Écrire de la science-fiction : les personnages

Cette publication fait suite à un article que j’avais écrit en 2020 et que je te propose aussi de découvrir :

Les littératures de l’imaginaire : 2020 ? Un roman d’anticipation !

Un tour d’horizon des personnages récurrents de la science-fiction…

 

Aujourd’hui, parlons des personnages de science-fiction. C’est une littérature que j’aime énormément et dont les personnages les plus importants sont très tranchés. Ils se situent en général des deux côtés opposés de la balance :

  •  le héros possède souvent des valeurs morales très fortes et endosse d’énormes responsabilités. Cela peut aller jusqu’à assurer la survie de l’humanité et de la planète.
  •  l’antagoniste est un élément rebelle ou c’est carrément un voyou : l’écrivain peut aller jusqu’à créer un psychopathe. Il hait l’humanité et veut la contrôler ou l’anéantir.

Bien entendu, il existe entre ces deux extrêmes toute une gamme de comportements et de caractéristiques qui rendent cette littérature de genre plus subtile. Et justement, comme c’est une littérature de genre, il est bon d’en connaître les codes pour prétendre en écrire. C’est en maîtrisant ces codes qu’il te deviendra plus facile de les assembler de manière personnelle et originale pour dépasser la simple caricature et inventer tes personnages que le lecteur n’oubliera pas. Au cas où tu aies envie de te lancer dans cette aventure passionnante de l’écriture de science-fiction… Quoi qu’il en soit, commençons notre balade dans un ailleurs absolument imaginaire…

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LE SAVANT FOU

 

Figure née au XIXe siècle de la fascination pour les sciences, le savant fou est l’expression d’une angoisse : les sciences ne vont-elles pas devenir immaîtrisables et dangereuses ? Ne font-elles pas concurrence à la création divine et à Dieu ? Et le scientifique ne risque-t-il pas de se prendre pour Dieu ? Ses créations, sont-elles toutes raisonnables, utiles, et surtout désirables pour l’humanité ? Même si le progrès est la grande espérance du XIXe siècle, c’est avec crainte que de nombreux écrivains, philosophes, religieux, et la population elle-même le considèrent. C’est cette peur qu’expriment les premiers romans qui traitent du savant fou.

Le savant fou, désireux de surpasser la création, Dieu, est donc toujours dépassé par ses œuvres. Déjà, en 1818, dans le roman de Mary Shelley, Frankenstein est un savant qui donne vie à une créature d’aspect monstrueux à partir d’un assemblage de cadavres. Bien entendu, sa création lui échappe pour le malheur de tous.

Même quand le savant désire le bien de l’humanité, un être vil peut lui voler sa découverte et l’exploiter d’une manière atroce comme le fait Le mystérieux Docteur Cornélius (Gustave Lerouge, 1912). Ou sa grande découverte scientifique peut causer de multiples ennuis et changer le cours du destin et de l’humanité comme dans Retour vers le futur (synopsis de Robert Zemeckis et Bob Gale, 1985). C’est que le thème du savant fou est très vite devenu une tradition littéraire – qui perdure. Car nos craintes sont loin d’être éteintes en ce qui concerne les inventions scientifiques, les technologiques nouvelles et les usages que nous en faisons déjà et pourrions en faire.

D’autres récits précurseurs de la figure du savant fou : La Vérité sur l’étrange cas de M. Valdemar, Histoires extraordinaires, Edgar Poe, 1840 ; LÈve future, Villiers de L’Isle-Adam, 1846 ; L’Île du Docteur Moreau, 1896 ; l’Homme invisible, H.G. Wells, 1897…

Emmett Brown, savant fou mais sympathique de Retour vers le futur.
Crédit : Universal

 Le robot et la machine

 

L’homme construit des machines et des robots qu’il maîtrise assez facilement. Il en est friand puisqu’ils lui permettent de se tourner les pouces. L’idée est bien entendu que la machine et le robot fassent tout le travail ingrat et difficile à sa place. Mais… il arrive que la machine, avec son intelligence artificielle, le dépasse ou que le robot lui échappe… Et tente de prendre pouvoir sur l’homme !

Alors, pour y pallier, Isaac Asimov, dans Les Robots écrit en 1950, rédige un texte incroyable : les trois lois fondamentales qui sont censées diriger la vie de toute machine; l’une d’elle stipule que la machine ne doit jamais mettre l’homme en danger.

Mais bien entendu, les hommes créent des robots trop proches de l’homme, assoiffés de pouvoir comme lui, et aussi de liberté. Bien souvent ils s’émancipent de l’homme. Je pense tout de suite aux ordinateurs fous d’Arthur C. Clarke dans 2001 : l’Odyssée de l’espace, roman de 1968 ; l’auteur et le réalisateur, Stanley Kubrick, s’interrogeaient déjà à propos de l’intelligence artificielle.

Bien d’autres romans traitent de ce problème, par exemple La Semence du démon, de Dean R. Koontz, 1973. Les machines et les robots n’en font qu’à leur tête –si je puis dire… Ils peuvent même tenter de détruire l’homme. Encore une fois, l’écrivain de science-fiction met en garde l’homme de manière lucide et, je le crains, prophétique : par arrogance, soif de se montrer plus malin, l’homme pourrait bien créer des machines, des ordinateurs et des robots qui le dépassent totalement… Alors il n’en sera plus maître mais esclave.

L’I.A de 2001 : l’odyssée de l’espace

Le mutant

 

Et puis, il y a les mutants. Ni tout-à-fait homme ni tout à fait machine, croisement des deux ou hybride de plusieurs races en partie ou totalement extra-terrestres, ou encore humain augmenté de capacités extraordinaires, le mutant est un incompris, créature qui n’appartient à aucune communauté et qui fait peur aux hommes. Ils la prennent en chasse parce qu’elle ne leur ressemble pas. Il peut même représenter une menace réelle. (À la poursuite des Slans, Alfred E. Van Vogt, 1946 ; Les Plus qu’humains, Theodore Sturgeon, 1953.)

Le mutant n’est pas à confondre avec la simple créature extra-terrestre qui peut être sans grande importance, vivant en toile de fond de l’histoire comme l’une de celles qui peuplent Star Wars. Bien que certaines soient plus retorses et dangereuses comme Jaba… Mais revenons aux mutants.

L’homme se bat contre les mutants, bien souvent des surhommes, comme il le fait contre les robots dans maints romans. Mais il y a une nuance : le mutant est encore plus proche de lui comme un miroir de l’homme et de la nature humaine dans ce qu’elle a de pire. Et s’y confronter, s’y reconnaître parfois, est difficile…

Cependant, il arrive que le mutant soit proche de l’homme dans ce qu’il possède de meilleur ! Je pense par exemple au Surfer d’argent, personnage humanoïde d’heroic fantasy qui a bercé mon enfance : il passe beaucoup de temps à sauver la planète terre sans être récompensé ni remercié par les hommes.

Les mutants sont aussi des êtres qui peuvent s’affronter entre eux pour le pouvoir ce qui donne lieu à des batailles énormes, cosmiques, proches des récits mythologiques : Toi l’immortel, Roger Zelazny, 1965 ; les Neuf Princes d’Ambre, 1970

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L’homme destructeur

 

J’évoque moins ici un type de personnage que ce que l’humanité toute entière est capable de se faire subir… L’homme qui se détruit donne lieu à des romans d’anticipation qui donnent froid dans le dos. Les écrivains, encore une fois, nous mettent en garde…

Dès l’explosion de la première bombe atomique en 1945, ils comprennent que l’homme peut détruire sa propre espèce et sa planète. Pour nous prévenir de ce que nous sommes capables de créer, l’horreur pure), ils n’hésitent pas à nous montrer le monde futur : violent, archaïque, déshumanisé, soumis à des guerres incessantes comme dans Fondation, série de romans du génial Isaac Asimov, commencée en 1942 ; ou l’énorme et fabuleux Dune, de Frank Herbert, 1965. Lis Fondation et Dune, je ne peux que t’y enjoindre car ce sont des lectures d’une qualité extraordinaire. Et certainement visionnaires.

Les écrivains vont donc souvent nous présenter des civilisations mortelles : par exemple dans Chroniques martiennes, Ray Bradbury, 1950. Quelques hommes réussissent à s’installer sur Mars et voient la Terre exploser… Les personnages survivent, oui : mais pour quel avenir ?

Dans la même logique pessimiste, on peut imaginer des mondes post-atomiques… Les romanciers ne s’en privent pas : Demain les chiens, Clifford D. Simak, 1952 ; dans Je suis une légende de R. Matheson, 1954, le héros est le malheureux et seul survivant de la terre après une pandémie ; la Planète des singes, Pierre Boulle, 1963, a donné lieu à plusieurs films…

 

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Il ne servirait à rien de faire une liste plus exhaustive de tous les personnages de science-fiction. Cela suffit largement à se rendre compte de l’intérêt de cette littérature et de sa diversité.

Et aussi de l’engagement de tous ces écrivains qui évoquent sans fard les enjeux les plus importants de notre humanité. Je crois même que les littératures de l’imaginaire en général, et particulièrement d’anticipation, sont celles qui parlent avec le plus de profondeur et de lucidité des dangers et chausse-trappes que crée l’homme de toutes pièces par ses attitudes orgueilleuses d’apprenti sorcier, son manque d’éthique et de bonté.

L’écrivain d’anticipation déguise habilement ses questionnements éthiques par  l’aventure, le récit. Mais ils sont bien là, en filigrane, nous amenant à réfléchir. Ils me semble que c’est au fond le seul genre littéraire qui s’attaque avec autant d’ardeur, de profondeur et d’honnêteté aux grandes questions qui bouleversent l’humanité.

La servante écarlate est par exemple une dystopie qui a permis à Margaret Atwood de traiter du sujet de l’asservissement et la soumission des femmes dans toutes ses dimensions : psychologique, sociale, sexuelle, politique, idéologique, morale.

 

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Des romanciers visionnaires

 

Les écrivains d’anticipation sont d’immenses visionnaires. Que n’ont-ils pas déjà prévu depuis le XIXe siècle ? Pollution grandissante ; pandémies nouvelles ; asservissement de l’homme par l’homme, par la machine, puis l’informatique ; contrôle des masses par la persuasion douce, les médias et la technologie ; visite d’autres planètes et course au cosmos ; armement de plus en plus vicieux et perfectionné ; moyens de locomotion divers y compris par les airs ; grands flots d’immigration ; extinction progressive mais très rapide du règne végétal et animal, et j’en passe…

S’il existe bien des écrivains que nous devrions lire avec la plus grande des attentions, ce sont eux…

Qu’en penses-tu ? Et écris-tu de la science –fiction ? Si c’est le cas, quel type d’histoire et de personnages préfères-tu créer ? N’hésite pas à en parler ci-dessous, dans les commentaires.

Je te propose de lire également mon article concernant les différents genres de la littérature de l’imaginaire ici : 2020 ? Un roman d’anticipation !

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2 Commentaires

  1. charier

    coucou, oui j’ai écrit libéco, une sf dont les héros sont des ados.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Charier,
      Pas facile de créer des personnages ados. Ce sont une psychologie et des attitudes différentes. Bravo à vous !

      Répondre

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