Interviews

Au féminin tout est possible : mon interview sur RCF !

Nathalie de Broc, écrivain : quelle belle rencontre !

 

Il y a des jours où on a de la chance… Celui où Natalie de Broc, écrivain à succès, journaliste, traductrice, qui s’intéresse à mon blog et l’apprécie depuis longtemps, m’a proposé une interview sur RCF dans sa chronique « Au féminin tout est possible » ! Aussitôt dit, aussitôt fait, le 29 janvier 2021 !

Osez écrire votre roman : l’interview radio RCF

Tu peux encore l’écouter car Nathalie l’a aussi rendu disponible ici : en podcast sur son blog.

 

Pour une surprise, ça a été une sacrée surprise ! Une surprise de début d’année, de janvier, et c’était comme un cadeau de Noël supplémentaire. Comme un coup de pied aussi à la morosité ambiante. Et un coup de pied supplémentaire à l’idée que les choses sont bloquées, qu’on ne peut pas avancer par les temps qui courent. Certes on ne peut pas tout faire comme auparavant. Mais peut-être est-ce l’occasion de changer notre fusil d’épaule et de faire différemment – un peu. Ou beaucoup. Ou même totalement. Mais avec passion, avec enthousiasme. C’est la seule option valable pour ne pas se morfondre et… Pour perdre le moins de plumes.

Continuer à s’engager dans ce que nous faisons et ne rien lâcher. Surtout dans un domaine aussi difficile que celui de l’écriture. Je ne vais pas te faire le rappel de ce que les écrivains et artistes perdent en ce moment, tu sais, tu vois, tu comprends.

Et puis il existe cette dimension de féminité. Le monde est conçu par et pour les hommes. Je crois que mêmes les hommes ne disent plus le contraire aujourd’hui. Ils sont maintenant assez conscients pour admettre que… oui, c’est vrai. Même eux admettent que c’est plus facile d’avancer quand on est un homme. Être femme, c’est naître avec un nombre de désavantages tellement nombreux que je ne vais pas me lancer dans la liste… Mais on peut décider comme moi de ne jamais regarder cela, de ne pas s’intéresser, d’avancer sans y prêter garde. C’est à ce genre de femmes que Nathalie de Broc a décidé d’ouvrir sa chronique « Au féminin tout est possible » : des femmes qui ne sont pas spécialement revendicatrices mais qui font simplement les choses qu’elles ont à faire. Qui avancent sans mettre cela dans la balance. Personnellement, je crois que c’est la solution. Concentrer mon énergie sur ce que je désire et non ce qui me déplaît ou pourrait m’emprisonner.

De Nathalie de Broc, je voudrais te dire quelque mots. D’abord, c’est une belle personne : elle a du coeur. Ensuite, c’est un bourreau de travail. Enfin, elle a du talent et du succès. Or en littérature, comme tu le sais, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Chaque année, elle écrit un roman, voire deux, qui sont édités et diffusés absolument partout. Je t’invite donc à la lire pour son écriture élégante, son imagination et sa psychologie très fine. Ses personnages sont marquants, très romanesques, bien campés ; de fait, on ne les oublie pas.

Pour découvrir qui est Nathalie de Broc, si tu ne la connais pas déjà, il suffit d’aller sur son blog ou chez ton libraire ou sur les librairies en ligne. Elle connaît un beau succès qui dure avec ses livres et en édite un par an (au moins !) depuis des années ! C’est un bourreau de travail. Lis ses romans (la plupart se déroulent en Bretagne) ; elle écrit vraiment bien et ses histoires évoquent des sentiments humains souvent cachés, refoulés qui n’attendent que de s’exprimer… C’est très intéressant et subtil.

À tout de suite sur son blog pour écouter le podcast de mon interview sur RCF : c’est ici.

 

N’oublie pas de nousdire en commentaires ce que tu en as pensé…

 

 

 

Tes personnages de roman ont une vie réelle !

Les personnages de roman : donne-leur de la vie, et encore de la vie !

 

De la beauté on prend tout. Même la tempête qui arrive et qu’on sent gronder sous les nuages.
Comme on accepte les fluctuations du temps et des événements tous les jours et comme on s’en accommode : avec plus ou moins de bonheur.
Mais on prend tout. On ne chipote pas. La beauté est un tout. Les sentiments sont un tout. Une existence est un tout.
Une expérience aussi est un ensemble de sensations, d’émotions, de pensées et de faits. Et la vie n’est pas faite pour y mettre de l’ordre…
Les rares fois du reste où j’ai fui devant la vie, la beauté, une expérience, je l’ai payé très cher, au centuple sans doute… Et j’en garde les regrets.

www.osez-ecrire-votre-roman.com

Alors pour tes personnages de roman, penses-y. Ne les laisse pas s’échapper. Confronte-les à la beauté et à toutes les expériences. Confronte-les aux tempêtes de la vie, fais-les sortir de leurs lignes, donne-leur à voir, entendre, sentir, à rire et à pleurer…
Donne de la substance à leur existence ; donne-leur vraiment à vivre. Donne-leur aussi de la confusion parce que c’est dans la confusion qu’on approche de la vérité, de sa vérité.

C’est souvent ce que je reproche à la littérature française : la banalité et le manque de substance de l’existence des personnages. Ce qui, je crois, s’accompagne d’un manque d’imagination de l’écrivain et de la peur du lyrisme.
Parce que le lyrisme est par essence impudique ; or c’est cette impudeur qui est belle et si émouvante. Ton lecteur peut se reconnaître, se comprendre, à travers tes personnages ; si tu en dévoiles suffisamment sur eux, bien entendu. D’où l’impudeur nécessaire, et ceci même si tu écris à la première personne. Dis-toi bien que, de toute façon, un roman est une fiction et ose écrire ce que peut-être tu n’oses pas dire…

Peut-être est-ce pour cela que j’aime tant la littérature américaine : parce qu’elle donne tant de substance à la vie, tant d’énergie, parce qu’elle ne recule devant rien.
Parce qu’elle ne se refuse rien, que ses auteurs acceptent pleinement les orages de la vie. Et le lyrisme de la vie, et sa poésie souvent douloureuse.
Relis Steinbeck, Irving, Harrison, Kerouac, Fante…

Les personnages sont vivants, vibrants, frissonnants des pieds à la tête. Immenses.
La vraie beauté c’est quand tu sens l’énergie de la vie, la pulsation, l’enivrement des sens et des sentiments.
Fais sentir cela à tes lecteurs.
Chacun fera comme il voudra bien entendu, mais aujourd’hui j’avais envie de te dire comment je vois la littérature -et la vie en un sens. Car les deux sont indissociables.

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Ecrire juste : la leçon d’écriture de Charles Aznavour

Charles Aznavour a écrit plus de 1000 chansons ; 1400 paraît-il !

 

Tu en connais forcément certaines puisque son énorme succès a fait que ses chansons ont toujours « tourné » sur les radios. Tu les aimes peut-être, ou pas du tout, ou tu les adores. Peut-être même admires-tu, comme moi, l’écriture de ses chansons au-delà de ses musiques et ses interprétations.

Je pense aussi aux talents d’acteur d’Aznavour ; il m’avait bouleversée dans Le tambour. Or le cinéma nourrit la littérature comme la littérature nourrit le cinéma.

Autodidacte, sorti de l’école à 10 ans, il est l’exemple même du talent, l’excellence, l’audace, la persévérance. Dire qu’il était incroyablement travailleur est un euphémisme. Il était tout ce que nous voudrions être, nous écrivains débutants et moins débutants qui ne sommes pas éclairés par la lumière des projecteurs.

Écrire comme Aznavour dans ce genre, la chanson populaire, c’est être rythmé, très clair, compréhensible à tous les mots, poétique, parfois humoristique, tendre, diffuser un message limpide, créer une histoire très visuelle comme un petit film, susciter des sensations, des émotions fortes -souvent bouleversantes- oui, je t’avoue avoir déjà pleuré en l’écoutant ! C’est aussi savoir inventer des formules lapidaires : quelques mots à peine mais extrêmement bien choisis pour qualifier une situation et déclencher une émotion. C’est écrire en trois mots ce qui aurait peut être écrit en trois pages ou en trois cent. C’est maîtriser l’art du raccourci. Charles Aznavour maîtrisait à la perfection cet art difficile.

Je te propose d’écouter, réécouter, lire quelques chansons pour notre inspiration, notre plaisir et apprendre de la technique impeccable d’écriture d’Aznavour.

Écrire, texte puissant qui tient parfaitement à sa seule lecture n’a même pas besoin du soutien de la musique et du chant. Je te propose sa lecture puis de l’écouter dit par Charles Aznavour qui était non seulement un grand interprète de la chanson mais aussi un immense comédien. Et observer comment il se représentait l’acte d’écrire :

Écrire

Rêver, chercher, apprendre
N’avoir que l’écriture et pour Maitre et pour Dieu
Tendre à la perfection à s’en crever les yeux
Choquer l’ordre établi pour imposer ses vues
Pourfendre

Choisir, saisir, comprendre
Remettre son travail cent fois sur le métier
Salir la toile vierge et pour mieux la souiller
Faire hurler, sans pudeur, tous ces espaces nus
Surprendre

Traverser les brouillards de l’imagination
Déguiser le réel de lambeaux d’abstraction
Désenchaîner le trait par mille variations
Tuant les habitudes
Changer, créer, détruire

Pour briser les structures à jamais révolues
Prendre le contrepied de tout ce qu’on a lu
S’investir dans son œuvre à cœur et corps vaincus

Écrire de peur, de sueur, d’angoisse

Et le doute planté comme un poignard au cœur
Rester cloué souffrant d’une étrange langueur
Qui s’estompe parfois mais qui refait bientôt surface
User de sa morale en jouant sur les mœurs
Et les idées du temps

Imposer sa vision des choses et des gens
Quitte à être pourtant maudit
Aller jusqu’au scandale
Capter de son sujet la moindre variation

Explorer sans relâche et la forme et le fond
Et puis l’œuvre achevée

Tout remettre en question
Déchiré d’inquiétude

Souffrir, maudire
Réduire l’art à sa volonté

Et brûlant d’énergie
Donner aux sujets morts comme un semblant de vie
Et lâchant ses démons sur la page engourdie
Écrire, écrire
Écrire comme on parle et on crie
Il nous restera ça
Il nous restera ça

On peut entendre ce texte superbe, ce poème sur l’art d’écrire, dit par Aznavour ici. Il l’avait dit aussi à La Grande Librairie :

 

Et puis lire cette chanson méconnue et merveilleuse, qui est encore une leçon d’écriture : Pour essayer de faire une chanson

Pour essayer de faire une chanson

Comme un policier enquêtant pour un crime

Qui fouille l’indice en suivant sa pensée

Je cherche le souffle et je guette la rime

Je cerne la phrase et questionne l’idée

Je traque le mot, construit la métrique

Et passe à tabac mon inspiration

Puis mets les menottes à la phonétique

Pour essayer de faire une chanson

Comme un souteneur qui joue sur sa chance

 En frappant l’accord, j’effraie mon piano

 Et fais leur affaire aux réminiscences

 Et claque la note et bat le tempo

 Pour faire chanter une mélodie

 Je place un point d’orgue, et change le ton

 Puis je fais main basse enfin sur l’harmonie

 Pour essayer de faire une chanson

 Comme un procureur tenace et implacable

 J’attaque à huit-clos cette œuvrette de rien

 Et puis avocat qui plaide non coupable

 Je joue sur les mots en m’aidant du refrain

 Je mets tout mon art dans ma plaidoirie

 Et quand libre enfin tous deux ils s’en vont

 Le mot et la note s’unissent à vie

 Pour essayer de faire une chanson

 

On peut aussi écouter l’artiste :

 

Sur l’art de créer une atmosphère et un visuel, écoutons l’inoubliable Emmenez-moi, et prenons en de la graine :

 

Pour la création de personnage bouleversant, écoutons donc Je me voyais déjà :

 

Et pour créer un message (et un personnage) on ne peut faire mieux que Comme ils disent :

 

À propos du style, Aznavour était strictement lucide et exigeant : il ne voulait pas écrire quoi que ce soit de médiocre. Il se posait évidemment la question du style ; il s’en explique très bien dans cette interview :

 

Tout cela est très intéressant et concerne aussi l’écriture de nouvelles, de roman, et même la poésie. On s’identifie aisément aux personnages d’Aznavour, croqués en quelques mots, et l’on voit en images simples et efficaces tout le décor. On accroche dès le premier vers. C’est donc également intéressant pour l’incipit de nos romans. Dire beaucoup et vite en faisant court mais jamais de manière précipitée ou indigeste. Dire vrai, dire juste.

Leçon à retenir : ne jamais écrire pour ne rien dire, tenter de combler les vides, décorer. Être pertinent partout, à chaque instant. Ne pas avoir à enlever ou rajouter un seul mot. Tout peser, tout décider. C’est au fond l’idéal à atteindre quand on écrit.

Je travaille beaucoup mes textes ; je laisse surtout passer du temps entre les jets de façon à prendre du recul, les lire d’un œil neuf pour les corriger encore. J’estime toujours qu’un texte est calé quand on ne peut ni retrancher ni ajouter un seul mot. C’est une longue patience et un goût de la perfection. Je n’y réussis pas toujours mais j’y tends ; mon intention est solide.

Ce n’est pas ce que je fais pour mes articles de blog, beaucoup plus légers. Celui-ci est du reste encore plus spontané qu’à l’accoutumé puisque je l’ai rédigé dans l’urgence sous le coup d’une impulsion. J’avais vraiment envie de cet hommage à Charles Aznavour. Et puis, c’est l’occasion de réfléchir à tout ce que nous pouvons améliorer dans nos propres textes quel que soit le genre dans lequel nous écrivons. Devant la pertinence des textes d’Aznavour, leur justesse, remettons-nous humblement à l’ouvrage. Et remercions pour la leçon d’écriture que nous offre cet amoureux des mots.

Charles Aznavour est parti au pays des merveilles et je le salue bien bas. Chapeau, l’artiste !

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Pour aller encore plus loin  :

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Interview de Malik Kahli, écrivain autoédité

Je t’offre une longue interview de Malik Kahli, écrivain autoédité, que je viens de réaliser.

A cette occasion, je suis heureuse de t’annoncer que j’ouvre ma chaîne YouTube où je te parlerai d’inspiration, motivation, de techniques pour mieux écrire, et de bonnes lectures. Avec bien entendu d’autres interviews d’auteurs.

Malik Kahli, auteur autoédité sur Amazon, te parle de ses deux livres, un roman et un guide d’écriture, qui vient de paraître, dans lequel il aide à mieux écrire et connaître la manière de publier efficacement sur Amazon (et ça, ça vaut de l’or!)

Cette interview est réalisée par Skype car Malik, écrivain français, vit à New-York !

Comme c’est la première vidéo et interview que je réalise, tu me pardonnera mes erreurs. J’ai beaucoup appris :

  • ne pas se mettre si près de la caméra (je suis floue et déformée, mais tout va bien!)
  • prévoir un éclairage supplémentaire
  • arrêter de remuer sur ma chaise parce que je donne le tournis
  • et surtout moins parler parce que je suis trop bavarde.

Mais rassure-toi, l’interview de Malik est géniale parce qu’il te donne :

  • énormément d’astuces d’écrivain
  • te parle de son parcours inspirant
  • te motive
  • t’éclaire sur l’édition et l’autoédition
  • se confie durant plus d’une heure !

 

Le blog de Malik Kahli : Ecrivain en devenir    (Tu te souviens peut-être qu’il m’avait invité à y  écrire un article)

 

Son premier roman : Tu peux la sauver         

 

 

Le livre qu’il vient de sortir : Devenir écrivain  (Comment écrire, publier un livre et vivre de sa plume en 15 étapes)

 

Je te souhaite de tirer de nombreux enseignements de cette interview. N’hésite pas à me faire tes retours dans les commentaires. Je serai heureuse de les lire et d’en faire part à Malik.

 

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