Un défi de 7 jours d’écriture : tu participes ? Défi 1

Un Défi de 7 jours d’écriture ! C’est ce que je te propose !

 

À partir d’aujourd’hui, tous les jours durant 7 jours, je te propose un Jeu d’écriture. Je t’avais dit que je te préparais une surprise pour la rentrée, la voici. Et ça commence aujourd’hui !

Avec ces Jeux d’écriture, nous allons couvrir de nombreuses problématiques d’écriture. Le début de roman, l’atmosphère, la description, la sensation, les émotions, les personnages, les dialogues…

Pourquoi des Jeux d’écriture ? Parce que c’est très ludique et que c’est aussi un excellent moyen de travailler et améliorer l’écriture. Que l’on soit débutant ou confirmé, on apprend toujours en écrivant.

Et l’enjeu d’un Jeu d’écriture n’est pas angoissant ; ce n’est pas l’enjeu d’un roman. On aborde le Jeu d’écriture le cœur léger, pour s’amuser. Et on travaille pourtant, on s’améliore puisqu’on pratique l’écriture !

J’ai conçu ces Jeux pour que tu puisses travailler un, deux, voire trois aspects en particulier de l’écriture avec chacun d’entre eux. De cette façon, tu sais là où tu dois te concentrer davantage afin de t’améliorer.

Et puis il y a un autre facteur, et pas le moindre : écrire tous les jours, c’est favoriser immensément ton apprentissage de l’écriture et acquérir une discipline d’écrivain. Écrire tous les jours, c’est déjà avoir une mentalité d’écrivain. C’est aussi avancer beaucoup plus vite et mieux quand on rédige un livre. C’est quasiment la garantie de ne jamais abandonner ton projet.

Cela peut donc t’aider de prendre ce rythme : tous les jours, écrire. La rentrée se prête particulièrement bien à mettre cette habitude en place. Alors pour t’aider, je te propose ce Défi de 7 jours d’écriture !

Tu es prêt pour ce Défi de 7 jours d’écriture ? Je compte sur toi ?

Ça commence maintenant !

Joël Dicker

1er défi : Le début de roman

 

Invente le début d’un roman en une page au minimum. Trouve une phrase d’accroche vraiment percutante. Quelque chose qui réveille le lecteur et lui donne envie de poursuivre sa lecture.

Tu intégreras obligatoirement tous les éléments suivants dans ton début de roman, mais sans te servir de ces mots eux-mêmes :

– souvenir

– mélancolie

– femme

– silence

– cigarette

– cinéma

– vent

– chanson

– attente

Tu dois donc intégrer tous ces éléments sans les nommer directement.

Pourquoi ? Quand tu intègres un élément sans le nommer directement, tu travailles aussi tes figures de style, tes paraphrases, etc. Tu t’obliges à davantage d’efforts de créativité. Attention, il faut que cela ait l’air naturel, jamais forcé.

Le plus important est que tu tires des mots que je te propose une page ou deux dont on n’a vraiment pas envie de décrocher. Intéresser, passionner, accrocher ton lecteur. N’oublie pas : c’est un début de roman.

Rédige à la troisième personne.

Exemples de belles premières phrases de roman pour éveiller ta créativité :

 

Les fenêtres des gratte-ciel criblaient le firmament de taches jaune sale ; à New York, leur lumière tient lieu d’étoiles.

 L’école du crime, Carol O’Connell

 

Walt disait que les morts deviennent herbe, mais l’herbe ne poussait pas à l’endroit où ils avaient enterré Simon.

Le livre des jours, Mickaël Cunningham

 

« J’entends des voix », avait-elle un jour déclaré, assise à la table du petit déjeuner.

Le principe de Frédelle, Agnès Desarthe

 

Winnie Maas est morte pour avoir changé d’avis.

Eva Moreno, Hakan Nesser

À toi de jouer ! Surtout, amuse-toi !

Et à demain pour le 2ème défi…

 

Si tu veux aller plus loin, regarde ce que je te propose ici (le tarif est dérisoire, moins d’un café par jour !) :

31 Jeux d’écriture pour t’améliorer en t’amusant 

Avec en bonus un groupe privé Facebook pour partager tes jeux d’écriture et rencontrer des passionnés d’écriture comme toi.

Ça va te plaire !

 

illustrationTéléchargez votre Cadeau

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52 Commentaires

  1. Marie DIGNE

    Bonjour, Pourriez vous nous dire où l’on doit envoyer ce défi ? Merci beaucoup.
    Marie

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Bonjour,
      Vous pouvez le poster ici, en commentaire. Cela permettra qu’il soit lu par ceux qui participent aussi au défi.
      Bonne écriture

      Répondre
      1. Magali welch

        Bonsoir
        Voici mon texte avec retard

        Elle était là,debout sur le trottoir luisant et ruisselant de la rue d’orves.Les pieds serrés,les cheveux ébouriffés elle regardait droit devant elle,immobile, recueillant tour a tour l absence de bruits puis, le faible sifflement d un courrant d’air filant dans les volets d une maison fermée.
        De temps en temps la fumée qu’elle expirait lui piquait les yeux et le nez déjà rougis par la pluie et le froid .Elle tourna la těte et son regard s’échoua sur l’affiche d’un film romantique.Elle soupira et jeta le mégot qui lui brûlait les doigts tout en fermant les yeux.
        Quelques notes de musique , une mélodie puis un refrain surgirent de sa mémoire et ravivęrent quelques souvenirs égarés.
        Elle inclina la těte et, jouant des bras , elle sauta dans une flaque, puis une autre, et se laissa porter par le chant langoureux du souvenir .
        « I m singing in the rain, just singing in the rain,what à glorious feeling, I m happy again… « .
        Son visage se mouilla et effaça les larmes naissantes qu’elle n’avait pu retenir .
        Elle espéra encore , quelques minutes , puis , transie,fatiguée,elle repris son chemin sans se retourner…

        Répondre
        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Tu participes alors il n’y a pas de retard : il y a toi qui participes et c’est déjà très bien, Magali.
          Quand les souvenirs deviennent un fardeau. On connait tous ça et on s’identifie forcément… Le texte est court mais on y est.

          Répondre
      2. DIDIER

        Défi : Ecrire un roman

        NICOLE

        1 -Prenom

        Elle voulait que tous ses enfants soient des génies. Pour sûr, avec huit enfants, il y en aurait bien un que deviendrait écrivain.

        Elle-même avait la plume légère ; les mots glissaient sur son papier de soie. Elle était souvent obligée d’absorber le surplus d’encre. Elle soufflait ses pages d’écriture tantôt romantiques, tantôt rebelles, voire même les transformer en notes tellement ensorcelantes que le firmament les accueillait comme une drogue douce ! Elle enfouissait tous ses espoirs étalés avant le retour d’un œil indiscret !

        2 -L’atmosphère

        Cette sensation de danger permanent planait au-dessus de ma tête. Elle me forçait à trouver une issue. Je m’évadais alors vers le ciel qui me frayait un passage. Je devais atteindre ce pont, si lointain. Cela me ralentirait, m’écartait de ma voie. C’était le seul moyen d’échapper aux ombres de la mort. La chaleur abusait de mon endurance. Je prenais de plus en plus de retard. Je savais que si je voulais grandir, je ne pouvais compter que sur moi. Et tout à coup, au plus profond de moi, une main, une voix m’arrachèrent de ce désert d’affection. J’eus la sensation d’être dans une voiture à grande vitesse ; je déglutissais. Le processus de mon évitement émotionnel reculait au fur et mesure de mon atterrissage. Je m’en étais sortie pour cette fois. C’est avec une grande facilité que l’influence m’avait accablée. Mais voilà que, quelques années plus tard, les ombres rôdent à nouveau. Vais-je en finir de cette spirale qui me semble lunaire ? Et pourtant, j’ai grandi ; j’ai pu accomplir tellement de belles choses ; je me sens plus forte ; je ne les laisserai plus m’atteindre, ne serait-ce m’approcher ! avis !

        3 – La description
        Un rugissement d’un lion apprivoisé ;
        Un ravissement à vous rendre aveugle ;
        Une sensualité addictive ;
        Une attirance irréversible !
        Couchée sur un tapis gazonné, à l’abri sous une toile tendue, elle vous espionne. Elle vous attire, vous invite malicieusement à faire connaissance. Son rugissement vous appelle, vous surprend. Personne ne peut l’ignorer. Bien qu’inéluctablement attiré comme un aimant, vous la craignez. Sa forme, quoique allongée, lui permet de se mêler aux autres sans démarquer. Bien que …
        Quand vous commencez à la caresser, vos mains ne vous obéissent plus ; vos doigts se faufilent malgré vous dans les moindres recoins. Vous n’avez qu’une envie de l’embrasser, de la tenir fermement, virilement, et la douceur refait surface. Vous la respirez, elle vous enivre ! Une vibration s’empare de votre corps et pourtant vous en voulez encore. A chaque fois que vous vous en approchez, c’et un régal. Un peintre, un photographe, si grands sont-ils, ne pourront capter sa lumière.
        L’attraction est tout simplement sublime ; tout en étant masculine, sa féminité subjugue toutes races, genres, tout, tout, tout. Tous vos sens sont en alerte! Lorsque vous vous séparez d’elle, vous vous l’arrachez. Touchez, sentez, respirez-la, vous serez… mordus !

        Répondre
        1. DIDIER

          que signifie en attente de modération?
          Merci merci de cette merveilleuse aventure !

          Répondre
          1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

            Didier,
            Ca veut dire qu’il faut que j’approuve manuellement pour que ça s’affiche.
            Car le système protège heureusement le blog des spams : j’en ai parfois une dizaine dans la journée !
            Pas d’inquiétude, je le fais tous les jours.

  2. Sérina

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour ce défi de 7 jours, c’est une très bonne idée !
    Voici mon texte du jour.
    La fumée grise stagna un instant avant de disparaître sous une rafale. Le rendez-vous avait lieu devant l’affiche du film en salle ce soir-là. Les talons hauts, l’imperméable laissant apparaître de longues jambes fuselées, le parapluie même trahissaient un chic inné. Le bruit du briquet craqua dans la nuit entre deux bourrasques. On devinait une certaine impatience lorsqu’elle se remit en mouvement, faisant claquer d’un pas nerveux ses talons sur le trottoir mouillé. Une mélodie s’éleva, provenant d’un véhicule stationné là. Un homme en sortit, la tête protégée d’un chapeau. Il observait la créature qui faisait les cent pas, celle-ci lui rappelant vaguement quelqu’un. Elle était magnifique à n’en pas douter. Malgré la pluie dégoulinante et le crépuscule qui empêchaient de voir ses traits.
    Elle jeta un regard agacé du côté de la voiture. L’homme voulu en profiter pour lui parler, lui poser une seule petite question, la musique ne la dérangeait-elle pas ? Mais elle lui tourna ostensiblement le dos et se posta près du guichet, à l’abri de la pluie battante. Elle se servit de son parapluie comme d’une canne, le balançant ostensiblement d’avant en arrière, dans un geste enfantin. Le titre suivant jaillit de la radio de l’homme, un air ancien et triste, qu’on ne pouvait entendre sans ressentir le cafard. Les éléments s’étaient calmés et elle s’avança silencieusement vers l’homme, écoutant les paroles avec un immense chagrin.
    Il lui tendit immédiatement une cibiche, persuadé de pouvoir entamer une conversation avec elle en fumant ensemble. Elle la ficha entre ses lèvres et l’alluma avec la flamme du briquet qu’il tenait entre ses mains. Un pâle sourire éclaira ses traits et elle leva à peine les yeux sur lui. Mais se tut, ne voulant pas dévoiler à un parfait inconnu l’histoire qu’elle n’avait révélé à personne. Son fils adorait cet air, il le chantait dès que l’occasion s’en présentait. Il voulait devenir chanteur et ne se lassait pas des chansons tristes. Il avait disparu durant une soirée semblable à celle-ci.
    Elle le voyait encore clairement, riant de tout, ne se méfiant de rien ni de personne. Ce soir-là, d’après certains témoins, il avait grimpé dans une automobile noire qui diffusait une musique douce, à la barbe et au nez de son père qui l’accompagnait et qui avait détourné son attention le temps d’acheter deux tickets pour visionner un film dans une salle obscure. Quelques instants avaient suffi. Le père avait crié, apostrophé les passants, tenté de rattraper le véhicule. En vain. L’enfant avait disparu.

    Répondre
    1. Gauthier Anne

      Très beau texte. Félicitations

      Répondre
      1. Sérina

        Merci beaucoup !

        Répondre
    2. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Sérina,

      Ton atmosphère est superbement réussie ! On te lâche pas d’un mot. C’est émouvant. J’ai pensé à Modiano, ce n’est pas un mince compliment.
      On attend même la suite ! J’espère que tu l’écriras un jour.
      Un seul détail m’a gênée : c’est le terme cibiche au lieu de cigarette car ce n’est pas dans le même registre de vocabulaire que celui de ton texte.
      J’ai adoré ton texte.
      Laure

      Répondre
      1. Sérina

        Merci Laure pour tes encouragements et ton compliment !
        Effectivement, le terme cibiche me semblait inapproprié et je me demandais pourquoi…
        Sérina

        Répondre
    3. Tristan

      Pfiuuut quel texte ! J’aime bien l’atmosphère. Il n’est pas évident de trouver un synonyme de cigarette dans un langage soutenu.

      Répondre
      1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

        En fait, l’idée s’est de faire comprendre qu’elle fume. Ca peut être par la fumée, un geste, autre chose. Sans forcément que le mot cigarette soit prononcé ou un synonyme. Et même quand j’écris : « elle fume », tout est dit ! Ca suffit. Pas besoin de dire : elle fume une cigarette. On a déjà compris.
        Voilà, voilà…

        Répondre
        1. Tristan

          Oui bonne idée de donner ce défi. Comme dans le texte de Gauthier (ou anne ?) un peu plus bas, il(elle) écrit :

          « Des effluves de tabac virent lui titiller les narines mais elle s’était
          promis de ne pas reprendre. Elle résista malgré tout à la tentation d’aller
          s’acheter un paquet. »

          Répondre
          1. Anne

            Bonjour Tristan,
            Mon prénom c’est Anne et Gauthier c’est mon nom. En fait, j’aurais dû m’en tenir à mon prénom

          2. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

            Oui Tristan, c’est très bien comme ça. La suggestion, ça fonctionne aussi.

    4. Mady Tabel

      Mady

      L’atmosphère est oppressante ! Une réussite, Sérina !

      Répondre
  3. Philippe Lamote

    Assise à sa fenêtre, Constance était fascinée par les feuilles rouges et orangées tournoyantes que l’automne malmenait au gré de sa fantaisie. Combien de fois les avaient-elles contemplées naguère, au temps du bonheur avec Raphaël. Elle ne put contenir une larme qui s’échappait, suivant un sillon tracé le long de sa joue creuse à force de déconvenues, de frustrations et de trahisons trop souvent endurées malgré son jeune âge, quand son doux amant se mit à courir la gueuse.
    Dans la pièce à peine éclairée par les réverbères extérieurs, en cette fin d’après-midi, seul le tic-tac du vieux carillon familial se faisait entendre, régulier, assommant, lancinant. Constance se complaisait dans sa solitude volontaire, dans l’obscurité, loin de tout et de tout le monde. Ses pensées pouvaient gambader dans sa tête, libres de toutes contraintes, au point quelquefois d’enjoliver la réalité trop cinglante. Raphaël ne l’avait pas quittée, il s’était engagé dans l’armée pour défendre son pays et il reviendrait bientôt. Jamais il ne l’aurait abandonnée pour une rivale, il était trop intègre. Hélas, cette version idéale – remixée, dirait-on aujourd’hui – n’existait que dans l’esprit dévasté de Constance.
    On passait le film à grand succès du moment au Colisée. Pas étonnant avec tout ce tapage médiatique et cette publicité pharaonique investie sous forme de clips, de jingles, d’affichages tapageurs que du Brésil à la Nouvelle-Zélande et de la Suède à l’Afrique du Sud, le monde entier soit au courant du jour de sa sortie. Sur le trottoir, revenant de la séance précédente, une bande d’adolescents reproduisaient certaines scènes marquantes pour attirer l’attention d’un groupe de jeunes filles hilares juste derrière eux.
    Combien de fois son Raphaël n’avait-il pas reproduit ce schéma pour elle, l’enlaçant à la manière de Clark Gable avec Vivien Leigh ou lui décochant un sourire désarmant à la Cary Grant à l’égard de Deborah Kerr ? L’ultime image, toujours la même, mais si délicieuse pour Constance, consistait en un baiser passionné.
    Elle se mit à fredonner Moonlight Serenade, cet air si souvent entendu et tellement réconfortant quand Raphaël la tenait dans ses bras, sur le parquet du Palace. Toutes ces heures à danser et à tourner, les yeux dans les yeux, jusqu’au petit matin.
    Époque révolue, regretta-elle amèrement. Faisant fi de sa santé – qui se souciait de la sienne aujourd’hui ? – elle se distrayait en laissant monter des volutes de fumée de sa bouche qui avait tant de fois aimé, prononcé de gentillesses et prodigué de monceaux de douceur. Où cela l’avait-elle menée ? Elle n’avait récolté que désagréments, mensonges et odieuses tromperies, elle qui s’était toujours montrée si bienveillante envers son entourage.
    Mais que faisait exactement Constance derrière sa fenêtre ? Guettait-elle quelqu’un ou quelque chose ? Espérait-elle la venue d’un compagnon providentiel ou le retour hypothétique, mais invraisemblable de l’homme qu’elle avait cru être celui de sa vie ? Ou cette fenêtre n’était-elle qu’une ouverture sur son passé qu’elle souhait remodeler à sa façon, épisode après épisode, en mieux ?

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Beau texte nostalgique. Il y a quelque chose d’un peu suranné qui a du charme dans ton texte. Et puis nous sommes toutes passée par là… Les hommes aussi d’ailleurs. On peut s’identifier facilement.
      Il y une erreur de temps et une de syntaxe mais ça se corrige aisément. Tu vas les voir en te lisant si tu les cherches.
      C’est amusant de penser que c’est un homme qui a écrit ce texte : c’est le privilège de l’écrivain de se glisser dans toutes les peaux. C’est magique l’écriture.

      Répondre
    2. Tristan

      Vous aimez autant les films d’autrefois que moi ! Ah la nostalgie…

      Répondre
      1. Mady Tabel

        Le temps des illusions…Celui des regrets… Atmosphère lourde, comme il est recommandé qu’elle soit !

        Répondre
  4. Gauthier

    Bonjour,
    Mon texte ci-après :
    La séance débutait dans une demi-heure. Le film à l’affiche s’annonçait
    remarquable, primé à deux reprises. Émeline patientait, attablée seule au café
    du coin. Des effluves de tabac virent lui titiller les narines mais elle s’était
    promis de ne pas reprendre. Elle résista malgré tout à la tentation d’aller
    s’acheter un paquet. Elle commanda un chocolat chaud et laissa vagabonder
    son esprit. Elle avait beau se dire que sa rencontre avec Rémi l’avait totalement
    charmée, un doute subsistait quant à leurs retrouvailles. Cela faisait presque
    six mois qu’ils ne s’étaient revus…
    Leur premier rendez-vous était mémorable. Ils avaient emprunté le même
    train « Paris-Toulouse ». Au moment même où elle descendit les escaliers du
    quai, Émeline s’emmêla les pinceaux dans la bride de son sac et rata les deux
    dernières marches. Elle se vautra lamentablement mais c’était sans compter
    sur l’aide précieuse de son héros qui se précipita vers elle.
    — Attendez, ne forcez pas et prenez appui sur moi, je vais vous relever,
    s’interposa-t-il.
    À l’instant même où ses yeux plongèrent dans les siens, elle sut
    immédiatement qu’une connexion s’était établie.
    Moyennement rassurée, Émeline lui répondit :
    — Merci, oui je veux bien. Ma cheville me lance un peu mais je vais tenter de
    mettre le pied à terre.
    — Très bien, essayez doucement mais sans trop forcer, lui suggéra-t-il d’une
    voix douce.
    Il y eut plus de peur que de mal et Émeline, tout en claudiquant, réussit à
    gagner le parvis en sa compagnie.
    En ce début d’hiver, l’autan avait pointé le bout de son nez et soufflait assez
    violemment. Sa longue chevelure blond cendré virevoltait en tous sens et ses
    gestes vains pour la replacer amusaient beaucoup Rémi. Il tomba alors
    rapidement sous son charme et osa lui proposer un verre dans un premier
    temps. Émeline ne se fit pas prier et ils s’installèrent en face l’un de l’autre
    dans une brasserie toute proche.
    Il lui déclina son pedigree et lui apprit qu’il était militaire et regagnait son
    domicile à Toulouse pour quelques semaines.
    À son tour, Émeline rentra dans les détails de sa vie de jeune infirmière
    célibataire.
    Rémi buvait littéralement ses paroles et la dévorait des yeux. Elle avait tout
    pour plaire malgré un léger défaut qu’il avait remarqué : une petite cicatrice à
    la base du cou.
    L’alchimie ne tarda pas à produire l’effet escompté de part et d’autre. Puis,
    chacun à bout d’arguments, ils s’observèrent ainsi durant un moment sans mot
    dire et les minutes s’égrenèrent…
    Soudain le refrain de la mélodie du téléphone d’Émeline retentit et la ramena à
    la réalité, la sortant instantanément de ses pensées.
    La communication était très mauvaise et elle eut un mauvais pressentiment.
    — … t’en prie… secours… pas bien… aimerais toujours.
    Et il raccrocha.
    Emeline eut froid dans le dos et fut prise de panique.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Anne,
      J’aime beaucoup ta chute : on veut savoir. Tu appâtes le lecteur !
      Pour l’autan, je suis allée chercher : je ne connaissais pas ce vent. J’ai gagné un mot de vocabulaire, ce soir, grâce à toi.
      Là aussi, il faudrait écrire une suite… On reste intrigués.

      Répondre
    2. Sérina

      On a vraiment envie de connaître la suite et aussi de savoir ce qui a pu arriver à cette jeune fille qui lui a laissé une cicatrice !

      Répondre
      1. Anne

        Merci Sérina, peut-être que ce mystère sera bientôt levé…
        Si je trouve le courage de poursuivre mais finalement ce serait intéressant de poursuivre en effet.
        Je vais tâcher de m’atteler au 2e défit tout à l’heure.
        Belle journée

        Répondre
  5. Nicolas

    Mon texte de début de roman :
    Nouakchott, Mauritanie, un lundi d’octobre 1996, 07h00 du matin.
    Max approche de l’aéroport où doivent l’attendre le chef de mission de coopération et son adjoint. Ils sont bien là, à l’heure. Tous trois se dirigent vers l’aéroclub à 200m de l’entrée de l’aéroport. Jean Pierre y est déjà depuis plus d’une heure, il effectue la checklist de son avion avant de prendre le vol prévu pour le nord de la Mauritanie.
    Ils doivent partir en mission tous les trois dans la nouvelle commune de Aïn El Tili, commune frontalière avec le Maroc, à 1.200 km au nord-est de Nouakchott, pour une réunion avec le Maire et ses adjoints afin d’examiner ce que la coopération française pourrait envisager comme projet dans cette contrée tant isolée car très éloignée. Commune frontalière, elle vit diverses tensions qui ne se sont pas totalement apaisées depuis la guerre entre le Sahara Occidental, le Maroc et la Mauritanie.
    La mission effectuée par un petit avion privée est prévue sur une journée aller-retour, car cette commune ne dispose d’aucun hôtel ni d’autre sorte d’hébergement moderne. Dormir dans une auberge traditionnelle mauritanienne ne sciant pas à un chef de mission de la coopération française, il fut décidé d’effectuer ce trajet de 9 heures de vol aller-retour en avion privé, loué avec son propriétaire et pilote, Jean Pierre.
    Après les salutations d’usages, les 3 missionnaires s’installent à bord, L’adjoint et Max à l’arrière, et le chef de mission à droite du pilote. Jean-Pierre termine sa checklist et demande au garde qui est au sol de débrider l’hélice, puis il démarre le moteur. Moteur au ralenti, il interroge la tour de contrôle pour demander l’autorisation de quitter sa place de tarmac et de rejoindre la piste d’envol, puis sur le OK, il accélère et fait rouler l’avion vers la grande piste. Une fois arrivé au point de contrôle avant décollage, il demande l’autorisation de décoller, puis accélère, gère son manche, et fait décoller son avion.
    Le soleil apparaît tout juste derrière les dunes de Boutilimit, loin à l’est. Il donne des couleurs fabuleuses à la vue sur Nouakchott, avec les toitures de Tevrah Zeina légèrement bleutée, les sables rosés du début des grandes dunes de l’Amatlich et les fonds lointains encore gris bleu de la nuit.
    Le temps est magnifique, sans le moindre nuage, ce vol va être fabuleux. Le vol jusqu’à Atar est assez simple par beau temps en longeant les vastes dunes de l’Amatlich sur la droite et la piste sur la gauche, puis avant d’arriver au confins montagneux de l’Adrar l’avion oblique légèrement vers l’ouest puis de nouveau vers le nord-est en direction de Zouerate, le premier point de contact possible. Le vol se passe sans ennui au-dessus d’une immensité de dunes de sable jusqu’à l’approche des montagnes de Dédier Je Jill, contenant les mines de fer de Zouerate.
    A quelques kilomètres du massif, subitement, le moteur s’arrête. Sans autre bruit que celui du vent le long de la carlingue, hélice arrêtée, un début d’angoisse apparaît dans le cockpit. Jean Pierre relance le démarrage, rien ne se passe à part un sinistre bruit de moteur qui coince métal contre métal, comme s’il était sans huile.
    Le chef de mission demande à Jean Pierre : « Il y a un problème, comme s’il n’y avait plus d’huile… Tu m’as bien dit que tu avais fait réviser le moteur hier avant d’engager cette mission ?
    – Oui il était en révision ces deux derniers jours et j’ai vérifié l’huile ce matin comme tous les jours avant un vol… Je ne comprends pas ce qui se passe. »
    Puis il relance de nouveau le moteur qui réagit avec la même plainte de fer contre fer, rappelant à Max la bielle qu’il avait coulée il y a deux ans sur la plage en direction des grandes dunes.
    Moteur manifestement coincé… l’ambiance se tend dans le cockpit.
    Dans ce silence subit, Jean-Pierre envoie un message de détresse par transbordeur et prévient rapidement par radio la tour de Nouakchott, puis celle de Zouerate qu’il y a une avarie de moteur et que nous allons atterrir en planant, sans possibilité d’arriver jusqu’à l’aéroport le plus proche.
    « Et comment se passe la descente sans moteur ? Demande l’adjoint. Tu es certain que ton avion va bien planer ? On est encore assez haut…
    – Oui, on est à 1000 m environ, l’avion plane très bien je l’ai fait de nombreuses fois en entraînement d’école de pilotage mais le problème est de savoir où l’on va pouvoir atterrir, … On a le choix mortel de se poser sur des dunes ou sur le rocher… Il faut trouver de toute urgence une piste où l’on pourrait se poser sans casser l’avion et risquer notre peau. Donc chacun regarde en bas et cherche la piste idéale pour un posé correct ! »
    Max ne dit rien tout en serrant les fesses.
    « Ces 1000 m tu les descends en planant en combien de temps ? Demande le chef de mission.
    – Nous avons environ 5 à 7 minutes avant de se poser donc cherchez bien et vite. »
    Le silence devient pesant dans le cockpit, juste amoindri par le feulement du vent sur l’appareil.
    Le chef de mission a sorti sa caméra et fixe son œil dans le viseur pour immortaliser le moment.
    L’adjoint et Max regardent vers le bas à la recherche d’une éventuelle et rare piste au milieu des dunes vives, tout en commençant à revoir le film de leur vie, au cas où…
    La tension est forte et palpable.
    Aucun son ne sort des bouches des passagers, chacun revoyant sa vie tout en cherchant du regard un lieu pour se poser…
    Des larmes viennent.
    Max pense à ses enfants, à ce qu’il aurait pu mieux faire, être sans doute moins exigeant avec lui et plus présent avec elle… Être plus tendre avec sa femme malgré son alcoolisme chronique, ses crises et ses tentatives de suicide. Les souvenirs envahissent Max. Si son épouse n’avait pas été si alcoolique, ils auraient pu faire plein de belles choses et réussir bien plus… Ce fut sans doute de sa faute, était-il trop faible, il n’aurait jamais dû accepter qu’elle revienne vers lui après s’être mariée avec son cousin polonais… Il y a si longtemps… Ils s’étaient mariés alors qu’elle avait déjà été enceinte, semble-t-il de lui… Et elle avait avorté en septembre ou octobre 72 se rappelle t’il. Ils ne vivaient pas ensemble. Couchait-elle aussi avec son polonais ? Comment s’appelait-il déjà ? Quand ils se sont connus au travail tout était tellement beau et encourageant. Ses collègues architectes étaient certes un peu lourds. Ce fut tout de même une catherinette ravissante avec son chapeau qu’ils avaient réalisé à partir d’une poubelle et des frisures en calque… En 73 arriva la décision de vivre ensemble dans son appartement. Et la décision d’avoir un enfant. Juste avant de devoir partir au service militaire.
    Max semble apercevoir quelque chose… devant, qu’est-ce ? Une piste ? Ah Non ZUT… une ombre.
    Une minute est passée…
    C’est en même temps très long une minute et si court quand ce sont peut-être les dernières…
    L’avion poursuit sa route vers le massif de fer de Zouérate
    Max se demande ce qu’il fait en Afrique ? Pourquoi être là-bas à risquer de mourir ? Et pour quelles valeurs ? Tout cela sans doute pour ce poupon en porcelaine noire que sa mère avait mis dans son couffin de bébé. Peut-être aussi à cause de la campagne mondiale contre la faim des années 59-60 au lycée… Il pense soudain à ses parents qui ne sauront sans doute jamais qu’il pense à eux avant de peut-être mourir là en bas dans quelques minutes. Et Merde, c’est trop con il est sûr de s’en sortir ! Finalement à Gap il n’était pas si mal. La maison était belle. Le lycée des enfants était vraiment sympa. Certes son cher fils leur en a fait voir. Avec ses plombs dans la main en voulant tenir à bout de bras la cible d’un copain tirant à la carabine à diabolos. Ou, quand il a fugué une journée entière en partant jouer avec les romanos qui avaient planté leurs roulottes à l’église…
    Deux minutes… Encore trois à cinq minutes à chercher et à trembler…
    L’avion qui se dirigeait droit sur le massif de Zouérate oblique légèrement vers l’est pour éviter la montagne, ce qui lui fait perdre subitement quelques dizaines de mètres d’altitude.
    Toujours pas un souffle dans le cockpit, juste le bruit du vent de la descente.
    Le chef de mission continue à filmer, l’œil rivé sur le viseur de sa caméra
    L’adjoint ne dit mot à côté de Max, il regarde à tribord, à priori sans réactions, figé dans sa position.
    Max donnerait tant pour ne pas être dans cette situation, dans ce maudit avion. S’il s’en sort il changera de vie ! C’est décidé ! Il pense soudain à tous les accidents qu’il a eu dont il s’est sorti quasiment indemne. Il a eu d’énormes chances pour les évènements graves… Il va s’en sortir… Mais il leur faut une piste ! Il se revoit à 6 ans avec ce vol plané au travers de la serre au fond du jardin de sa grand-mère, brisant quelques vitres et arrivant au sol sur le dos… Dans les pommes, mais entier, un peu sonné mais vivant. Ou vers 8-9 ans cette chute de la remorque du tracteur de la ferme en Alsace quand ils sautaient avec ses cousins du champ sur la remorque et de la remorque au champ. Tout d’un coup il tombe au sol entre le champ et la remorque, et se retrouve sous la roue… Le fermier avait anticipé et le tracteur fut promptement arrêté… Le jeune Max avait le dos contre la roue de la lourde remorque… de quoi se casser la colonne… là il risquait bêtement sa vie… Ou cette chute de branche en branche dans le cerisier qui était devant cette ferme, quand ses parents étaient en croisière en Grèce. Et le lendemain, à leur arrivée quand il est tombé dans les pommes dans les WC fermés à clé de l’intérieur… Splendide ambiance de retrouvailles… Ou encore cette descente en voiture vers Marseille suivant un grumier qu’il ne pouvait pas dépasser sur la route nationale avec tous ces virages. Il décide de s’arrêter dans un parking pour le laisser avancer, puis 20 minutes plus tard il reprend la route et se retrouve arrêté quelques kilomètres plus loin face aux troncs étalés sur la route… Sans cet arrêt au parking Max aurait certainement écrasé son véhicule sur ces grumes, il serait sans doute mort à cette heure… Max exulte « On va la trouver cette putain de piste ! »
    Trois minutes… Encore deux à cinq longues minutes…
    L’avion effectue un virage vers le nord en planant régulièrement mais en perdant de nouveau de l’altitude… Et toujours pas de piste à l’horizon… Des dunes vives magnifiques sous ce soleil, mais dramatiquement inquiétantes pour un atterrissage.
    Max repense à ces dernières années qui étaient tout de même excitantes avec toutes ces fêtes assez libertines de Nouakchott. A revoir le film de ces dernières années, elles furent bien remplies. Avec son divorce en 92 après 20 ans de vie commune. Puis cette année très sensuelle avec M. Ces trois années plus sages avec D. Et cette dernière année de libertinage local un peu trop arrosé… L’alcool a sans doute trop coulé… Il est temps pour lui de changer d’orientation ! Si on ne s’en sort pas sa vie aura eu une belle fin. Autant dramatique que magnifique ! Clôturant des années de folie. NON ! Il va s’en sortir ! Et il va changer ! Mais… comment ? Avec qui ? Quelle belle rencontre espérer ? »
    Quatre minutes…
    Soudain, Jean-Pierre aperçoit de loin un des gros porteurs de minerai roulant rapidement sur une piste et laissant derrière lui un nuage de poussière latéritique rouge sombre.
    Il exulte : « Eureka on va se poser là sur cette piste des titans »
    Il oriente son avion pour la prendre plus en douceur, en étant encore à quelques dizaines de mètres d’altitude.
    Subitement un autre monstre d’acier arrive sur leur gauche.
    L’avion risque de se poser sur ce camion plein de minerai.
    Pour éviter cette sinistre solution, Jean Pierre braque l’avion, ce qui le freine de sa très rapide descente vers la piste, mais enclenche d’un coup une chute d’une dizaine de mètres.
    Il rétablit rapidement l’avion vers le bas visant de nouveau la piste vers laquelle il plonge.
    Arrivés au sol, le touché fut sportif. L’avion se pose en nombreux bonds successifs de plusieurs mètres de haut sur une énorme tôle ondulée, car la piste des camions a une très forte amplitude avec des vagues de 50 cm de haut.
    L’avion va-t-il tenir ?
    Jean-Pierre arrivera-t-il à calmer ces dangereux sauts ?
    Puis peu à peu l’avion freine et s’arrête sur une crête…
    Ils sont sauvés !
    Les quatre passagers sortent rapidement de l’avion, presque en sautant à terre, question de mettre vite les pieds sur le sol pour être bien certains qu’ils sont vivants
    Et tous quatre simultanément s’alignent en bord de piste pour… uriner en cœur… Signe de vie retrouvée !
    Un briquet crépite pour marquer cette vie nouvelle, un chant émerge rejetant fermement la mélancolie qui s’était installée à bord. Une vraie séquence de cinéma vient de se dérouler, avec ses suspens et ses attentes, ses impatiences, évoquant la fébrilité de la vie et ses espoirs. Elle va redémarrer autrement à partir de cet instant ! Demain la vie sera différente, Max retrouvera l’espoir d’une autre vie.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Des petits soucis de concordance des temps, tu peux les corriger facilement.
      Je préfère la deuxième partie car on entre davantage dans l’émotion. Ce sont toujours l’émotion, le sentiment, la vulnérabilité qui retiennent toujours l’attention du lecteur, qui le touchent. La première partie est très factuelle. Je pense que là tu peux y faire aussi entrer un peu de sensibilité, il suffit de dire quelques mots au passage sur les personnages qui entrent en scène.

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  6. Tristan

    Je vous prie de m’excuser pour le retard. J’ai beaucoup du mal à respecter le planning quand j’ai la migraine 24/24. Voici ma page. Elle est malheureusement courte. Je vous souhaite une bonne lecture.

    Des virgules fuyants et persistants caressaient le corps d’une femme endormie. Des bruits de l’extérieur parvenaient à son oreille comme trois points de suspension. Des points d’interrogations perturbèrent le sommeil paradoxal de la rêveuse.
    Elle se tenait, allongée, sur une prairie d’herbes hautes multicolores. Elle portait la fameuse robe blanche de Marilyn Monroe dans « Sept ans de réflexion ». Elle contemplait, l’air perplexe, le ciel blanc quadrillé, les bras bien écartés. C’était une femme de trente deux ans, sourde de naissance. Des successions de mots nuageux se formaient puis se diluaient, lui rappelant avec tristesse l’image irréelle de la fumée de la tige de Marlène Dietrich. Une goutte d’encre de Chine atterrit sur sa tenue blanc immaculée.
    Point…
    Une herbe bleue vive frôla sa main gauche.
    Virgule…
    Deux autres, rouge et violette, touchèrent son pied droit.
    Virgule, virgule…
    Ce bal de ponctuation continuait pendant deux ou trois minutes. Pas toujours avec le même rythme. Bien au contraire, des notes de couleurs discordantes s’affichaient de plus en plus sur chaque élément de la nature.
    Soudain, sans crier gare, une bourrasque se leva en un hurlement de trois points de suspension. Des nuages de mots d’une épopée oubliée défilèrent, lâchant des multitudes de points humides.
    Point, point, point, point, point…
    Les caresses se transformèrent en piqûres. Quelques bonnes volées de tirets, peu importe les longueurs, frappèrent la chair malmenée de la pauvre femme. Le flux et le reflux des vibrations ébouriffèrent ses cheveux noirs de jais, dégageant un front anormalement bombé.
    Comme pour répondre à son désir muet de cesser ses souffrances, un gigantesque point d’exclamation zébra le ciel.
    Et tout s’immobilisa…

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Pas de souci Tristan, la migraine ce n’est pas un cadeau… Bon courage.
      Ton texte est si particulier, ce n’est pas un texte de roman mais de prose poétique, que je me demande justement si ce n’est pas ta migraine qui te l’a inspiré. Car il parle de douleur au fond.
      Ca mérite un peu de réécriture mais c’est intéressant et original. Tu sors des sentiers battus. Tu as de l’imagination et je me demande si tu ne pourrais pas en faire carrément un poème.

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  7. Tristan

    Viens de me rendre compte que j’aurais du mettre la phrase « C’était une femme de trente deux ans… » juste avant « Elle contemplait, l’air perplexe… »

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  8. Tristan

    Il n’y a pas une option « modifier » ici ? Pour éviter de faire plusieurs commentaires à la suite. J’ai fait une faute sur le verbe devoir « dû ». Aaaargh !

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  9. Mady Tabel

    Mady Voici mon texte, un peu court peut-être .

    – Comment le dissuader de participer à une épreuve d’endurance dans uns chaleur pareille ? Vous voyez le danger ! En plus, je n’ose même pas penser à sa maladresse légendaire !

    – Ah bon ! Il est maladroit ?

    – Oh, presque pas ! Ironisai-je. Vous connaissez le petit pont, juste avant la Ferme des Lilas ; deux fois, il a chuté dans le ruisseau : une fois à vélo mais rien ni personne ne le gênait et une fois à pied ! Oui, à pied. Bizarrement, il n’y a qu’en voiture qu’il le franchit allègrement !

    Les rires de Bruno attirèrent les amis.
    Richard arrivait à vélo. Voyant qu’il avait un public, il lui offrit une arrivée à toute vitesse et atterrit brutalement aux pieds de Bruno, ce qui lui valut d’être accueilli par des éclats de rire.

    Je dis, un peu acide : ça présage bien de la suite ! Richard, tu n’es pas forcé d’aller marcher pendant plusieurs heures sous un soleil de plomb ! Tu peux encore y renoncer ! Tu ne seras pas déshonoré !

    – Mais je ne risque rien ! Aucune difficulté ! C’est tout plat, tout en facilité !

    – Facilité ! En temps de canicule !

    – Parce que je vais marcher pendant quelques kilomètres, tu me vois déjà mort !

    –Tu es toujours dans la lune ! Atterris pour une fois ! Toutes les âneries qu’on te propose, tu t’y jettes ! De temps en temps, tu pourrais choisir l’évitement !

    – Je te promets qu’après la course, J’irai me reposer à l’ombre. Pour le moment, je vous laisse, je vais être en retard, le départ est à 15 heures.

    Mais il est 15 heures 30 !

    Pauvre Richard !

    Je me dis qu’on a un sursis avant sa prochaine trouvaille !

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Bonjour Mady !
      Ca fait plaisir de te voir ici ! C’est amusant et léger, je pense que c’est que tu voulais. Et surtout c’est très naturel or réussir un dialogue naturel, c’est très, très difficile. Donc bravo.

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      1. Mady Tabel

        Merci, Laure ! Un bravo qui me réconforte.Du coup, je retrousse les manches pour affronter la suite !

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  10. Aurore

    L’absence terrible qu’elle ressentit en cet instant tenace fut tel, qu’Amélie s’accrocha au petit rouleau de papier entre ses doigts, partant pourtant en fumée plus vite qu’elle ne l’aurait voulu. La brise soufflait si fort en ce début d’automne. Quelques brides de passé lui revinrent en mémoire : l’odeur de lavande de fin de l’été dernier s’emanant toujours de la veste que sa sœur avait porté il n’y avait pas si longtemps; à présent sur elle; la senteur des rouleaux à la cannelle et autres biscuits et tartes qui en cuisant dans le four de la grande demeure se rependaient à tous les étages; jadis; mais aussi les mèches de cheveux d’Ilana lui caressant le cou lors de leurs câlins d’amitié fraternelle. Des instants qui furent simples et anodins à l’époque mais qui, avec la situation actuelle et irréversible, rendait le passé plus incroyable que jamais et le futur plus horrible à présent !
    L’on aurait pu croire à un film de mauvais goût. Elle aurait préféré que sa vie et celle de sa sœur soit un navet ou une sitcom débile, en fin de compte. Mais non. Tout ce qu’elle vivait là, n’était rien d’autre qu’un film policier vu de l’intérieur de l’histoire.
    Écrasant le mégot, ou plutôt ce qu’il en restait, Amélie se précipita à l’intérieur du bar où depuis quelques temps déjà elle y déprimait. Parfois dans ses retranchements, mais néanmoins présente sur scène. Le choix qu’elle avait fait il y avait quelques mois à présent : celui de prendre le micro tout en se déhanchant très délibérément sur le rythme de la musique et du flot de couplets qui sortaient de sa bouche, et laissant apparaître plus de peau qu’elle ne devrait, à des clients de plus en plus friands de ses numéros de charmes. Elle y voyait là une manière d’oublier sa peine mais aussi, bien qu’elle ne semblait pas s’en apercevoir, qu’elle perdait totalement pied. Amélie plongeait non seulement dans l’inconnu en travaillant dans ce club mais pire encore, cela ne la sortirait pas de la merde psychologique et infernale dans laquelle elle se trouvait… et le mot était faible à comparer de la réalité.
    Elle était tombée bien bas depuis cet été là. Dans l’état d’esprit dans lequel elle se trouvait, donnait tout à fait raison au terme de « sexe faible » qu’employé la plus part des hommes du bar. Mais à chaque remarques désobligeantes, Amélie ne disait mot, elle restait comme figée quelques secondes, tout au plus, et finissait par s’impatienter de la fin de ces accoutumances.
    Le temps passait, depuis la disparition de sa sœur, mais Amélie ne parvenait pas à reprendre une vie quasi normale, ce ne fut pas faute de tenter d’y remédier… jusqu’au jour où ce flic entra dans le bar…

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Aurore, la chute est bonne : on a envie de savoir la suite.
      Et le personnage est bien vu dans sa psychologie.
      (Vous avez quelques fautes de syntaxe que vous repérerez facilement, je pense.)

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      1. Aurore

        Merci des compliments. J’ai du mal à voir ce qui ne va pas. Non pas que je pense le texte parfait, loin de là, mais je ne perçois pas mes erreurs. Les recevrais avec plaisir !

        Répondre
        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Par exemple, Aurore :
          L’absence terrible qu’elle ressentit à cet instant fut tel qu’Amélie s’accrocha au petit rouleau de papier entre ses doigts, qui partit en fumée plus vite qu’elle ne l’aurait voulu. La brise soufflait si fort en ce début d’automne ! Quelques brides de passé lui revinrent en mémoire : l’odeur de lavande à la fin de l’été dernier émanait toujours de la veste que sa sœur avait porté il n’y avait pas si longtemps et qu’elle portait à présent. Jadis, la senteur des rouleaux à la cannelle et autres biscuits et tartes qui cuisaient dans le four de la grande demeure se répandaient à tous les étages ; et elle se rappelait les mèches de cheveux d’Ilana qui lui caressaient le cou lors de leurs câlins d’amitié fraternelle. Des instants simples et anodins qui, comparés à l’irréversible situation actuelle, lui faisait paraître le passé plus incroyable que jamais et le futur plus horrible.
          C’est un exemple de ce qu’on peut faire pour corriger un texte : ça commence par enlever des mots. Ne laisser que le nécessaire, aller dans la précision. Le rendre plus direct pour le cerveau du lecteur. Ca consiste donc à ôter toutes les scories, les mots inutiles ou flous, et le rendre fluide. Si tu le lis à haute voix, tu verras la différence. Un texte fini doit pouvoir être lu à voix haute.
          Pour corriger le reste du texte de la même manière, pense surtout à être précise au mot près sur ce que tu veux exprimer. Pas de flou, d’à-peu-près, c’est la clef.

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          1. Aurore

            Merci ok je comprends. A quelques endroits le flou est voulu. C’est un fait exprès pour laisser l’imagination car moi même, sur ce texte en tout cas, je ne sais pas où je vais du tout. Je lis les mots donnés et je laisse filer les mots.
            Par exemple sur la lavande de fin d’été, oui on sait tous que la lavande fleurie en été mais la senteur du début de floraison et celle de fin n’est pas identique. Ce n’était peut-être pas le détail le plus important, bien que ça indique au lecteur que sa sœur était encore présente dans sa vie à ce moment, on comprend donc que fin août-début septembre Ilana était là. Je me répète là je le sais !
            Il y a certaines phrases je comprends ce que tu veux dire. Merci

  11. VINCENT

    Bonsoir,
    n’ayant jamais écrit, j’ai voulu tenter l’expérience et essayer de m’y mettre. Je ne connais absolument pas les règles d’écriture mais, j’apprendrai…
    Voici le texte selon le défi lancé. En espérant avoir respecté la consigne.

    Merci aux autres pour les textes postés, je me suis régalée. Variés et enrichissants!

    Mamaaaaaaaaaaaaa !… Mamaaaaaaa !!!!!! Ouin … Ouin …
    La pluie fouette la fenêtre de la chambre de toutes ses forces. L’arbre claque ses branches avec fracas tandis que les feuilles virevoltent en une chorégraphie non mesurée sous l’effet de puissantes bourrasques. Les gouttes d’eau dégoulinent sur la vitre en chemins incertains telles les larmes de l’enfant terrorisé.
    Palmito se sent si seul. Le froid commence à titaniser tous ses membres.
    Pourquoi n’arrive-t-elle pas ?!
    Une profonde tristesse l’envahi. Les oreilles rabattues, la queue enlaçant ses pattes, il commence à trembler. Mais voilà que la porte grince. Une silhouette céleste apparaît. Avec une grâce incroyable, elle entre dans la chambre sans un bruit. Ses pas effleurent le sol jusqu’au berceau. Elle s’incline alors au-dessus de son enfant et l’attire dans ses bras. Instantanément les pleurs cessent. Seul le bruit du déluge persiste. Palmito en a le souffle coupé. Quel soulagement ! Comme si les caresses données à l’enfant lui sont destinées, il sent ses poils tressauter au contact de cette main chaleureuse. Sur la tête, puis entre les oreilles. De haut en bas, puis le mouvement devient plus insistant. Et une petite gratouille derrière l’oreille. Là où ses poils sont tous doux. Tout le monde le dit… Qu’est-ce que ça fait du bien ! Ses yeux se ferment comme pour mieux apprécier ces sensations. Il a quitté la réalité, perdu dans ses pensées… …
    Sol … … sol … …
    Si… … …
    Ces notes… sol sol sii … Cette tonalité … sol si mi réééé do doo siii … Ce rythme… Quelle mélodie douce et réconfortante ! La voix est limpide, mélodieuse, vibrante.
    Il se rappelle. Cette valse … de Brahms… elle le berçait lors de ces longues journées de solitude à attendre le retour tant désiré. Le chant de cette maman a le même effet sur son bébé. Les sanglots sont apaisés, le calme et la sérénité retrouvés.
    Palmito apprécie ce moment de plénitude. Quel bonheur de se blottir dans les bras rassurants de sa maman ! Il se souvient ces effluves de pêche et clous de girofle qui embaumaient la pièce. Lorsqu’elle était là tout allait bien. Elle, c’est Lena, sa maman d’adoption. Celle qui lui a appris tant de choses. En sa présence il dormait sur ses deux oreilles. Ce panier anti-stress similaire à un nuage posé à terre était si agréable. Rien ne pouvait interrompre son sommeil. Rien sauf … le clic. Et oui… LE clic…
    _Hop, hop, hop, branle-bas-de-combat, maman a sorti l’ouvre boîte ! Miam ces bouchées au canard ! Alors surtout je me retiens, je reste sagement assis… Allez vite vite vite ! Pourquoi lui faut-il tant de temps pour me servir ?… Grrr… je suis si impatient ! Que ça sent bon !!! Ne pas sauter… Surtout ne pas sauter sinon la gamelle remontera… et… srunch ! srunch ! Quel délice !
    Snif, snif… Mais quelle est cette odeur nauséabonde ? Qu’a-t-elle mis dans ma pâtée ? C’est à croire qu’elle y a mélangé des mégots. Pouah ! C’est une puanteur !
    _… Palmito…. Eh oh ! Palmito ! M’entends-tu ?…
    _Ahhhhhhhhh ! Que se passe-t-il ???
    Les hurlements résonnent dans la grande salle rouge carmin. Y succèdent de nombreux « Chut » agacés.
    Palmito manque de tomber de son siège, se rattrape de justesse en effectuant une pirouette digne d’un chien de cirque. Une fois l’équilibre rétabli, il se retrouve face à une grosse tête noire ornée de deux sourcils couleur fauve. Truffe contre truffe de grands yeux marrons aux paupière tombantes le regardent. Le regard plongé dans le sien oscille entre surprise, inquiétude et questionnement. Pour éviter des représailles de ses voisins de siège, Palmito chuchote alors le plus discrètement possible.
    _Chantal ? Mais que fais-tu là ?
    _Nous avons une urgence Palmito.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Mais c’est bon, Camille, vous avez bien fait de tenter ! La chute m’a fait rire. Ce Palmito est sympathique, et on sent bien ses problématiques de chien ! Continuez à écrire, ça en vaut le coup ! Je ne dis pas la peine, car mon petit doigt me dit que vous vous êtes bien amusée et que vous n’avez pas souffert en écrivant ce texte.

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  12. El Hakimi Eléonore

    Elle se grille six clopes, les unes après les autres en attendant ce bâtard. Pas grave. Ca fait vingt ans qu’elle l’attend. Elle poireautera encore jusqu’au bout de l’enfer s’il le faut.
    Elle le reconnaîtra, c’est sûr, du premier coup d’oeil. Il aura vieillit mais elle écoutera ses tripes et son dégoût. Elle est habituée, elle vit dans l’écoeurement depuis cette rentrée de septembre, un mauvais jour de l’année 1998.
    Y’a pas de bruit autour d’elle, elle claque des dents. Peut-être la rage, peut-être le manque.
    C’est concret.
    C’est maintenant.
    C’est tout de suite.
    Vingt ans que ça lui trotte dans le crâne, que ça lui perfore le cerveau. Vingt ans que ça la travaille, que ça la nourrit. Vingt ans que ça la construit, vingt ans que ça la pourrit !
    C’est pas une scène qu’elle va jouer, là, c’est la vraie vie. La vraie vie avec un vrai couteau ; le couteau de boucher qu’elle tient dans la poche. Un couteau qu’elle va retourner dans la plaie de ses souvenirs, de ses flashs.
    Elle a huit ans, il en a cinquante. Elle a huit ans. Elle n’avait que huit ans.
    Elle répète : « Je ne suis plus une petite fille, je ne suis plus une petite fille… »
    Elle tire une longue taffe et recrache. « Je ne suis plus une petite fille. Je ne suis plus une petite fille car c’est moi qui vais le pénètrer. »

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Eléonore,
      Ouf ! C’est cru, c’est violent, c’est abrupt, c’est ramassé, et c’est très bon. Pas littéraire au sens classique mais ça claque ! J’aime aussi la mise en page qui est une mise en scène aussi. Ces retours rapides à la ligne qui intensifient le rythme. Je suppose que vous écrivez à l’instinct. Votre instinct a l’air bon, continuez à le suivre.

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      1. El Hakimi Eléonore

        Oui, c’est vrai Laure, grâce à Céline, on n’est plus obligé de faire du littéraire au sens classique. Ca ouvre plus d’horizon, on n’est plus figé ou anesthésié par le seul but de faire de la phrase bien construite. Je crois que j’ai envie de faire le deuil de la phrase parfaite, ça enlève énormément de complexe et ça facilite le travail.

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        1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

          Eléonore,
          Les seules limites finalement sont celles de la syntaxe de façon à être clair (encore qu’on puisse en jouer mais là il faut être pertinent), compris immédiatement, celles du goût aussi. Avec une écriture comme celle-ci, on peut déplaire davantage qu’avec une écriture plus classique. Mais c’est à l’auteur de choisir ses goûts, son ton, son style. Au lecteur de décider s’il embarque ou non. Il y aura toujours des lecteurs pour embarquer.
          Le terrain de jeu est illimité en écriture, profitons-en.
          Et je vous rejoins : l’idée de la production parfaite, en quelque domaine que se soit d’ailleurs, est paralysant.
          Par contre, l’idée de tout faire pour être le meilleur possible dans ce qu’on a choisi de faire, de progresser, alors là, ça nous fait avancer.

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  13. El Hakimi Eléonore

    Bonjour Laure, c’est amusant parce que votre thème reprend exactement le début d’un roman que j’ai tenté d’écrire et qui dort dans un tiroir(enfin le tiroir, maintenant ça s’appelle un disque dur…) J’espère que je peux l’insèrer ici mais merci déjà, parce qu’en le relisant pour le poster sur votre site, ça m’a donné envie de le reprendre. Merci à vous.

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  14. Justine I

    Bonjour à tous, oups, je ne suis pas dans le bon timing, mais je participe tout de même avec grand plaisir !

    « Bobby est mort » dit calmement la voix au bout du fil.
    Non, ce n’est pas possible. Pas lui. Le visage blême, Ella sent les larmes lui monter aux yeux. Sa main lâche fébrilement le combiné qui retombe lourdement à ses pieds. Les lèvres tremblantes, elle se fait violence pour ne pas hurler. Ce pauvre Bobby était le seul à savoir. Ella sent la panique la gagner. Non, non, je refuse d’y croire. Astrid, il faut que j’appelle Astrid. Que je la prévienne !
    Dans un mouvement maladroit, Ella récupère le téléphone à terre et compose à la hâte le numéro de sa soeur. Plusieurs tonalités, puis,
    « Allo ?»
    « Astrid. Il est mort. Ils l’ont tué. »
    Pas de réponse.
    « Tu es la ? » fit Ella le souffle court,
    « Oui… j’ai entendu. Les salauds, lâche t-elle froidement. Ils le paieront. »
    « Astrid, tu sais ce qu’il nous reste à faire maintenant que …, » Ella retient ses sanglots, « maintenant que Bobby est mort. C’est le moment de prendre les choses en main, on n’a plus le choix .»
    Ces mots résonnent lourds de sens. Elles n’ont rien oublié, malgré les années.
    « J’arrive, je serai chez toi dans une petite heure » dit Astrid. Elle raccroche.
    Prise d’un profond désespoir, Ella reste un long moment à fumer, debout, sans un bruit. Dehors, une tempête fait rage. La nuit sera mouvementée.

    La sonnerie de l’entrée retentit. Ella se précipite pour ouvrir la porte. Dans la pénombre, une silhouette se tient debout sur le perron. Ne laissant pas à Ella le temps de réagir, la silhouette s’avance vers elle, la saisit violemment par le bras et l’emporte à l’intérieur. En une fraction de seconde, la porte se referme derrière eux.

    A ce même instant, sur le trottoir d’en face, le Louxor, comme chaque mercredi, attire une foule de gens, tous impatients de voir le nouveau film de la semaine. Des enceintes diffusent une mélodie couvrant à peine les bavardages et les éclats de rires. Personne ne remarque le drame qui se déroule de l’autre côté de la rue.
    Quelques jours plus tard, la police interrogera plusieurs personnes présentes dans le quartier ce soir la, en vain. Ella est portée disparue. Et il n’y a aucun témoin.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Ha ha, Justine, que de suspense ! Il y a du rythme.
      Peut-être devriez-vous vous faire le cadeau d’écrire la suite…

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      1. Justine I

        🙂 oui j’ai bien envie de continuer l’histoire !

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  15. Anaïs

    Bonjour, après un long moment de réflexion, j’ai décidé de me lancer officiellement dans l’écriture afin de réaliser une idée de roman que j’ai en tête. J’ai tout à apprendre, et j’ai donc commencé à me documenter. Merci pour votre site, vos conseils, et vos défis dans lesquels je me lance. Voici donc mon tout premier texte :

    En regardant par la fenêtre, Mike se rendit compte que le mois de novembre été déjà là. Des feuilles aux multiples couleurs automnales tapissent le sol du parking de l’hôpital Saint André. Cela fait une éternité qu’il n’a pas pris le temps d’observer ce qu’il se passe dehors. Depuis que Jane est tombée malade, tout a basculé. Rendez-vous, sur rendez-vous, chez le généraliste, le cardiologue, le psychologue, et tout un tas d’autres spécialistes en « ogue », qui ramènent tous leurs sciences, mais qui ne comprennent pas d’où vient le mal de son épouse. Le verdict est tombé il y a un mois, c’est le cœur qui doit être remplacé. Par grande chance un organe compatible s’est présenté à eux plus vite que prévu. Cela fait donc quelques heures que ce grand costaud patiente seul dans cette pièce terne et trop chauffé à son goût.

    Il y en a encore pour un moment, alors il décide d’aller se dégourdir les jambes, et de s’en griller une. En se relevant il repose le magazine d’économie sur la table avec les autres, et attrape son manteau sur la chaise. A la sortie de la salle il prend les premiers escaliers et arrive dans le couloir principal qui mène rapidement à l’entrée.

    Enfin arrivé dehors, il prend une grande bouffée d’air frais et apprécie la brise sur son visage. Il est impressionné par le calme environnant comparé à l’intérieur, prenant seulement conscience que le brouhaha du personnel qui se déplace additionner au bip des machines de chaque chambre, et de cette fichue pendule mécanique au-dessus de sa chaise, lui tapé sur le système ! Il reste là quelques minutes le regard dans le vague et allume enfin sa précieuse addiction. Il ne prend aucun plaisir dans ces aspirations mortelles qui d’habitude l’apaise, et fini par écourter sa pause récréative.

    De retour dans le hall principal les bruits d’activités de l’hôpital reprennent vie, et au loin il entend un air familier. Il décide de s’en approcher plus et prend le couloir opposé au sien. En arrivant près d’une chambre à la porte ouverte, il reconnait ce tube de Mariah Carey « All I want for chrismtas is you ». Jane la passe en boucle chaque jour de décembre. Sa passion pour Noël est restée intact depuis l’enfance. Chaque année elle le force à l’accompagner voir le nouveau navet saisonnier sur grand écran, et pour la première fois, il se mit à espérer qu’il ait la chance de pouvoir l’emmener voir le film de cette année. De revoir son visage émerveillé à la sortie de la salle, son sourire complice quand il lui ment en disant qu’il a aimé, et sentir la chaleur de sa main quand elle la glisse amoureusement dans la sienne en regagnant la voiture sur le parking.

    Sa gorge se serre, les larmes lui montent aux yeux. Son téléphone vibre dans sa poche, c’est le cardiologue, Dr Bernard :

    – On a besoin de vous tout de suite !

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Anaïs,
      Hé bien, bravo pour votre décision! Je ne peux que vous encourager à poursuivre l’aventure.
      Si vous n’avez pas téléchargé le manuel sur le blog, surtout faites-le car vous y trouverez les étapes indispensables pour écrire un roman.

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