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L’écriture s’apprend : carte blanche à Malik Kahli

Nouvelle carte blanche à mon ami Malik Kahli qui écrit depuis longtemps, a emmené efficacement et brillamment son premier roman en tête des ventes d’Amazon, a longtemps travaillé aux États-Unis et nous revient avec une vision particulièrement intéressante. Et pragmatique, comme j’apprécie. N’oublie pas de visiter son blog, différent bien sûr, mais très intéressant. Je pense que nous sommes effectivement complémentaires dans notre vision et notre rapport à l’écriture. Il a choisi de nous parler d’un sujet qu’il connait particulièrement bien ; il s’attaque à un sujet controversé et sensible en France… Maintenant je lui laisse la plume :

L’écriture s’apprend : l’exemple des États-Unis

 

Beaucoup de mythes persistent dans l’écriture. C’est vraiment dommage car cela freine de nombreux auteurs qui voudraient se lancer mais qui n’osent pas. Si vous êtes sur ce blog, c’est que vous n’êtes pas comme ça, je présume. Vous souhaitez oser écrire votre roman !

 

Washington Square Park

Tuez le mythe !

 

C’est vraiment une bonne chose. Depuis quelques années maintenant, je me bats sur mon blog écrivain-en-devenir.com pour donner des conseils pertinents en écriture, tuer les mythes qui freinent les auteurs et permettre à ces derniers d’avancer libres sur les sentiers dessinés par leurs plumes.

Un de ces grands mythes, c’est celui selon lequel on naît écrivain, on ne le devient pas. Choquant ? n’est-ce pas ? Soit on a le talent, soit-on ne l’a pas.

Si comme moi, vous pensez que devenir écrivain s’apprend (comme toute autre discipline dans la vie, finalement) alors cet article devrait vous intéresser.

Apprendre à écrire des romans

 

En effet, en France, à part sur les blogs ou chez quelques personnes particulières, il n’est pas vraiment possible de se former aux techniques d’écriture, aux méthodes scénaristiques ou encore à la psychologie du lecteur.

La plupart des écrivains sont autodidactes. Ce n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire.

Cependant, comme je le disais plus haut, cela tend à entretenir l’idée qu’il n’est pas possible de se former et d’apprendre à écrire des romans quel que soit le point d’où l’on part. Rien ne saurait être plus erroné que cela.

 

De chercheur à écrivain autodidacte

 

A l’origine, je suis docteur en biologie. Vous savez, ce petit chercheur en blouse blanche qui fait des expériences toute la journée dans son laboratoire, ben oui, c’est bien moi ! Ou plutôt, ça l’était.

Si je m’étais laissé dicter mes désirs par ce que pensent ou croient savoir les autres, je ne serais resté que chercheur. Pourtant, j’ai fait fi de tous ces mythes et je me suis mis à écrire pour le plaisir. J’ai tâtonné très longtemps, mais j’ai fini par réussir à écrire et publier plusieurs livres.

Comme je n’ai pas de diplôme de scénariste de romans (ce qui n’existe pas en France d’ailleurs), ni de diplôme de littérature, cela me rend-il moins légitime ?

Je ne pense pas.

Je crois plutôt en mes lecteurs et leurs opinions. Mes livres plaisent, mes livres aident. Ces seuls critères sont finalement les plus essentiels. Vous ne croyez pas ?

À New York, écrire s’apprend !

 

Lorsque je suis parti travailler à l’Université de New York (NYU pour les intimes) en tant que chercheur, j’ai découvert un autre monde. Certes la culture est complètement différente, je devais parler anglais au quotidien et j’ai découvert tout un univers insoupçonné. Mais le plus choquant pour moi, c’est qu’il y avait des universités et des cours spécifiques dédiés à l’écriture !

Tiens, cela s’apprend ? Etrange. Je n’ai jamais vu ça auparavant en France !

Il est vrai aussi qu’aux Etats-Unis, l’information et la formation ne sont jamais gratuites (contrairement à la France). Comptez par exemple 75 000 $ par an pour étudier à NYU.

Par contre, vous trouverez là-bas des cours sur les scénarios, sur la manière d’écrire, sur les étapes stratégiques de construction d’une histoire et les différents schémas possibles à adopter.

 

New York University

Ce que vous ignorez peut vous coûter cher

 

Les histoires obéissent à des règles implicites. Ne pas les connaître, c’est s’exposer au risque de créer des histoires bancales.

Vous pouvez aussi apprendre quels sont les déclencheurs d’émotions de vos lecteurs. Quelles sont les hormones qui circulent dans le corps de votre lecteur, quels sont leurs effets et comment faire pour jouer sur les différents niveaux et déclencher ces types de réponses pour provoquer l’émotion voulue chez votre lecteur. Rien que ça, oui.

Ne pas le savoir vous expose au risque de créer des histoires fades et insipides.

Les neurosciences se sont invitées dans l’écriture depuis quelques années et nous expliquent comment, depuis l’aube de l’humanité, les histoires sont le principal moteur des civilisations.

Savoir tout cela n’est pas indispensable. Mais le savoir est un atout non négligeable qui peut bien souvent faire la différence entre un OUI et un NON chez un éditeur !

Cela peut aussi marquer la frontière entre un livre moyen et un ouvrage inoubliable !

 

Toujours apprendre !

La France, pays de la littérature

 

Je vous sens venir de loin… Vous allez m’objecter qu’en France, il y a aussi des études littéraires. N’est-ce pas ?

En effet. Il y a des cursus littéraires. On peut même devenir Docteur en littérature. Mais qu’y apprend-on ? Quelle est l’expertise qui y est développée ?

Bien souvent, cela consiste à étudier des textes d’auteurs contemporains ou décédés. Essayer de comprendre ce que l’auteur a voulu dire. Lui faire dire aussi ce qu’il n’a pas dit. Sur-interpréter pour donner plus de puissance aux œuvres à posteriori.

Pourquoi pas. Comprendre et étudier des textes c’est essentiel.

Mais j’ai une question pour vous :

Pouvez-vous me citer beaucoup d’auteurs qui ont comme cursus une fac littéraire ?

La plupart publieront des articles ou des livres axés sur leurs domaines. Des livres « techniques » finalement. Rares sont ceux qui publieront des romans ou d’autres types d’essais. Ils ne sont statistiquement pas plus nombreux que dans les autres corps de métiers ou que dans la population générale.

La fabrique des auteurs aux États-Unis

 

Aux Etats-Unis, par contre, de véritables cursus dédiés à l’écriture et à la création d’œuvres littéraires sont dispensés. C’est une différence majeure.

Des auteurs connus tels que John Irving y ont fait leurs premières armes. Même au début du XXème siècle, Columbia proposait déjà des cours et des ateliers d’écriture dans ses cursus. En 2020, en France, cela ressemble encore à une curiosité.

Les grands auteurs, les prix Pulitzer, deviennent ensuite à leur tour des enseignants et prodiguent leur savoir à la prochaine génération. Un peu comme dans n’importe quelle autre discipline finalement ! (Zidane entraine maintenant une équipe de foot, les chercheurs enseignent à la fac, les architectes donnent des cours d’architecture… Normal , quoi !)

 

John Irving

Imaginez…

 

Imaginez vous dans une salle de classe. Aujourd’hui, votre professeur est Bernardin de Saint Pierre (ou Amélie Nothomb ou bien tout autre auteur que vous appréciez).

Il prend le temps de décortiquer sa façon de voir l’écriture. Il vous explique comment vous pouvez améliorer vos histoires.

Il vous donne des consignes pour être efficace et ne pas procrastiner.

Il rassemble toutes ses années d’expérience dans un cours pratique et didactique afin de vous faire gagner des années que vous auriez passé à tâtonner seul pour peut-être aboutir aux mêmes conclusions.

Il écoute, ainsi que vos autres camarades de classe, vos récits et vos textes.

Tous vous font des retours bienveillants et constructifs…

Vous pouvez échanger tous les jours avec d’autres auteurs comme vous et vous créer votre propre petit cercle littéraire.

Les agents littéraires et les éditeurs, au fait de la qualité de l’enseignement de l’école, vont tout de suite vous remarquer, voire vouloir vous faire un signer un contrat avant même de finir votre cursus.

Alors, que ressentiriez-vous si un tel système existait chez nous ? Aimeriez-vous en faire partie ?

Ne pensez-vous pas que cela vous apporterait énormément pour votre carrière d’auteur ?

En ce qui me concerne, j’aurais aimé qu’un tel système existe chez nous.

 

Columbia University

Une lueur d’espoir en France…

 

Néanmoins, il semblerait que la France commence à s’y ouvrir petit à petit. À Paris et au Havre, par exemple, deux Masters proposent des cursus propres à l’écriture créative. Cela reste encore très confidentiel, mais espérons que d’ici quelques années, ces formations se démocratiseront et donneront, à chaque auteur qui le souhaite, la possibilité de poursuivre librement ses rêves sans avoir à subir la pression de mythes stupidement ancrés dans l’inconscient collectif.

En attendant, les blogueurs comme Laure et moi sommes là pour vous faire profiter au maximum de notre expertise.

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

Malik Kahli, du blog écrivain-en-devenir.com

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La vérité sur l’écriture de roman ! Et une nouveauté…

La vérité sur l’écriture de roman ! Et une nouveauté…

 

La nouveauté d’abord :

 

J’ai enfin vaincu mes dernières réticences. Grande nouvelle :  je publie mon roman, Le Cheval de l’Irlandais, sur Amazon en format e-book et sur papier.

Le Cheval de l’Irlandais, roman de Laure Gerbaud

Et la vérité sur l’écriture de roman :

 

Ecrire un roman n’est pas un long fleuve tranquille. On voit partout fleurir des méthodes qui garantissent qu’avec une structure solide et deux ou trois techniques, de l’organisation et de la volonté, tu vas écrire un roman comme on produit une savonnette. C’est possible : mais qu’obtiendras-tu à part une savonnette ?

Loin de moi l’idée que la méthode, les techniques, l’organisation sont inutiles, que le génie de l’écrivain s’en passe. Non : nous en avons besoin. Mais c’est une recette sans sel, sans épices car c’est la base. Le minimum. Il faut d’autres ingrédients, plus subtils.

Les aléas

 

Ecrire un roman est une affaire qui occupe l’existence un bon moment. Autrement dit, la vie s’en mêle. Pendant que tu écris, la vie te surprend : deuils, maladies, amours, amitiés, métier, finances, moral, tout entre dans ton roman, sans même que tu en aies conscience, que tu le veuilles ou non…

Si tu n’es pas prêt à affronter les aléas de la vie de ton roman en plus de ceux de ton existence, ce n’est pas la peine de tenter de rédiger un livre. Pire : si tu n’es pas prêt à affronter les aléas de ton existence, tu ne pourras pas supporter en surplus les aléas de la création. C’est un peu dur mais c’est la vérité. Il faut être au clair avec soi quand on veut produire une œuvre, qu’elle soit livre, toile, sculpture, film…

Le travail de ton inconscient

 

Aucun plan ne te garantit que tu vas écrire ce que tu avais prévu et de la manière dont tu l’avais prévu. Il se pourrait que tu prennes des chemins de traverse, que tes personnages ou ton intrigue t’emmènent là où tu ne t’attendais pas à te trouver. Il va falloir t’adapter, te montrer souple, suivre ton inspiration si tu ne veux rien manquer de ce que tu as vraiment à dire – et non ce que tu croyais vouloir dire. C’est la différence entre travailler avec seulement ta raison et ton conscient et travailler aussi avec, en plus, ton inconscient qui est une matière infiniment plus riche. Travailler donc avec ton conscient, ton intelligence et ta lucidité, mais aussi avec ton inconscient et tes possibilités et disponibilités du moment. Le talent se loge dans l’inconscient, pas dans la conscience. Ca, c’est la vérité, celle que je ne lis nulle part.

Ce qui ne veut pas dire, je le répète car je crains d’être mal comprise, qu’il ne faille pas t’organiser, créer un plan, définir tes personnages, ton atmosphère, le ton, ton style, etc. Cela fait partie de la rédaction de ton roman. Mais la vérité, c’est aussi que ton inconscient doit faire les trois-quarts du travail et te le livrer. Il faut apprendre à travailler avec son inconscient. Il faut trouver la porte d’accès, et c’est le travail le plus difficile. Chacun invente sa méthode : décrypter ses rêves, écouter les voix qui le traverse, méditer, jouer à des jeux d’écriture, rêvasser, se promener… On a vu beaucoup d’écrivains alcooliques, d’autres drogués. Pas étonnant : ils n’avaient pas trouvé d’autre porte d’accès à leur inconscient, hélas. Ton état d’esprit sera déterminant pour aller jusqu’au bout. On n’en parle nulle part non plus à ma connaissance. Pourtant…

Crédit photo : Greg Williams

L’individualité de l’écrivain

 

Il n’existe pas de route unique, de stratagème imparable, de recette miracle qui te fera pondre un best-seller comme une poule pond un œuf. Sauf à être une poule de batterie qui pond un œuf de batterie, une pauvre chose sans goût, fade et terne qui se vend en supermarché. Je préfère le best-seller ou le roman bio, celui que l’on trouve dans les bonnes librairies ou en fouillant sur internet, le best-seller de qualité, celui qui te laisse un goût de jamais dégusté auparavant.

C’est donc à toi de tracer ton chemin dans la forêt de tes expériences d’écriture, les sous-bois de conseils, de techniques que tu as éprouvées ou apprises sur des blogs comme celui-ci, dans des livres techniques d’écriture, dans des interviews d’écrivain. A toi de décortiquer ce que tu apprends et tentes. Chacun doit nourrir et créer sa matière et sa manière. Il n’y a pas de texte unique et d’écrivain unique, dieu merci, dans notre monde déjà trop formaté ! Il n’y a que des expériences, des ressentis, des réussites et des ratages qui dépendent de l’individu qui écrit, sculpte, peint, chante…  Il n’y a pas de vérité unique. Ton individualité, c’est ta personnalité. Ta personnalité, c’est ton originalité.

L’état d’esprit de l’écrivain

 

Travaille sur toi autant que tu travailles sur ton texte. C’est également une vérité que je ne lis jamais, que je n’entends jamais. Evidemment, elle est moins facile à exprimer et plus difficile à recevoir. C’est ta hauteur de vue qui détermine ton altitude en littérature comme dans la vie. C’est qui tu es à l’intérieur de toi, qui détermine la qualité de ce que tu écris. Pour écrire un roman, il faut développer un état d’esprit de romancier. C’est simple au fond. Mais dans la pratique, développer un état d’esprit d’écrivain, ce n’est pas simple. Le monde n’est pas en accord avec ça. Le monde veut des moutons bien pensants, pas des écrivains. Ecrire, c’est penser par soi. Penser par soi, c’est déjà se rebeller. L’écrivain pense avec ses mots et ses idées propres. Pas par emprunt. Le reste, penser et s’exprimer par emprunt, c’est de la rédaction, pas de la littérature.

Ton individualité, c’est ton essence d’écrivain

 

Chaque artiste est différent, vérité de La Palice que contredit l’idée d’une méthode unique pour parvenir à rédiger un livre, créer une œuvre ! Attention au formatage, c’est une manie récurrente de notre époque de vouloir poser des lois sur tout et d’imaginer qu’elles suffisent à créer quelque chose de valable. La création est artisanale. Elle possède ses règles mais pas de lois.

La vérité est ailleurs, insaisissable. La technique est utile, le travail nécessaire. Mais la création est un rêve poursuivi en état d’éveil et dépasse les techniques et le travail qu’il exige. Pour t’illustrer mon propos, je te propose de décortiquer le processus de création atypique du Cheval de l’Irlandais. Toute rédaction de roman est du reste atypique. La grande force de l’écrivain n’est pas de résoudre tous ses problèmes avant d’écrire mais de parvenir à les résoudre en cours d’écriture, au fur et à mesure qu’ils lui arrivent. C’est donc sans pudeur que je te partage ce qu’ont été mes défis durant la rédaction du Cheval de l’Irlandais.

Sur ce blog, j’ai pointé du doigt maintes erreurs faciles à commettre. J’ai rédigé des articles sur la structure, la description, les personnages, l’univers romanesque, etc. Mais il manque un exemple concret et l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît vraiment. Alors autant profiter de la sortie de mon livre pour te raconter ce que j’ai vécu en l’écrivant : son processus de création. Bien entendu, comme je le disais plus haut, chaque livre est unique et ce qui vaut pour celui-ci ne vaut pas pour d’autres. Mais il a connu son processus de création propre et c’est ceci dont je veux discuter. Pas du livre mais du processus. Peu importe que le livre soit réussi ou raté, car je veux seulement te parler du processus de création.

Le résumé du Cheval de l’Irlandais

 

Je te situe le roman rapidement en te donnant le texte de la 4ème de couverture sinon il te sera difficile de me suivre dans cet article :

Les personnages du Cheval de l’Irlandais sont brûlés par la passion de la vie, la création, la haine, la vengeance, l’appât du gain, l’amour, l’amitié… Ils sont entiers et rien chez eux n’est raisonnable.

Acteur-réalisateur américain, écrivaine française exilée sur une sauvage île grecque, Irlandaise délurée, Californien ironique, villageois grecs, bègue ou muet, chacun est dominé par ses émotions, emporté par ses sens, prêt à en découdre avec la vie.                                    

Sur la minuscule île grecque où la fatalité exerce son pouvoir, un étrange cheval provoque la rencontre de l’écrivaine et du cinéaste, et bouleverse leur destin.

Quand le drame survient, chacun joue son rôle : certains passeront des larmes à la rédemption mais d’autres, emportés par la haine, mourront ou perdront leur liberté. Entre Grèce, Irlande et Etats-Unis, psychologie et suspense, Le Cheval de l’Irlandais évoque un monde où la nature de notre terre, des animaux et des hommes a tous les droits.

Ode aux créateurs et la création artistique, à la nature et la beauté, ce roman nous offre une balade dangereuse dans un univers de dureté où chacun, s’il s’en donne la peine, peut trouver la grâce.

Tu vois, j’ai laissé volontairement du flou et du mystère car je ne veux pas éventer l’intrigue au cas où tu aurais la bonne idée de le lire ! (sourire !) Ce qui me semble le plus important dans la conception d’un texte littéraire, c’est :

 

Crédit photo : grego1402

L’inspiration

 

Le Cheval de l’Irlandais m’est tombé, comme tous mes livres, sur le coin de la figure sans que je ne cherche à écrire quoi que ce soit. J’ai vu une femme perdue dans sa vie, encore jeune, écrivain, qui cherchait une œuvre qui la satisfit profondément et qui voulait agrandir le cercle restreint de ses lecteurs. L’image est venue, instantanée, avec le décor ! Une île grecque très sauvage. Au bout de trois jours, j’avais compris et accepté qu’elle était mon alter ego au sens littéral : un autre moi-même. Cela m’a gênée car j’ai trouvé l’idée nombriliste. J’ai dû batailler avec ma conscience pour l’accepter. J’ai réalisé qu’un autre moi-même, ce n’est absolument pas moi. Je n’allais au fond pas écrire sur moi.

A cette époque, je n’avais rien publié. J’écrivais depuis des années, rêvassant de devenir écrivain sans l’assumer pleinement, et j’avais raté deux très belles opportunités d’édition ! Oui, tu as bien lu… Je ne savais pas alors que je les avais ratées parce que, inconsciemment, je ne croyais pas mériter l’édition, parce que j’étais atteinte du syndrome de l’imposteur… Pas mon héroïne. Cependant  j’en ai fait une héroïne frustrée, ce que j’étais forcément. Mais je n’avais alors aucune conscience de ce que j’analyse ici. Tu vois là comment un personnage peut naître… du dilemme que j’abritais en l’ignorant.

J’habitais Paris (que j’adorais) mais rêvais de nature. J’étais épuisée par la ville et un métier d’enseignante qui me maltraitait (si tu as été maître-auxiliaire, on dit aujourd’hui vacataire, je crois, et de plus en Seine et Marne, tu me comprends au quart de tour…) Ainsi, mon héroïne est allée naturellement se perdre sur cette île grecque.

L’identification avec les personnages

 

Voici pour Anne Gimelli. J’ai mis des années à lui donner un nom. Anne est mon deuxième prénom. Gimelli est le nom de famille de ma grand-mère adorée, décédée l’année de la rédaction de ce roman. Passionnée d’histoire et de littérature, elle connaissait par cœur tous les personnages de La Comédie Humaine d’Honoré de Balzac et me les racontait comme s’ils étaient réels.

N’en déduis pas qu’Anne Gimelli soit moi. Non, rien de ce que tu liras d’elle ne me concerne. Elle est une extrapolation de ce que j’aurais pu devenir. Elle n’est pas moi mais un autre moi-même. Les anecdotes qui s’y rattachent ne me concernent pas. C’est bien ce qui est intéressant : sans être moi, elle s’est construire avec des parties de moi.

Et puis, il y a lui : Kevin O’Neal. C’est son alter ego, toujours au sens littéral. Son autre elle-même en masculin. Un personnage qui frôle le cliché sans y tomber, du moins je l’espère. Il est américain, acteur, réalisateur. Il serait presque une parfaite star hollywoodienne mais un drame détourne son destin et en fait un personnage attachant. D’une certaine manière, il m’est aussi un autre moi-même. Comme Anne, il aime la nature, les chevaux, les animaux. Il m’est apparu quelques semaines après avoir commencé la rédaction du roman alors que je croyais n’avoir qu’un récit de femme. Il m’est apparu à cheval.  A cru. Sur la même île. J’ai su tout de suite que ça allait être complexe : il allait falloir l’intégrer à l’histoire et je ne savais pas quel rôle il y tiendrait. Je l’ai découvert au fur et à mesure que j’écrivais comme ça a été le cas également pour Anne. Tous  deux m’ont menée par le bout du nez.

Et bien entendu, s’identifier avec ses personnages n’est pas une obligation. Il se trouve que c’est ce qui s’est passé. Mais on peut créer de très beaux personnages sans y être identifié.

Le Cheval

 

Et le Cheval ? J’ai fait un peu d’équitation, adolescente. Je l’ai vu réel, palpable, je le voyais clairement avec son extraordinaire robe rousse. J’ai cherché à comprendre car je ne savais ce qu’il venait faire dans ce roman. J’ai acheté le dictionnaire des symboles et j’ai lu, entre autres : Le cheval passe avec une égale aisance de la nuit au jour, de la mort à la vie, de la passion à l’action. Il relie donc les opposés dans une manifestation continue. Il est essentiellement manifestation : il est Vie et Continuité, par-dessus la discontinuité de notre vie et de notre mort. Ses pouvoirs dépassent l’entendement : il est donc Merveille et il ne faut pas s’étonner que l’homme l’ait si souvent sacralisé, de la préhistoire à l’histoire. J’ai été rassurée et j’ai décidé de le garder. J’ai bien fait : il est indispensable à l’intrigue, et lui aussi m’a menée par le bout du nez, pardon de la plume !

 

Crédit photo : Jean-baptiste Duville

 

Le premier jet

 

Tout m’a encore été dicté dans ce roman. Je n’ai fait que les arrangements. J’ai réuni les pièces du puzzle, j’ai équilibré l’histoire, j’ai créé des liens entre les parties, décidé des chapitres. J’ai utilisé ce que je savais et ce que j’ai appris en l’écrivant pour mettre en forme ce que mon imagination me dictait. Il m’a fallu rester souple car tout ce que je recevais m’était une surprise. Je ne savais jamais, jusqu’au bout de mon récit, ce que j’écrirais le lendemain. Je me souviens que j’écrivais le plus souvent possible mais je ne travaillais pas où je vivais. J’étais même obligée de dormir dans un hôtel borgne d’un village perdu de Seine et Marne, trois fois par semaine, pour donner cours et gagner mon pain. Ce qui fait que je n’écrivais pas de trois jours parfois. Il est difficile d’être exacte avec ma mémoire mais je dirais que j’ai mis six mois à écrire mon premier jet. Surtout parce que j’étais plus difficile que jamais avec le ton des personnages. Je voulais le ton parfait, qui colle exactement à chacun d’entre d’eux et je ne me faisais pas de cadeau. Je raturais à chaque ligne. Aucun roman ne m’a donné autant de fil à retordre.

Le décor et le style

 

Ils sont intimement liés dans ce roman. La Grèce s’est imposée avec toute sa force solaire (je suis une latine, profondément), ses odeurs, ses sons, sa lumière, sa mer. Il faut dire que lorsque ce roman m’est tombé dessus, je lisais l’immense écrivain crétois Kazantzakis, si ma mémoire est bonne. Et j’avais lu Zorba le Grec avec émotion. J’avais alors pour livres de chevet Noces et L’été d’Albert Camus. J’avais aussi déjà découvert l’incroyable Le professeur et la Sirène de Thomas di Lampedusa. J’étais imprégnée de culture « sudiste.»

Le style de Kazantzakis, dans la plupart de ses livres, m’était apparu comme un chef d’œuvre d’authenticité et de puissance. Comme la quintessence de l’accord entre un style et ce qu’il veut exprimer. C’était et c’est toujours, bien entendu, très au-dessus de ce que je peux faire. Mais j’étais émerveillée et le reste. Ce qu’il existe de Latin chez moi s’était éveillé et je n’ai eu de cesse dans Le Cheval de travailler le style non pour imiter l’inimitable Kazantzakis (le génie est inimitable !) mais pour trouver l’accord entre mon expression et la sensualité des paysages grecs et des personnages. C’est pourquoi Anne écrit son journal en exprimant tous ses sens, qu’elle est du reste venue redécouvrir en Grèce. Elle est un écrivain un peu coincée qui va peu à peu lâcher prise avec le contrôle trop grand qu’elle exerce sur elle et qui l’empêche de trouver l’œuvre qu’elle voudrait écrire. Au premier degré, Le Cheval est une histoire d’amour. Au deuxième, c’est un roman initiatique sur l’acte de création. Nous sommes ici tous concernés…

Kevin est américain de souche irlandaise. C’était obligatoire. Pourquoi ? Je ne le sais toujours pas. Mais je n’aurais pu le concevoir autrement. Et j’avais lu, la même année, un livre pour lequel je conserve tout ma fascination et qui se situe en Ecosse : Le loup rouge de Morris West. L’Ecosse est devenue Irlande dans mon imaginaire. L’Irlande s’est invitée en Grèce.

Le style d’Anne m’a demandé de travailler phrase après phrase, mot après mot. Aucun relâchement. Je ne vais pas te mentir : Le Cheval de l’Irlandais est le roman qui m’a demandé le plus de travail. Je n’ai pas eu de facilité stylistique au premier jet. Je voyais tout, entendais tout, sentais tout. Mais comment exprimer toute la sensualité de cet univers, de ces personnages

Le flow

 

Je n’ai pas écrit ce roman dans le flow, la facilité. J’aurais aimé bien sûr mais je n’avais pas suffisamment alors la maîtrise du ton et du style. J’ai eu trop de difficultés à les trouver. Je pense que les mauvaises conditions de vie que j’endurais alors n’y sont pas pour rien. Cette année-là, j’ai aussi perdu ma grand-mère et mon meilleur ami. J’ai tout de suite écrit par la voix d’Anne puisque c’est le premier personnage à s’être présenté. Plus tard est venue la voix de Kevin. J’ai dû me rendre à l’évidence : il allait falloir distinguer les deux personnages et pour cela trouver deux tons et styles bien différents. Je me retrouvais encore à écrire un roman à plusieurs voix comme pour Racines mêlées !

Anne et Kevin tenaient chacun un journal. Je ne pouvais garder le ton d’Anne pour Kevin. Plus décontracté, moins littéraire dans son expression, sensible mais masculin, il fallait trouver le ton, la personnalité exacts qui lui conviendraient. Curieusement puisque c’est un homme, j’ai eu beaucoup plus de facilité.

Ecrire deux journaux constituant un roman, c’est comme en écrire deux ! J’ai multiplié le travail et les difficultés. De plus, j’ai ressenti le besoin de faire intervenir d’autres personnages. Cela a été l’occasion de créer deux autres tons et styles. Mais ce fut des années plus tard, quand je le repris pour le récrire et ce fut infiniment plus aisé. J’avais pris de la bouteille… Ces personnages interviennent au moyen de lettres.

La construction

 

Fidèle à ma joyeuse anarchie, je me suis laissée porter jusqu’à rencontrer les habituels écueils d’une personne qui ne planifie qu’en cours de route : où vais-je ? Comment structurer l’intrigue maintenant ?

Alors bien entendu, je me suis attelée à la tache de structurer cette intrigue. Je ne conseille pas à une personne qui a besoin de se sentir rassurée pour rédiger d’agir ainsi. C’est franchement une passe désagréable de se demander comment on va joindre toutes les pièces d’un puzzle… C’est un casse-tête. Mais je ne n’écris bien que dans cette condition !

Il en résulte que la première partie du roman est psychologique et la deuxième partie comporte davantage d’action. Il y a même un côté vaguement thriller dans l’atmosphère, en tout cas du mystère, du suspense, de l’angoisse dans la deuxième partie. Mais l’intrigue reste très simple et facile à comprendre. C’est un roman d’amour et d’initiation, et une histoire de résilience.

C’est l’agencement des journées, chacun racontant la sienne dans son journal, qui a été complexe à mettre en place : il faut que le lecteur suive le récit selon deux points de vue tout en profitant du mystère et du suspense que cela crée. C’est un défi constant d’équilibrer un roman alternant deux points de vue différents écrits à la première personne. Si tu veux te compliquer la vie en écrivant, c’est parfait !

Aujourd’hui, j’ai davantage d’expérience, et j’établirai certainement un plan beaucoup plus vite. Dès que tu comprends que ta structure va être très complexe, si cela t’arrive, ne fais pas comme moi : n’attends pas d’avoir rédigé la moitié de ton roman avant de t’occuper de la temporalité des événements !

 

Crédit photo : carlos

 

 La documentation

 

Quand ce roman m’est tombé dessus, j’étais bien plus jeune. Internet n’existait pas ! Personne n’avait d’ordinateur portable : ils n’existaient pas. Tu dois me prendre pour un dinosaure si tu es né avec internet. Je faisais comme tout le monde : j’achetais des livres, des guides, des magazines, Géo bien entendu, je lisais des encyclopédies, j’allais à la bibliothèque de Beaubourg passer des journées entières…

Quand j’ai repris ce livre, une vingtaine d’années plus tard, (oui, il a dormi dans des étagères durant tout ce temps), le monde et moi avions changés : internet m’ouvrait ses bras et j’écrivais sur traitement de texte ! J’ai donc récrit ce roman en ajoutant des détails pittoresques, particulièrement en qui concerne la partie se déroulant en Irlande. On n’a plus d’excuses aujourd’hui quand on veut donner à un roman un air réaliste. De Google Maps à Google Earth, de Wikipédia aux articles et blogs, que de facilités, de gain de temps et d’argent nous sont offerts !

Le temps passé

 

Il se peut que tu sois choqué, au moins surpris, que j’ai abandonné ce livre durant plus de vingt ans ! Comme la Belle au bois dormant, il attendait son baiser pour se réveiller ! Le baiser a été le retour partiel, puis de plus en plus grand de ma santé. J’écris sérieusement depuis mes 19 ans. Le premier jet du Cheval date de 1993, il me semble. Je l’avais travaillé en tout de trois ou quatre jets, je pense. J’étais déjà très fatiguée, souvent malade, sans savoir que j’étais rongée de l’intérieur. Puis j’ai eu quelques années meilleures. Soudain, en 2000, mon corps s’est littéralement effondré d’épuisement. Plus rien ne fonctionnait. Pas de diagnostic. Aucun médicament. L’errance médicale a duré 8 ans : enfin un diagnostic. Toujours pas de médicament. Personne ne savait soigner. Puis encore trois années. Au bout de 11 ans, un docteur me propose un médicament qui change radicalement mon existence en 24 heures. J’ai continué à accumuler maladies et épuisement mais beaucoup moins de douleurs. Ce mieux était, est un miracle. Depuis j’ai arrêté ce médicament. Très vite, du reste. Cette année, un autre docteur a découvert que cette maladie n’en est pas une : c’est le syndrome d’une autre maladie ! Quatre mois de traitement. Je vais infiniment mieux. J’ai retrouvé une énergie nouvelle. Plus de douleurs non plus. Il ne s’agit pas de faire pleurer dans les chaumières. Du reste, je trouve presque que j’en ai trop dit. Mais comment t’expliquer sinon pourquoi tous mes manuscrits n’ont connu que la poussière des étagères durant des décennies ?

Je ne pouvais me battre sur tous les fronts. Travailler était un défi. Vivre était un défi. Tout était un défi. Ecrire est déjà en soi un défi. Publier en est un autre. Alors j’ai continué à écrire, certaines années oui, d’autres non. J’ai fait des tentatives pour trouver un éditeur. Mais il me manquait constance et énergie. Il ne m’a jamais manqué la volonté. Mais la volonté sans la santé, sans la vitalité, sans la force physique, c’est trop peu… Je n’ai jamais abandonné. Même durant les années où je n’écrivais plus, je savais, j’ai toujours su que cela reviendrait. Je n’en ai jamais douté quel que soit mon état. Ce sont mes plus grandes forces : une volonté sans faille et une passion vouée à l’écriture. Et puis j’ai toujours été une grande travailleuse. Même au fond du trou, j’ai continué à peindre, à écrire, et j’ai eu ma fille.

Quand j’ai eu mon premier médicament, j’ai décidé de récrire sérieusement à nouveau : j’avais moins mal. J’ai ressorti Racines mêlées de la bibliothèque aux manuscrits échoués qui attendent leur heure, et je l’ai récrit sur un an. Ca a été long car il fallait rapprendre à maîtriser l’écriture romanesque. Depuis des années, je n’écrivais que de la poésie. J‘ai posté le manuscrit au premier concours trouvé sur internet. En 2014, je recevais le prix Matmut du 1er roman. Et je recevais surtout l‘assurance, enfin, que j’étais bien faite pour écrire. Que je savais écrire.

Aujourd’hui, je peux écrire un livre en deux mois. Je l‘ai fait l’année dernière et sans le faire exprès : je ne m’étais pas fixé d’objectif. Il est venu seul comme ils viennent tous : en me surprenant quand je m’y attends le moins. Toutefois, ce n’est pas un roman. Je ne suis pas certaine que j’y parviendrais avec un roman.

L’engagement

 

Peu importe le temps passé, ce n’est pas ce qui compte. Ce qui est important par-dessus tout, c’est de rester fidèle à nous-mêmes, à l’engagement que nous avons pris avec nous, avec l’amour de notre art, avec l’idée que ce que nous voulons nous le pouvons, que rien n’est impossible. J’écris ceci avec une certaine émotion parce que c’est une réalité pour moi, pas une formule pour faire joli. Pas une formule pour se faire mousser. Ce que tu désires ardemment, tu le peux. Ne laisse personne, jamais, te dire le contraire. Ne laisse personne te réduire.

Garde tout ce que tu écris. Jette peu. Ce roman qui ne t’inspire plus, cette nouvelle que tu ne sais comment terminer, qui te dit que tu ne les récriras pas avec succès dans deux jours, deux mois, deux années, ou deux décennies ?

Je me souviens que durant ces vingt années de no man’s land, j’ai récrit une fois Le Cheval mais c’était comme si je n’avais rien fait : je n’avais pas réussi à décoller du texte. La douleur était trop présente, et rongeait mon intelligence. Il m’est difficile de savoir combien de jets j’ai dû faire pour ce roman : six, sept, davantage ? Sûrement plus que je n’aurais voulu, c’est certain. Mais le résultat est là : le manuscrit est terminé. Et c’est la seule chose qui m’importe, au fond.

 

Le Cheval de l’Irlandais sur Amazon

Les difficultés

 

Le style et le ton. Parce qu’il fallut en trouver plusieurs pour un même roman. C’est un exercice difficile mais passionnant. Mais nul doute que cela multiplie le travail.

La concentration et le lâcher-prise. Je n’ai pas souvent travaillé dans le flow. Je n’avais pas suffisamment de lâcher-prise. Trop de soucis matériels, émotifs, financiers et plus tard la douleur et l’épuisement. Parvenir au flow sur tout un roman sans la santé est impossible. J’y arrivais par contre en poésie car la poésie ne demande pas de tenir des journées entières.

Pour trouver le flow, je te conseille de t’aménager une jolie vie. Je ne parle d’une vie spectaculaire mais d’une vie qui te procure du plaisir, où tu te sens respectée et te respectes toi-même. Le flow ne peut venir que dans la concentration et le lâcher-prise. Et quand la vie est insupportable, ce n’est pas possible. Je te conseille de lire cet article sur le flow, en deux parties : écris-tu dans le flow ?

Reprendre le roman 20 ans plus tard. Il a fallu me remettre dans la peau de mes personnages, retrouver ce qui les anime. D’une certaine manière, c’était aussi retrouver les émotions de ma jeunesse. Mener d’une traite tous ces jets les uns derrière les autres, après tout de même un arrêt salutaire entra chaque jet, mais raisonnable, il est évident que c’est beaucoup plus confortable que de reprendre son livre 20 ans plus tard ! Si tu peux écrire ton roman dans l’année, surtout, fais-le.

Travailler sur la notion de cliché. Une écrivain et un acteur peuvent aisément devenir des personnages clichés, caricaturaux. J’en ai eu parfaitement conscience quand ils sont venus à moi. Je pouvais les rejeter ou les garder. En décidant de les traiter de manière à leur offrir des personnalités qui les éloignent des poncifs. Il les fallait donc atypiques. Qui étaient-ils vraiment ?

C’est un défi qui m’a plût parce qu’il était difficile. Tu me connais assez pour comprendre que s’il y a un défi… Et de fait, j’ai tout suite vu que c’était la difficulté majeure de ce livre, et j’avais très envie de m’y confronter.

 

Crédit photo : Nad Renrel

La thématique sous-jacente du roman

 

J’ai voulu évoquer le processus de création. Les créateurs sont toujours présentés comme des créatures exceptionnellement douées pour leur art. Simplement douées. On ne sait rien de leurs doutes, craintes, peurs, angoisses. De leurs hésitations, choix, émotions, de leur démarche artistique, leurs recherches, leurs batailles intérieures, leur acharnement, leur volonté, leur travail. On ne sait rien du processus de création parce qu’aucun créateur ne tente jamais de le montrer, on ne sait rien de ce qui déclenche, ralentit, exacerbe ou enraye le processus de création. Je ne connais pas un seul roman qui traite ce sujet !

Le Cheval évoque donc le processus de création de l‘artiste. Ici, l’écrivain et le cinéaste, l’acteur. Immense défi, tu t’en doutes… J’imagine que tu es sensible à ce thème puisque tu écris… Je laisse la parole à Anne, qui en parle mieux que moi :

Je cherchais autre chose, une autre histoire, d’autres personnages, un autre message, différents de ce que j’avais écrit jusqu’alors. Je sentais profondément que j’avais commencé à transformer mon monde intérieur et que ma littérature ne pourrait plus être la même car toute littérature reflète le monde intérieur de son auteur. Mais je n’en savais pas encore assez sur moi pour entreprendre ces changements dans mon écriture. Après ce roman, il y aurait un autre livre. Et toujours il me faudrait en rechercher la forme, le moule à la fois semblable et dissemblable au précédent. Tout cela tournait et retournait dans ma tête.

Le Cheval de l’Irlandais sort la semaine prochaine en versions papier et e-book sur Amazon. J’ai reçu les couvertures et textes aux formats. Il me reste à apprivoiser la mise en place sur Amazon.

Pour le lancement, je mettrai Le Cheval de l’Irlandais à un prix promotionnel, accessible à tout le monde. Bien entendu, je te préviendrai personnellement de la sortie du livre si tu es abonné au blog.

Si tu ne l’es pas et que tu veux être prévenu du jour de sa sortie, il suffit que tu télécharges le manuel gratuit de techniques d’écriture de 37 pages que tu trouveras en bas de cet article ou sur la barre latérale droite. Tu deviendras alors abonné et tu pourras évidemment te désinscrire quand tu le souhaiteras. Mais tu sais, ici nous sommes en bonne compagnie entre gens qui écrivent et aiment la littérature ! J’ai très peu de désabonnements, et ça me fait vraiment plaisir.

C’est heureuse que je sors enfin Le Cheval de l’Irlandais, cette ode aux créateurs, aux artistes, aux écrivains et la création, à l’écriture et la littérature, à l’amour, au cinéma, et à la vie.

Un dernier mot : n’oublie pas d’écrire avec passion !

 

Le Cheval de l’Irlandais, sur Amazon

 

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