Fais-tu ces 10 erreurs dans un dialogue de roman ?

Ecrire un dialogue de roman vraiment intéressant est difficile. Je crois que toute personne qui écrit a connu ou connaîtra ce défi. Donner l’impression qu’un dialogue écrit est parlé n’est pas une évidence. Pour te faciliter la tâche, j’ai noté 10 erreurs à éviter. Et cette liste n’est pas exhaustive.

1. Epargne à tes lecteurs le dialogue mis là pour « faire joli. »

 

Parce que tu trouves ton texte fade, mort, qu’il y manque quelque chose sans que tu saches ce que c’est. Et tu penses le dynamiser, le rendre moins creux, en y insérant un dialogue.

Et bien non ! Ca ne rend pas ni le texte ni les personnages plus vivants et moins fades et creux. Pourquoi ? Parce que tu n’as rien à dire dans ce dialogue. Le dialogue, ce n’est pas de la décoration.

Le dialogue fait partie inhérente de ton roman. Ce n’est pas de la dentelle qu’on rajoute sur une robe.

On écrit un dialogue de roman parce que c’est mieux que les personnages disent ces choses-là eux-mêmes et à ce moment-là. Parce que ça fait avancer le récit et la psychologie.

Des tonnes de livres sont écrits sans une ligne de dialogue et sont très bien ainsi. Donc, si tu insères un dialogue, il doit être intéressant, pertinent, psychologiquement adapté aux caractères, et bien situé car il doit donner du rythme et non en enlever. Et tu rendras effectivement le dialogue et son contexte plus intéressants. Et les personnages qui dialoguent, bien entendu. Non, le dialogue, ce n’est pas de la décoration !

 

Crédit photo : The British Library

2.  Epargne à ton lecteur un dialogue de roman vide et sans style :

 

– Tu as vu Josiane ?

– Non, et toi ?

– Ça fait au moins six mois.

– Ah, bon, moi aussi.

– Je l’aime bien Josiane. On pourrait aller la voir.

– Tu as raison, c’est une bonne idée.

– Et si on lui téléphonait ?

– Tu as ton portable ? Je n’ai pas le mien.

– Attends, je l’ai. J’ai toujours le mien sur moi.

– Et le numéro de Josiane, tu l’as ?

– Je vais appeler Roger, il va me le donner.

– Bonne idée…

Tu es mort d’ennui ? Moi aussi. Même dans la vie quotidienne, des dialogues comme cela, je les évite ! Et pourtant, tu vois à la vente des livres qui valent à peine mieux que cette… chose. Épargnons nos lecteurs. Ton dialogue doit faire avancer le récit et la psychologie de tes personnages.

 

3. Épargne à ton lecteur un dialogue de roman mou :

 

– A quelle heure l’enterrement ?

– Je crois que c’est à quinze heures trente.

– On aura le temps d’y arriver ?

– Je ne sais pas. Avec toute cette circulation…

– Oui, on n’est pas arrivés.

– En attendant, on pourrait écouter la radio.

Tu vois où je veux en venir ? Un dialogue vide et sans style est aussi un dialogue mou puisqu’il ne se passe rien. Le lecteur s’est donc noyé dans les futilités et, par-dessus le marché, l’action n’avance pas. Tu es certainement liquéfié dans les marécages de la mollesse…La mauvaise circulation n’explique pas tout.

 

4. Épargne à ton lecteur l’invraisemblance et l’irréalisme.

 

Le vocabulaire doit être choisi avec discernement. Le champ lexical de deux ouvriers syndiqués d’usine n’est pas celui de deux cadres du CAC 40. Tu imagines aisément…

– Ah, putain, je sors de cette réunion de quatre heures avec le patronat et j’en ai plein le dos de leurs conneries !

– T’as réussi à leur dire leurs quatre vérités à ces connards ? J’ai pas pu venir à temps, le métro était blindé.

– Je leur ai gueulé d’aller se faire foutre à cette bande d’enfoirés ! J’suis pas ok pour leur truc.

– T’as bien fait, y’me font pitié tellement y sont cons !

Où alors :

– Quatre heures de réunion pour en arriver là !

– Vous avez pu leur dire ce que vous pensez réellement de la situation ? Je suis arrivé en retard et je ne vous ai pas entendu. Pas moyen de trouver un taxi ce matin !

– Je me suis emporté. Leur attitude est exaspérante. Je ne peux pas donner mon accord dans de telles conditions.

– Vous avez bien fait. Certains ne sont pas dignes de leurs fonctions… Une réflexion qui reste entre nous, n’est-ce pas ?

J’ai caricaturé, certes, mais ça m’amusait. Donc, en substance : ne confonds pas les champs lexicaux. Chacun son univers, chacun son vocabulaire, ses métaphores, sa grammaire…

Crédit photo : Martin Sillaots
Dialogue

 

5. Épargne à ton lecteur les incises inutiles.

 

Une incise, c’est  : dit-il, déclara-t-il, commenta-t-il, s’exclama-t-il, répondit-il, etc.

– Je n’aime pas du tout ce poulet, dit-il.

– Tu es désagréable, s’exclama-t-elle, j’ai pris toute la matinée pour le cuisiner !

– Je ne voulais pas te vexer, s’excusa-t-il.

– Je le suis, répliqua-t-elle.

Mortel, non ? D’abord, le lecteur est assez intelligent pour comprendre tout seul. Ensuite, cela brise tout rythme, toute musique, toute fluidité. On s’enfonce dans des marécages. Ce dialogue ne vaut rien mais il est mieux sans les incises :

– Je n’aime pas du tout ce poulet.

– Tu es désagréable, j’ai pris toute la matinée pour le cuisiner !

– Je ne voulais pas te vexer.

– Je le suis !

C’est beaucoup plus dynamique.

 

6. Épargne à ton lecteur les prénoms à tout bout de champ.

 

Le prénom doit avoir une raison d’être là. Il doit appuyer un sentiment.

– Je n’aime pas du tout ce poulet, Eve.

– Tu es désagréable, j’ai pris toute la matinée pour le cuisiner, Yann !

– Je ne voulais pas te vexer, Eve.

– Je le suis, Yann !

En version allégée :

– Je n’aime pas du tout ce poulet.

– Tu es désagréable, j’ai pris toute la matinée pour le cuisiner, Yann !

– Je ne voulais pas te vexer, Eve.

– Je le suis !

Maintenant, imagine qu’on garde les défauts des incises supplémentaires et des prénoms en trop : c’est le cauchemar.

– Je n’aime pas du tout ce poulet, dit Yann.

– Tu es désagréable, s’exclama Eve, j’ai pris toute la matinée pour le cuisiner !

– Je ne voulais pas te vexer, s’excusa Yann.

– Je le suis, répliqua Eve.

Maintenant, ce dialogue a carrément l’air débile ! (Je suis en train de rire…)

 

7. Épargne au lecteur les dialogues de roman interminables.

 

Ne le noie pas, tu le perdrais. A moins de faire du dialogue illimité ta marque de fabrique et qu’ils soient tous passionnants.

Après tout, la pièce de théâtre est une suite de dialogues qui durent une à deux heures !

 

8. Épargne au lecteur le dialogue dans lequel les personnages se confondent.

 

Chaque personnage possède son tempérament, sa psychologie, ses tics de langage, son état émotionnel au moment du dialogue, son champ lexical qui dépend de son milieu socioculturel, etc.

Dans l’idéal, on doit pouvoir reconnaître immédiatement ton personnage sans qu’il soit nommé. Juste parce que son vocabulaire, la teneur de son discours, son ton, son rythme correspondent parfaitement à qui il est, à ce qu’il émane.

Si, dans ton dialogue, tu peux mettre indifféremment telle ou telle chose dans la bouche de tes personnages, tire la sonnette d’alarme : c’est que tes personnages se ressemblent tous. Chaque personnage doit s’exprimer à sa manière. Tu peux même lui  inventer un ou deux tics de langage qui renforceront ses particularités.

Crédit photo : onnola
Dialogue

9. Épargne à ton lecteur un langage trop parlé ou trop littéraire.

 

Il faut que le dialogue respire la vérité. C’est ce qui est si difficile à atteindre.

Un dialogue ne s’écrit pas comme on parle mais il doit en donner l’impression. C’est la clef d’un dialogue réussi. C’est un exercice exigeant. Personnellement, c’est le dialogue qui m’a toujours donné le plus de fil à retordre. Il faut trouver le ton et le style adéquat aux personnages, au genre littéraire de ton roman, à ce que tu as exprimer, à ton roman lui-même.

 

10. Épargne à ton lecteur la platitude d’une ponctuation limitée au point.

 

Tu peux te servir avec discernement de toute la panoplie de la ponctuation dans le dialogue : elle peut indiquer les humeurs des personnages au lieu de les décrire platement par des incises. Par exemple, au lieu de « s’exclama-t-il », mieux vaut poser un point d’exclamation sans incise. Pour exprimer la surprise, le point d’exclamation est parfait. Pour exprimer un doute, on peut laisser trois points de suspension à la fin d’une phrase. Etc. La ponctuation fait merveille dans les dialogues mais n’en abuse pas. N’oublie pas que la technique doit être invisible pour un lecteur qui n’écrit pas lui-même.

 

11. Un dernier conseil simple, utile, et souvent indispensable :

 

Lis à haute voix tes dialogues. Cela te permettra de sentir à l’oreille s’ils sont faux ou justes. Le dialogue est aussi une question de ton ; tu l’entendras.

En général, es-tu content de tes dialogues ?

 

 

 

 

 

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25 Commentaires

  1. elhadj

    Merci Laure, c’est très interressant. Dans un récit, le dialogue est la transcription naturelle du langage de deux personnes ou plus. Si l’on écrit spontanément, on est sûr (dans beaucoup de cas) de ne pas tomber dans ces erreurs.
    Les incises sont bonnes si elles sont justifiées.
    On ne doit pas oublier que des romans entiers sont bâtis sur le dialogue: George Sand, La comptesse de Ségur…
    Bonne journée et encore merci.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Elhadj,
      Je suis laborieuse dans les dialogues de roman: il me faut les travailler. Je crois que c’est pareil pour la majorité des gens parce que ce que nous disons dans la vie n’a en général aucun intérêt et qu’on ne peut pas faire cela dans le roman. Mais il se pourrait que tu possèdes des facilités dans le dialogue !
      De mon côté, c’est dans le dialogue de théâtre que j’ai des facilités. Là, je ne travaille pas beaucoup, je dois dire. Mais le roman…
      Oui, c’est vrai, la Comtesse de Ségur a enchanté mon enfance avec ses dialogues. Ils me paraissaient réels ! Très douée la Comtesse.

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  2. denise berry

    si on écrit spontanément, on est sûr de ne pas tomber dans ce travers (les dix erreurs à éviter dans un dialogue de roman!) eh bien non je crois que laure a raison, il est tres facile d’y tomber

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Denise,
      Pour ma part, il m’est facile d’y tomber. Mais cela dépend sans doute des personnes. Pour Elhadj, je sais un peu comment il écrit : et il écrit bien. Mais comme toi, je continue à penser que la majorité a du mal à ne pas écrire de dialogues plats. Mais si je me trompe, c’est mieux !

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  3. muriel martinella

    Oui, c’est exactement mon ressenti. Je suis tout à fait d’accord, non aux dialogues creux et à ceux qui ne correspondent pas à la personnalité des personnages. Souvent, je trouve que l’écrivain novice pêche par excès, employant un style trop ampoulé avec passé simple ou première personne du pluriel « nous » au « lieu du « on » plus familier pour un dialogue. Je trouve trop souvent un surplus de bla bla exactement comme tu le dis. J’essaie pour ma part, d’employer le style indirect pour couper un long dialogue et ainsi rompre la monotonie. Cela raccourcit l’action. Exemple : Au lieu de : — Qu’en pense Marie ? En parlez-vous ensemble ?
    — Non, on n’en parle pas. Marie évite tout article de presse ayant trait à la stérilité, ai-je avoué avec répugnance. Quand à consulter un spécialiste, il faudrait qu’elle admette en souffrir !
    Je préfère de temps en temps écourter par un style indirect et quelquefois, on peut résumer ainsi une long tirade en une phrase :
    — Qu’en pense Marie ? En parlez-vous ensemble ?
    J’ai été forcé d’avouer, avec quelque répugnance, que non, on n’en parlait pas. Marie évitait tout article de presse ayant trait à la stérilité et refusait toute conversation s’y rapportant. Quant à consulter un spécialiste… Il aurait fallu pour çà qu’elle admette en souffrir.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Je préfère aussi ta deuxième version, Muriel. Parce que le deuxième personnage, celui qui sert à recevoir l’info n’est là que pour ça. Donc autant écourter le dialogue. Par contre, le même dialogue peut devenir plus intéressant si le deuxième personnage, celui qui reçoit l’info met son grain de sel personnel au cours de la conversation. Que la conversation soit donc un échange. En fait, c’est cela : la conversation est un échange, sinon ce n’est pas la peine, autant écourter si c’est juste pour faire passer une info.

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  4. Marie-Françoise

    Laure,
    Il y a un éditorialiste,Jack Dion,de l’hebdomadaire « Marianne » que j’apprécie particulièrement.Dans son dernier édito « stop au harcèlement textuel » il évoque la problématique de l’écriture inclusive visant à redonner de la visibilité au féminin.En 2013,le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes créé par François Hollande,a décrété qu’il fallait lutter contre »l’ordre sexué ».Il a proposé d’affubler tout mot de sa version masculine et féminine,via « le point milieu ».Exemple:on n’écrira plus « boulangers » mais « boulanger.e.s », »électeurs » mais « électeurs.rices ».Il s’agit donc d’une grammaire dite « égalitaire ».Le résultat peut être drôlissime ou accablant en l’appliquant à une fable de la fontaine ou un poème d’Aragon.Dixit l’éditorialiste:l’écriture inclusive est illisible à l’écrit et imprononçable à l’oral,ce qui relève de la double peine.Que penser de cette marche forçée à l’évolution de notre langue?Comme dit l’auteur il y a d’autres urgences dans l’apprentissage de la langue, et sa pratique rajouterais je.Notre langue est encore vivante,elle évoluera d’elle-même avec les idées et idéologies en cours et je suis curieuse d’en suivre les méandres, et toi Laure, et tes lecteurs aussi je pense.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Marie-Françoise, tout cela n’est qu’une tarte à la crème sans crème, un soufflé au fromage sans fromage, et surtout une occasion pour ce pauvre Haut Conseil A Ne Pas Agir de se faire remarquer sans rien faire de concret pour les femmes. Il ferait mieux de se faire remarquer par son intelligence que par sa bêtise et son ineptie mais encore faudrait-il qu’il possède une intelligence !
      Tout ce ridicule du Haut conseil à l’égalité gna-gna-gna (pensons aux Précieuses du Bourgeois gentilhomme), tout ce battage journalistique sont vains. L’académie française se gausse, et elle a raison.
      Les femmes ont besoin d’actes concrets et non qu’on massacre notre si belle langue qui n’y peut rien, mais alors rien ! Mêler la langue à l’égalité des sexes est une idée d’intello tordu.
      Les femmes ont besoin d’hommes adultes et mâtures, de châtiments exemplaires pour les violeurs, harceleurs, hommes qui les battent, les humilient, besoin de salaires à égalité, besoin de respect et d’estime, besoin de crever le plafond de verre, besoin d’amour et de tendresse, besoin d’être considérées, besoin que les hommes prennent la moitié du travail à faire à la maison à charge (on n’est pas prêtes d’y arriver !), besoin de plus d’estime d’elles-mêmes, et la liste n’est pas finie…
      Que l’on foute la paix à la langue française et que l’on prenne des mesures concrètes et sévères contre tous les hommes qui se conduisent mal. Qu’on arrête de se moquer de nous en prenant des mesures qui relèvent du grand guignol : le Haut Conseil à l’égalité gna-gna-gna a juste lancé un truc pour nous faire oublier tout le travail qu’il doit faire et ne fait pas, et que j’ai plus ou moins « listé » ci-dessus.
      Quand à l’écriture inclusive, je ne dis même pas une écrivaine mais une écrivain, et ça ne m’empêche pas d’être la femme la plus libre que je connaisse de tout mon entourage ! On vit une époque débile. Tu me connais suffisamment pour me reconnaître dans mon indignation, j’imagine…

      Répondre
  5. J'ose écrire

    Bonjour Madame l’auteur,

    D’abord, je tiens à vous remercier énormément pour ces articles qui sont vraiment indescriptibles. Vous êtes un amour. Auriez-vous l’obligeance Madame Gerbaud d’évaluer ce dialogue que j’ai écrit ?

    – Au début, mon père le roi m’a admonestée pour cette liberté que j’ai prise en
    te côtoyant mais, revenu à de meilleurs sentiments après l’intervention de la reine Dawar, qui est ma mère, ce dernier, convaincu qu’aucun préjudice ou
    impondérable ne puisse me porter atteinte ainsi que du secret bien gardé de notre
    relation, a décidé de te faire l’honneur de t’inviter au sein de son royaume. Ainsi, à travers toi, il connaîtra la vie que mènent les Terriens.

    – Je crois que tu plaisantes, Nadine… Moi, aller vers une autre planète !?
    – Mais je parle sérieusement Silex. Je t’aiderai pour le voyage interplanétaire en te couvrant d’un halo. Fais-moi confiance s’il te plaît. Si tu exauces mon vœu et fais plaisir à mon père le roi Kadok, je te récompenserai de la pierre philosophale. Et sache que je peux t’emmener malgré toi en t’endormant, mais jamais je ne trahirai la confiance que tu as placée en moi.

    La pierre philosophale existe donc bel et bien !? me dis-je au fond de moi.Je me suis ressaisi et lui ai dit :– Écoute princesse, je sais bien que ton
    invitation est alléchante, mais accorde-moi quelques jours de réflexion. Je récupère mes forces pour supporter le parcours de l’infini.
    – N’aie crainte, tu te réveilleras en notre royaume salien comme si tu n’avais pas bougé de ta place. Je te donne une semaine pour réfléchir à cette proposition si exceptionnelle, agrémentée par la fameuse pierre philosophale. J’attends ton appel avec impatience, preuve de ton amour à mon égard. Maintenant, ferme les yeux.

    J’ai senti ses lèvres pulpeuses sur mon front. En ouvrant les yeux, elle a disparu.

    Salutations distinguées Madame l’auteur.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Avec plaisir ! Pour le ton du dialogue, aucun problème. Il faut juste faire attention à la syntaxe et aux temps, il y a quelques petites erreurs à corriger. Attention aussi à ne pas se répéter, et à faire des phrases plus courtes car parfois on s’y perd un peu, et c’est plus dynamique. Il faut élaguer si c’est possible. Je vous donne ma version :
      – Au début mon père, le roi, m’a admonestée pour la liberté que j’ai prise en te côtoyant. Mais il est revenu à de meilleurs sentiments après l’intervention de la reine Dawar, ma mère (si le lecteur le sait déjà que c’est sa mère, enlever la précision), car je l’ai convaincu qu’aucun préjudice ne peut me porter atteinte et que le secret de notre relation est bien gardé. Il a décidé de te faire l’honneur de t’inviter au sein de son royaume. Ainsi, par toi, il connaîtra la vie que mènent les Terriens.
      – Je crois que tu plaisantes, Nadine… Moi, aller vers une autre planète !
      – Mais je parle sérieusement, Silex. Je t’aiderai pour le voyage interplanétaire en te couvrant d’un halo. Fais-moi confiance, s’il te plaît. Si tu exauces mon vœu et fais plaisir au roi Kadok, je te récompenserai en t’offrant la pierre philosophale. Et sache que je peux t’emmener malgré toi en t’endormant, mais jamais je ne trahirai la confiance que tu as placée en moi.
      La pierre philosophale existe donc bel et bien ! me dis-je. Je me ressaisis.
      – Princesse, ton invitation est alléchante, mais accorde-moi quelques jours de réflexion. Je récupère mes forces pour supporter le parcours de l’infini.
      – N’aie crainte, tu te réveilleras en notre royaume salien comme si tu n’avais pas bougé de place. Je te donne une semaine pour réfléchir à cette proposition si exceptionnelle, puisque je t’offre la fameuse pierre philosophale. J’attends ton appel avec impatience : il sera la preuve de ton amour. Maintenant, ferme les yeux.

      Répondre
      1. J'ose écrire

        Bonjour,

        Merci infiniment pour l’évaluation. J’ai beaucoup apprécié votre correction qui n’a pas touché le fond du style.

        J’aimerais bien savoir s’il vous plait Madame, si vous faîtes la relecture / correction professionnelle ?

        Bien à vous

        Répondre
        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Avec plaisir. Contente que la correction vous convienne.
          Non, je ne le fais pas. Parfois, je me demande si je ne devrais pas mettre cela en place car j’ai des demandes. Mais j’aurais du mal à trouver le temps de le faire correctement car c’est très long de corriger un texte. Je préfère dire non pour le moment.

          Répondre
  6. Didier

    Bonjour Laure
    Tu as raison, le dialogue n’est jamais obligatoire, il peut s’imposer de lui-même s’il fait avancer l’histoire. Si on est creux, que ce soit pour un dialogue ou un paragraphe, l’intrigue n’avance pas et on risque d’ennuyer le lecteur. Je pense que la qualité d’un écrit ne se juge pas aux nombre de lignes, ni a une alternance dialogue narration millimétrée. Merci pour ton article très intéressant.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Didier, nous sommes bien d’accord. Il n’y a jamais d’obligations, il n’y a que du discernement et des choix conscients. Merci pour ton retour.

      Répondre
  7. Christine

    Bonjour Laure. Si un jour tu ajoutes la relecture à tes activités, je serai très volontiers « preneuse ». Pas dans l immédiat bien sûr. Car c est avec la plus grande méfiance que je lis sur internet toutes ces offres de « professionnels « .

    Répondre
  8. Christine

    De même que tous ces ateliers d écriture qui poussent comme champignons par temps de pluie. Assurément tout travail mérite salaire. Mais encore faut il pouvoir se fier à la personne à qui on confie son manuscrit. Quelques centaines d euros ? Ok. Mais pas pour qu’ on m envoie me vautrer aux portes d une maison d éditions

    Répondre
  9. Christine

    Pour rebondir sur les propos de Marie Françoise. Vaste hypocrisie. Dans un autre ordre d idée. L instit est devenu prof et la femme de ménage technicienne de surface. Instit égal instit, et qd on est femme de ménage on passe la serpillière et Point barre. Au lieu d affubler ces professions de termes qui se veulent ronflants, le plus efficace pour les valoriser serait déjà d augmenter les salaires. A mon humble avis.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Christine, je trouve aussi ridicule l’aveugle transformé en non-voyant, le sourd en malentendant, et la liste est longue… Comme tu dis, ça ne coûte pas cher de donner des titres ronflants à des gens qui ont besoin de davantage de considération et d’un meilleur salaire. (Je n’ai pas dit salaire valorisé, encore une expression ridicule créée par les journalistes qui démolissent la langue française avec acharnement depuis des décennies.)
      Pour les ateliers d’écriture, je n’y ai jamais participé, donc je ne peux dire ce qu’ils sont. Je suis moins sévère que toi : je pense qu’il y a du bon et du mauvais comme dans tous les métiers. Ils n’ont pas vocation de faire passer la barrière des maisons d’édition mais de te faire écrire mieux. Leur rôle s’arrête là, et je considère que c’est normal. Ce serait du reste très malhonnête de garantir l’édition. J’espère qu’aucun n’ose faire cela !
      Pour ma part, les demandes de relecture-correction m’arrivent de plus en plus. Mais je sais que c’est un travail très long et très exigeant (je l’ai déjà pratiqué pour une maison d’édition) et qui n’est pas rémunéré à la hauteur du travail assumé. C’est même honteux! Ca ne me tente plus. Et puis ça contrecarre un peu ce que je tente de faire ici : donner de l’autonomie aux gens qui écrivent, tenter de leur faire comprendre et discerner comment ils peuvent écrire mieux, se corriger, etc. Les aider à se développer.
      Comme je vois qu’il y a un besoin, je pense plutôt créer des formations en ligne en ce sens : apprendre à mieux écrire, à structurer, corriger, inventer, etc. Peut-être même avec une petite part de coaching, c’est vraiment en réflexion. Je pense que là-dedans, je pourrais m’épanouir et donner le meilleur de moi, ce qui ne serait pas le cas en retravaillant les textes des autres uniquement. Et être rémunérée correctement sans que ce soit des tarifs délirants. Car il faut que j’écrive de mon côté, je suis faite pour écrire, et c’est chronophage.
      Voilà, tu sais tout !

      Répondre
  10. Marie-Françoise

    Ce n’était pas tout a fait un commentaire dans le sujet… mais, un à propos de l’écriture inclusive… dans les dialogues…Merci de ne pas m’en tenir rigueur.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Mais non, Marie-Françoise, au contraire, tu as vu que ça a soulevé des discussions ! C’est vivant par ici !

      Répondre
  11. Christine

    Non Laure. Ni les relecteurs ni les ateliers d écriture n ont vocation à faire passer la barrière des maisons d éditions. Quand je parle d un relecteur qui m enverrait me vautrer aux portes d une maison d édition. Je fais allusion à quelqu un qui n aurait pas fait son travail consciencieusement et qui aurait laissé trainer des erreurs grotesques que moi je peux faire en tant que néophyte. Mais il est certain que même relu par quelqu un de sérieux et qualifié, un roman peut fort bien être rejeté par une maison d éditions. Quant aux ateliers d écriture. Quand on reçoit un jour :  » inscrivez vous rapidement. Très peu de places disponibles.  » le lendemain :  » profitez en. Promo sur le prochain atelier « . Le moins qu’ on puisse dire, c est que c est une approche qui ne m inspire aucune confiance. Surtout venant de la part de personnes dont les romans n ont jamais été publiés. Je n ai besoin ni de soldes ni de prix discount mais D ETRE EN CONFIANCE.
    Relectrice dans une maison d éditions ? Je comprend que cela ne te tente pas. C est un travail qui doit demander une bonne somme de connaissances, énormément de temps et de sérieux. Si c est pour toucher deux francs six sous, aucun intérêt.
    Ceci étant dit. Est ce que le travail de relectrice risque de contrecarrer ce que tu fais actuellement ? Pas si sûr. Oui tu cherches à nous rendre autonomes. Oui tes conseils m aident a me corriger et à écrire mieux. Mais être relue au final par quelqu un de plus qualifié que moi n enlèverrait rien à mon autonomie , car Je ne crois pas que tu toucherais à la part de subjectivité dont tu as très joliment parlé. L univers l imagination et le regard que l auteur pose sur le monde. pour finir je dirai 2 choses. La première c est que je serais ravie que tu crées une formation en ligne, et la deuxième c est que l arrivée De ton livre en Guadeloupe est prévue pour le 16 environ. J en suis ravie d avance. Une amie de métropole a eu la gentillesse de me le commander sur Amazon et de me l expédier. désolée Laure d avoir été si longue.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Ne sois pas désolée, c’est un plaisir de converser avec quelqu’un qui sait ce qu’il veut : ce n’est pas si courant ! Tu m’as bien fait rire avec les promos discount, oui, ça ne fait pas sérieux… Le fait qu’une atelier soit tenu par quelqu’un qui n’édite pas ou n’est pas édité, donc ne connaît rien au processus de vente du livre et au fait même d’être édité me fait en effet tiquer. Ca ne rend pas l’atelier crédible.
      Il y a du vrai dans ce que tu dis à propos de la relecture et la correction. Je peux rendre service en donnant l’idée de ce qu’il faut faire. Un plus serait d’intégrer un petit coaching avec une formation. Par exemple, corriger quelques pages pour lancer la personne, lui montrer le chemin si elle le souhaite. A réfléchir aussi. J’ai le cerveau qui bouillonne ces temps-ci…
      Ravie que tu reçoives bientôt mon roman, c’est génial ! Pourvu que je te déçoive pas… Qui vivra verra.

      Répondre
      1. Christine

        Pas plus ravie que moi ! 🙂 je l attends avec impatience, et te dirai bien sûr. Nous partageons une chose. C est que moi aussi j affectionne les phrases assez longues en littérature. C est tellement beau ! Et c est ainsi que debute ton roman. Par contre Proust !!! Il me ballade dans un dédale de virgules, et quand a mon grand soulagement je finis par voir le point, ça fait longtemps qu’ il m a déjà semée. Alors je ne le lis pas. Oui Laure, je pense que si tu en as le temps et l envie, avec nous tu peux aller beaucoup plus loin. Il est clair que ce n est pas l appât du gain qui t anime. Pas le cas de tous . Je le sais pour m être « désabonner » bien des fois avant de découvrir ton blog. Ceci dit soyons clair on travaille pas pour la gloire. Si tu vas plus loin, je le répète, Je suis preneuse .

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        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Non, ce n’est pas l’appât du gain mais je ne veux plus travailler pour la gloire car je l’ai trop fait. Dans la peinture, les artistes sont très exploités et je ne le supporte plus. Je me respecte sûrement davantage qu’avant… Et puis, j’ai besoin de davantage de liberté et de temps pour écrire, de davantage de voyages pour nourrir mes livres, de davantage de confort aussi, et de rencontrer des gens passionnés. Et je vois un moyen fabuleux de réunir le plaisir, la passion, le partage, l’écriture, la convivialité… Je sens que je vais construire quelque chose de beau ! J’y travaille, c’est dur, mais ça en vaut la peine. J’ai des choses à dire, à partager, et à écrire. Et je sens que le moment est venu. Il faut créer le moyen, la façon, la manière.
          Je te fais un aveu : je n’arrive pas à lire Proust. Je suis insensible à son univers, à ses personnages. C’est superbement écrit et ça ne me touche pas. Mais je ne désespère pas, j’aurai peut-être le déclic un jour.

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          1. Christine

            Tu as raison Laure. Tu prêches une convaincue. Nul ne doit travailler pour la gloire. Mais il faut toujours donner le meilleur de soi pour que les deux parties soient satisfaites. C est aussi simple que ça

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