tes commentaires. Tu as la langue lyrique ! Parfait mélange entre le lyrisme de ta culture et le classicisme très beau de ta langue.
      Pour ma part, je n’ai pas appris l’arabe quand je vivais, enfant, au Maghreb, et je l’ai souvent regretté… Mais qui sait ? Je compte encore vivre longtemps !

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  6. Elhadj

    Bonjour,

    Pour ne pas transcender le but du blog, j’essaie d’être bref dans mes propos. C’est évident lorsqu’on apprend une langue par la lecture. Hormis les quelques leçons de français que je ai apprises à l’école, ce sont les lettres de Mme de Sévigné, les vers de V.Hugo, la description de G. de Maupassant, les voyages passionnants de P.Loti, la chronologie d’E.Zola ect. qui ont forgé ma formation en Français. Tu vois que mon français est (parfait), moi je me considère toujours petit. Enfin, c’est toi qui le dis. Si j’arrive un jour à maîtriser la langue courante de Molière, c’est déjà beaucoup pour moi. Quant à la langue de Voltaire, c’est un rêve difficile à concrétiser, voire impossible avec le (très familier) qui fait table rase du passé en imposant un argot émaillé de termes blessants, vulgaires et ridicules où l’ineptie règne en maître absolu. Enfin, je m’estime heureux de n’être pas dans le lot. Je crois j’ai raté ma promesse d’être concis et je te demande de m’excuser pour avoir trop chargé ta rubrique. aie confiance en la vie. Tu es plus jeune que moi. Ce qui compte, c’est la santé. Tant que nous vivons, nous espérons. Bonne santé et bonne journée.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Elhadj,
      C’est intéressant ce que tu dis. J’ai un peu voyagé, vécu 14 ans en Afrique. Et j’ai déjà remarqué que certains étrangers parlent mieux notre langue que nous-mêmes. Sans doute parce qu’ils ne sont pas influencés par la vulgarité de la langue parlée (mais j’aime aussi beaucoup la langue familière parce qu’elle est bourrée d’images, de métaphores et d’inventions comiques) et qu’ils sont au contraire influencés par la langue française apprise chez les grands auteurs. A l’arrivée, leur langue est souvent plus pure que la nôtre !
      J’en retiens que nous devrions remettre au goût du jour les auteurs classiques dans la scolarité française… Cela manque beaucoup dans les programmes actuels. On tire tout vers le bas et la facilité. Mme de Sévigné, c’est tellement élégant ! Et puis quand on sait parler et écrire de manière classique, on sait tout faire avec la langue, on peut aborder tous les styles du plus élégant au plus « trash »… Cela donne une immense liberté pour rédiger.
      Merci d’avoir répondu à ma curiosité.

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  7. Elhadj

    Err. J’ai apprises… françaisAie…Si tu vois mon français… de ne pas être…

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  8. Christine

    Bonjour Laure, impossible de commander « le cheval de l irlandais  » en Kindle . A chaque fois que je clique sur kindle, il s affiche : ce titre n est actuellement pas disponible à l achat. Mais je constate qu’ il peut être expédié en Guadeloupe. Donc je le commanderai en broché. Le commentaire que tu as reçu doit effectivement faire très chaud au coeur :). Envoûtant. .. C est un mot qui en dit tellement long. Laure c est tellement dommage que je ne vive pas en Métropole pour suivre un atelier d écriture sérieux !!! Si mon imagination se débride face aux incipits, face à mon roman, crois moi il en est autrement . Et ça me désespère 🙁

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Bonjour Christine, je ne comprends pas car Le Cheval est acheté tous les jours en Kindle en ce moment ! En broché aussi, du reste. Après, c’est vrai que les e-books du Cheval ont été achetés en France, si j’en crois le graphique. Je vais creuser le problème et essayer de savoir pourquoi ça ne fonctionne pas pour la Guadeloupe en Kindle. Je ne connais pas encore toutes les arcanes de la publication sur Amazon. Je découvre en expérimentant.
      Pour ton roman, je ne sais pas ce qui bloque. J’en viens à me demander si ton format naturel est un format long ? As-tu essayé de rédiger un recueil de nouvelles pour voir ce que ça donne ? Et un tout petit roman de 100 pages, as-tu tenté ?

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      1. Christine

        Impossible Laure de l avoir en format Kindle. Mais ce n est pas grave. Je le commanderai . Alors j aurai en plus le plaisir de le voir dans ma bibliothèque, comme « racines mêlées « , (que j ai d ailleurs prêté à une amie.) Tu sais Laure, tant que le roman n est pas tapé, il est très difficile d évaluer son format. Mais écrire des nouvelles ou un roman de 100 pages ne me tente pas du tout, car le désir d écrire est venu avec le désir de raconter cette histoire bien précise. Pour le moment, C est celle là que je veux raconter et aucune autre . Alors je m accroche. Je dois y arriver Laure. A moins qu’ à mon insu je me sois réveillée un beau matin stupide et l esprit stérile ! 🙂 Il le faut.

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        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Christine,
          Je vais tenter de trouver un contact avec Amazon et leur expliquer que ça bugue pour acheter un e-book quand on est en Guadeloupe. Il n’y a pas de raison ! Si tu es certaine que ton roman va dépasser les 100 pages, alors je ne sais qu’ajouter… A part : oui, accroche-toi !

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          1. Christine

            Je ne sais pas Laure si il va dépasser les 100 pages. Comment évaluer tant qu’ on ne l a pas tapé ? Et même tapé, ça reste difficile. Car une feuille A4 ne correspond pas à une page de roman. J ai l impression que ça m aiderait de taper ce qui est déjà fait, Mais il semblerait que ce ne soit pas conseillé tant que le manuscrit n est pas terminé. Qu’ en penses tu ?

          2. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

            Christine,
            Tu ne tapes pas pour le moment car tu n’as pas commencé comme ça. C’est plus simple, je t’explique.
            Tu fais une moyenne : tu compte tes signes, espaces comprises, pour une page. Après, tu multiplies par le nombre de pages que tu as. Ca va te donner X signes.
            Tu divises ces X signes par 1800. Tu as ton nombre de pages réel ! Ex : 250 000 / 1800 = 139 pages
            Je prends tjs comme base 1750 à 1800 signes, espaces comprises, par page. (J’en profite pour te dire, au cas où, qu’on parle d’espace au féminin dans ce cas précis !) C’est à peu près une page standard de livre imprimé, type Poche, Folio.
            Tu peux même faire le calcul suivant pour aller plus vite : tu comptes le nombre de lignes d’une de tes pages. Puis tu comptes le nombre de signes de la ligne la plus remplie de ta page. Tu multiplies les deux et tu as le nombre de signes de ta page. Cette approximation suffit. Tu multiplies, comme plus haut, le nombre de signes de la page par ton nombre de pages. Et tu divises ce nombre par 1800.
            Voilà, maintenant, tu sais à quoi t’attendre à peu près quand ce sera tapé, voire imprimé !

          3. Christine

            Merci beaucoup Laure. C est vraiment sympathique de ta part de prendre le temps de m expliquer toutes ces choses avec tant de précisions ! Vraiment ça me touche . Je le ferai. Merci encore.

  9. Didier

    Bonjour Laure
    Merci pour cet article, les commentaires sont eux-mêmes intéressants. Penses-tu que les difficultés pour publier des nouvelles soient identiques voir supérieures que pour un roman ?

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  10. Didier

    Et bien entendu mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Merci Didier ! Mes meilleurs vœux à toi aussi.
      En France, les nouvelles se vendent très mal. Les éditeurs en ont décidé ainsi, donc n’en publient pas, donc on entre dans un cercle vicieux : personne n’en lit plus puisqu’on en propose plus dans les librairies. C’est différent dans le monde anglo-saxon où les nouvelles ont encore leurs lettres de noblesse, et elles se vendent bien.
      Par contre, il existe peut-être des revues littéraires qui en publient encore, c’est même probable en cherchant bien. Un travail de fourmi facilité par internet quand même.
      Je suis certaine que la nouvelle est un excellent format pour notre monde de gens qui n’ont plus de temps. Une nouvelle peut être d’excellente qualité comme un roman peut être médiocre, et vice-versa. Le format ne fait pas le qualité. Par manque de remise en question, par paresse à repenser leur petit business, les éditeurs passent à côté d’un format très vendeur, c’est ce que je pense…
      Ah, j’oubliais : oui, tu as raison, j’adore lire les commentaires qu’on me laisse, ils sont très instructifs ! très intéressants. Parfois même passionnants !

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  11. Christine

    Tout cela à cause de Horse ! Et moi je dirais tout cela grâce à Horse ! Que j’ai d’ailleurs perçu comme l’instrument choisi par la Providence, et aussi comme « le battement d’ailes du papillon « . Même si l’ouragan provoqué par ce dernier n’a pas eu lieu à l’ autre bout de la planète. Que d’imagination il faut pour donner une telle place à un animal dans un roman !
    L’Intrigue ? Rien à dire. Suspens, inventivité et j’en passe, tout est au rendez-vous. L’ incipit : Dans « Racines mêlées « , j’ai tout de suite, au travers de la lettre adressée au bel Idrissa, été entraînée dans une valse ample, mélodieuse et pleine de poésie. Dans « le cheval de l irlandais « , le rythme de l’incipit est tout à fait différent. Comme un assaut. Rapide. Syncopé. Phrases courtes. Beaucoup d’informations à emmagasiner. Le style : De la poésie, comme dans « Racines mêlées « , mais « amenée  » de manière complètement différente. Au détour d’une page. Par surprise. « Son regard vert que j’aurais pu cueillir sur un amandier … » Joli ! « Puisses- tu rire et danser comme Zorba le Grec. Ton père qui t’aime..  »
    A la page 25, je croise Idrissa que je croyais avoir enterré en Afrique. Surprenant. Original.
    L’échange « muet » entre Anne et l’irlandais. Romanesque. Toutes ces références bibliques, mythologiques, au cinéma, à la littérature. Une multitude de points de vue . L’administration, l’humain, les médias, Dieu… et les féministes ! 🙂 Oui Laure ! Quitte à les rendre plus hystériques qu’elles ne le sont déjà, je dis moi aussi haut et fort qu’il est parfois délicieux de cuisiner pour un homme. Et en bonne antillaise que je suis, je dirais « faire à manger » pour un homme. Ça me parle encore plus. Il y aurait encore beaucoup à dire. Mais je vais m’arrêter là. Merci Laure pour ce moment tout à fait exquis, et chapeau bas Laure Gerbaud !

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Ouf! tu me dis là que j’ai réussi à mettre tout ce que je voulais y mettre ! Que je n’ai pas démérité… Et c’est rassurant, sais-tu ? C’est réconfortant, sais-tu ? Tu es une grande lectrice : tu sais voir et décortiquer. Tu as tout vu : la poésie au détour du sentier, Idrissa, les points de vue, l’effet papillon que les anciens appelaient le Destin ou la Providence, l’uppercut de l’incipit, tout quoi ! Ca me rend heureuse ça, d’être lue comme on doit lire. C’est sûrement le plus beau commentaire qu’on me fera jamais sur ce roman. Je rage que tu ne puisses le poster sur Amazon ! Je vais le copier-coller et le garder précieusement dans un dossier. Clin d’œil : ici aussi, dans le Midi, on « fait à manger. » Merci Christine, parce que c’est dans un moment comme celui que tu m’offres que j’ai la satisfaction de me dire : j’ai bien écrit, j’ai bien fait d’aller jusqu’au bout. Là, je ressens enfin une vraie détente. J’attendais un commentaire argumenté et je l’ai enfin. Et c’est toi qui me le fait.

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      1. Christine

        Démérité ! Ah ça non. Et c’est sincère, crois moi. Je lis comme je vis. 🙂 Je vois tout. Et je décortique, dans un sens comme dans l autre. Ton livre pourrait avoir pour titre :  » l’effet papillon « . Ce n’est pas un très beau titre, j’en conviens, mais c’est tout à fait ça. Laure si mon roman vaut le tien ! Crois moi je serai heureuse.

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        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          L’effet papillon… C’est bien cela. Comment on enclenche des processus qui vont toucher les autres, sans même le savoir… C’est aussi un roman sur la responsabilité. Je ne sais pas comment tu sais tes petits smiles. Je t’envoie tout plein de sourires, Christine.

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  12. Christine

    Et puis des scènes tellement vivantes ! Créés au moyen de mots pourtant tout simples.  » ma robe blanche de petite française bien éduquée battant mes mollets » :). De temps en temps je vois courir cette petite fille. C’est sans doute ça, la magie des mots.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Oui, Christiane, je l’ai bien aimée celle-là d’image, je l’ai tout de suite adoptée quand elle m’est venue. Il y a le visuel et cet espèce de détachement et d’ironie sur soi qui me ressemble beaucoup. Parfois, on se reconnaît au détour de ce qu’on écrit.

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  13. Christine

    Et puis des scènes tellement vivantes ! Créés au moyen de mots pourtant tout simples.  » ma robe blanche de petite française bien éduquée battant mes mollets » :). De temps en temps je vois courir cette petite fille. C’est sans doute ça, la magie des mots.

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  14. Christine

    Oui on se reconnaît au détour de ce qu’on écrit. Ça commence à m’arriver. Et puis cette image si vivante stimule l’imagination du lecteur. Car quand cette petite fille s’impose à moi, je la vois de dos avec sa petite robe battant ses mollets, et ses petites couettes battant ses oreilles. Dommage que je ne puisse pas laisser un avis sur Amazon .

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  15. Christine

    Laure soit mon message part deux fois ou pas du tout. Pour faire le sourire, tu tapes ca : puis ça ) sans espace. Pour faire la gueule, tu tapes ça : puis ça ( Dans ton roman, Je n’ai pas noté la page, mais à un moment donné, tu mets f. .. ou m…. donc foutre ou merde. Je vais te dire quelque chose.
    Dans un de ses romans, Marek Halter met  » chier.  » Oui tu as bien lu. Rien q ‘ça. Ça m’a énormément choquée. Alors tu me diras que c est Marek Halter ! Donc les éditeurs. .. Bon . Passons. Quand j ai lu ça, je dois dire que j ai senti mes yeux s arrondir. J ai même relu la phrase pour être bien sûre que j avais bien lu, et le doute n était pas permis, C était bel et bien ça. Venons en au fait. Bon. Dans mon roman, à un moment donné, j ai besoin de dire , non pas f… à. ..p, mais bien « foutre à poil. » Eh bien je le dirai. C est pas pire que chier. Je compte bien noter le numéro de la page, celui de la ligne, et la phrase exacte de mon cher Marek Halter. Au cas où. .. J aime autant les gros mots que les beaux mots. Dès l instant où ils ont leur raison d être. Mais chier ! Faut pas pousser quand même 🙁 Alors la prochaine fois, mets tes foutre et tes merde Laure. Bonne journée à toi.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      En général, ton commentaire passe normalement. Rarement, je l’ai deux fois, Christine. Mais ce n’est pas grave, quand ça passe deux fois, j’en enlève un, c’est tout.
      A l’origine, il y avait pas mal de « merde » dans mon roman. J’ai finalement préféré qqs « bullshit » qui vont mieux au personnage. Les gros mots ne me gênent pas, tout dépend du contexte, de l’écriture, etc. Ca peut être bien utilisé ou pas, utile ou pas, gratuit ou pas, etc. Dans la vie, je dis beaucoup de gros mots, j’ai un langage truffé d’images populaires car j’adore le parler populaire beaucoup plus inventif, visuel, frappant que le langage petit bourgeois qui m’exaspère. Je ne désespère pas d’écrire un jour comme je parle, j’y viendrai sûrement pour un ou deux romans, et il y aura du rire, beaucoup de rires. On ne dit pas la même chose quand on se permet le luxe ultime de la grossièreté en littérature. Pense à Rabelais. Pense aux extraordinaires scènes sexuelles d’Erica Jong. Je trouverai le courage de publier mes textes les plus choquants plus tard. Il faudra du courage car bien des gens me lâcheront en route, c’est certain. Je crois à toutes sortes de littératures pourvu qu’elles soient justes. Alors le « chier » de Marek Halter ne me choque pas à priori. La question, c’est : est-il bien placé et utile ? Comme je ne l’ai pas lu, je n’ai pas de point de vue. Ce qui me choque, c’est le travail mal fait, l’à-peu-près, la paresse, le roman sans vrai style, la banalité.
      Honnêtement, j’adorerai écrire un roman truffé de grossièretés, ça m’amuserait follement. Mais il faut trouver le ton, le style, les personnages… Il faut que tout colle. Qu’il y ait une raison. J’y pense de manière récurrente. J’en ai écrit un tout de même qui est très cru, mais il est trop tôt pour mon entourage qui ne l’assumerait pas ! Pour moi, je meurs de rire quand j’y retourne pour le peaufiner ! Peut-être qu’un jour, je lâcherai les chevaux et le publierai. Ca fera du dégât, ça fâchera, ça provoquera mais je jubilerai sûrement, et je rirai beaucoup ! C’est une autre facette. La poésie y sera… différente. Alors, c’est amusant que tu me parles de ça. Très intéressant même. Car j’y pense souvent. Tu ne serais pas un peu médium ? ca va faire son chemin dans mon cerveau… Merci, je crois que tu viens de me donner un coup de main!

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      1. Christine

        Médium pas à ma connaissance. Mais on me dit très intuitive, et je crois que je le suis. En bien écoute Laure, lâche les chevaux et tu verras ? Pour tout te dire, je ne suis pas trop fan de mots grossiers, mais il m ‘arrive bien sûre d en dire. Ça dépend des mots 🙂 . Le « chier » de Marek Halter, non vraiment il n’est pas passé. J’essaierai de retrouver la phrase, mais au regard de ma stupeur, car il n’y a pas d’autre mot, je suppose que (pour moi) il n’avait pas sa place à ce moment-là. Et je dois aussi dire que c’est un mot qui me heurte. Donc quand viendra le moment je te dirai ? En effet, bullshit va très bien à tes personnages. 🙂

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        1. Christine

          Écrire un roman truffé de grossièretés, réussir à faire rire le plus grand nombre sans provoquer une levée de boucliers, doit demander une sacrée maitrise !. plus encore que pour tout autre style de littérature. Moi je sais que j’en serais tout à fait incapable. A tenter …

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        2. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Si le mot ne passe pas, c’est qu’il doit être mal situé, hors contexte, etc. Quant à lâcher les chevaux, en ce moment, je vis une petite situation où on se paye ma tête par lâcheté, par paresse, par bêtise, par manque de reconnaissance, ingratitude, mauvaise éducation, hypocrisie, et je me retiens : je pourrais aisément me transformer en dragon… je vais donc me défouler en écriture, ça me fera du bien. (Bullshit aux fâcheux!!!!)
          Passe une excellente journée, Christine.

          Répondre
  16. Christine

    Ou on se paye ta tête par méchanceté, ingratitude. … que dire Laure ! C’est l’humain ! Moi aussi je te souhaite de trouver beaucoup de joie dans l’ écriture. C’est mon cas. Grâce à mon initiative, et à ceux qui m’accompagnent, dont toi.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      On est jamais bien servi que par soi-même : écrire, c’est vraiment un bonheur. Quant à l’humain, il y a des moments où c’est mieux de l’oublier. L’écriture y aide.

      Répondre
  17. Brigitte

    Bonjour Laure
    Je viens de lire ton processus de création pour le Cheval de l’irlandais
    j’imagine le temps , le travail à rédiger ce roman ! c’est vrai que l’écriture sort de l’inconscient , sans lui , nous n’écririons que des banalités de la vie quotidienne ..bien sur l’intuition est importante, ce désir d’écriture que nous avons au fond de nous ..j’écris depuis quinze ans , jusqu’à maintenant j’écrivais pour moi ..pour exprimer une souffrance intérieure.L’écriture a un pouvoir énorme , le pouvoir qu’elle nous donne est immense si on ose se lâcher !
    On nous a tellement appris à être dans le contrôle de soi ..quelle perte de temps et à nous orienter dans des directions qui ne nous convenaient pas ..quel gâchis ! j’espère avoir assez de temps pour écrire le roman de ma vie , un rêve ..c’est cela qui nous tient debout dans cette existence terrestre , l’écriture nous fait oublier la bêtise qui règne sur cette planète . Nous devons nous lancer des défis et écrire est une merveilleuse aventure pour se connaitre , on entre dans ses profondeurs .
    À bientôt et belle fin de journée

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Oui, beaucoup de gâchis, Brigitte, à errer sur des chemins qui ne nous conviennent pas ou ne nous convenaient pas. Le tout est d’en sortir un jour, et mieux vaut tard que jamais. Ne pas rester sur des regrets, surtout pas ! Fonce, lâche les chevaux, et tu verras ce qu’il en sort. C’est une décision qu’on prend d’écrire un roman, juste une décision et l’engagement qui va avec. Quand on est vraiment engagé, on fait. On écrit, on va jusqu’au bout. C’est le plus important : et que le roman soit réussi on pas, on a appris, beaucoup appris au passage, et ça c’est nourrissant.

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  18. Christine

    Bonjour Laure, sais tu ce que signifie « être édité dans un collectif « . C’est quelqu’un qui ne cesse de promouvoir ses ateliers d écriture, et qui aurait été édité dans un collectif. Cela donne t il un quelconque crédit à la qualité de ses écrits ? Car les ateliers d écriture sur Internet. .. Bon.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Bonsoir Christine, non je ne sais pas. Une association ? Elle a été éditée dans la revue d’une association, peut-être ? Un crédit à la qualité de ses écrits ? Honnêtement, je ne crois pas. C’est l’écrit qui doit être jugé pour lui-même, non ? La seule chose que je ressens, en vérité, c’est que quand on aime manier la langue, l’expression « être édité dans un collectif » n’est ni élégante ni précise.
      Sur les ateliers d’écriture sur internet, je n’ai aucun avis : je n’y ai jamais participé que ce soit sur internet ou ailleurs. J’imagine que c’est comme partout : des nuls, des médiocres, des bons, des excellents. Ce doit être le même pourcentage que dans n’importe quel autre métier.

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  19. Christine

    Laure, quand un sentiment de joie ou de peine persiste, peut-on dire que la personne en question est « fidèle à elle-même  » ? Cette expression à t elle sa place dans ce contexte ?

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Pour la fidélité à soi, je pense plutôt à : être fidèle à ses idées, à une passion, à des désirs, à ses besoins, à ses valeurs. Pas trop à un sentiment. Mais en y réfléchissant, c’est possible : être fidèle à sa colère, à sa haine, à sa rancune… Etre fidèle à sa peine, c’est bizarre mais possible. Etre fidèle à sa joie, je ne sais pas. Je ne crois pas que ce soit possible de se maintenir dans la joie par la volonté. Dans des sentiments négatifs, malheureusement oui.

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      1. Christine

        Être fidèle à sa peine, c ‘ est possible, mais bizarre me dis tu. Donc risqué. (Dans un roman ). C’est en tout cas ce que je déduis. Merci Laure !

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  20. Christine

    Laure, quand un sentiment de joie ou de peine persiste, peut-on dire que la personne en question est « fidèle à elle-même  » ? Cette expression à t elle sa place dans ce contexte ?

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  21. Brigitte

    Après avoir lu tes écrits je peux sentir ce que tu as traversé… tu es une battante ! La rage de vivre
    Je ne sais quelle est cette force que nous avons en nous mais elle nous aide à traverser les épreuves de la vie
    La vie est apprentissage malgré sa cruauté que nous ne savons pas toujours comprendre . Sans doute un manque de connaissance de nous mêmes . Cette ignorance de soi . Notre éducation, notre enfance y sont pour beaucoup
    C’est à travers l’ecriture que nous pouvons panser nos blessures
    Bravo à toi Laure

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Merci Brigitte. Ca me touche ce que tu me dis. Oui, j’en ai bavé, tu l’as bien compris… Mais je ne baisse jamais les bras. Je ne veux pas la guerre, je ne veux pas me battre. Vivre n’est pas une lutte pour moi. C’est un plaisir, une acceptation. Pourtant la vie vient me chercher et me confronter sans cesse.
      Alors j’oscille sans cesse entre lâcher-prise et combativité ; je fais ce que je peux comme nous toutes, nous tous. Et oui, j’ai la rage de vivre. Je ne sais pas à quoi ça tient. Peut-être parce que j’ai vu la mort en face très jeune, enfant. Ca m’a forgée.
      Tu as raison : nous sommes extrêmement ignorants de nous-mêmes. C’est l’apprentissage de toute une vie que de nous comprendre. Mais j’ai bon espoir : je trouve les enfants d’aujourd’hui souvent plus mûrs que les adultes. Beaucoup plus conscients que ce que nous l’étions au même âge. De ce côté, l’humain a l’air de progresser (je n’ai pas dit pas de tous côtés, loin de là…) Mais je vois vraiment des enfants évolués. Avec des réactions émotionnelles beaucoup plus appropriées et des compréhensions immédiates. Il y a encore de l’espoir sous la couche de vulgarité du monde.
      Quant à l’écriture, oui, elle cicatrise.

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