Bureau d’écrivain : et toi, où écris-tu ton roman ?

Le bureau d’écrivain : un lieu intime qui en dit long. Où écris-tu ?

 

Ecrire un roman ou toute autre œuvre, littéraire ou non, c’est d’abord se créer un espace mental dégagé des soucis quotidiens, puis aussi un espace physique où rédiger, créer, imaginer, tenter, retoucher, s’exprimer, rêver, rechercher, composer, se retrouver, être soi, oser.

Alors évidemment, dégager de l’espace mental, ce n’est pas toujours évident. C’est savoir s’écouter et surtout écouter son silence. Parvenir à un état qui s’approche du vide où les idées naissent. La création s’exerce infiniment mieux quand on laisse son inconscient s’exprimer. Et le conscient prendre le relais pour mettre en forme, en mots, en idées, en images ton imagination. Cet espace mental qu’il faut créer en dégageant tout ce qui l’encombre -fausses croyances, doutes, peur, complexes, manque de foi en soi, en ses capacités, ses compétences, son talent- afin de pouvoir le laisser s’emplir d’idées, de pensées, de créations neuves, je sais qu’il est difficile à atteindre. Et pourtant il amène au flow, cette grâce de l’écrivain.

On peut s’aider en commençant déjà par se créer un espace physique, bien matériel, où nous nous retrouverons chaque fois que nous désirons écrire. Car posséder cet espace à soi- Une chambre à soi, avait écrit Virginia Wolf qui savait de quoi elle parlait, livre génial dont je te conseille la lecture- c’est te sentir en sécurité et légitime pour écrire. Et cette notion de sécurité a une immense importance pour ton cerveau. Il aime la sécurité. Ecrire un livre, un roman, de la poésie, est pour lui considéré comme une prise de risque ! Un danger ! Et oui, le cerveau reptilien ne s’occupe que de notre survie. Pour lui, écrire est inutile, voire dangereux. C’est pourquoi tant de gens se sentent si mal à l’aise devant leur page blanche. Du moins, je le crois. Seul un neuroscientifique pourrait étayer cette idée. C’est l’expérience qui me fait penser comme cela, rien d’autre qu’une longue expérience. Quoi qu’il en soit, je reste persuadée que si tu crée un espace physique où tu te sens bien, tu seras beaucoup plus à même de créer un espace mental pour écrire librement et avec davantage de créativité.

Ta chambre à toi, comme l’appelait Virginia Wolf, peut être ta chambre, un café, ton bureau, ton salon, un banc dans un parc, peu importe. Ce qu’il faut c’est que tu crées une habitude de t’y sentir à l’aise afin de déclencher en toi une émotion agréable, inspirante qui te pousse immédiatement à écrire. Créer ce qu’on appelle un ancrage.

Je te propose donc une virée dans l’univers intime des écrivains. A quoi ressemble, à quoi ressemblaient leur bureau, ce lieu d’épanouissement de leur créativité ?

 

Le bureau d’écrivain de Romain Gary-Emile Ajar

 

Romain Gary-Emile Ajar

 

Le bureau de Romain Gary, l’homme aux deux Goncourt et à la Croix de guerre, consul de Los Angeles, époux de Jean Seberg,  bref homme de génie et écrivain de génie, l’un de mes préférés. Dans son bureau un panneau de photos de lui et Jean Seberg. Et un très grand bureau où s’étaler. Des objets personnels. Bref, un lieu bien à lui plutôt moderne. La photographie a certainement été prise dans les années 70. Le bureau d’un homme installé dans sa vie et son époque.

 

Le bureau d’écrivain de John Irving

 

John Irving

 

Immense bureau pour John Irving en plein boulot, et on sent effectivement le lutteur (la lutte est son sport de prédilection et il semble bien écrire en débardeur de sport.) Tous ces tas de pages, cette énorme vieille machine à écrire, ce livre à la main qui est peut-être un dictionnaire, paraissent indiquer une lutte avec les mots. Et le regard est celui d’un homme surpris dans sa concentration. Des photos dans des cadres aussi pour se sentir relié à sa famille, au monde. J’allais dire au Monde selon Garp !

 

Le bureau d’écrivain d’André Breton

 

André Breton, 1960

 

André Breton, le pape du surréalisme, avait une collection extraordinaire de masques et statues amérindiens, africains, océaniens, esquimaux, des tableaux de ses amis surréalistes, des ex-votos, et mille autres objets provenant de civilisations premières ou d’apparence étrange. Le magnifique mur de son atelier-bureau était un hymne à la culture, la poésie, l’étrangeté, l’inconnu, le surréalisme bien entendu. André Breton s’était crée un espace absolument à lui, unique. On ne le voit pas sur la photo mais sur d’autres murs quantité de livres évidemment.

Pour te dire la vérité, ce bureau n’est pas sans me rappeler… le mien, à la fois atelier de peinture, salon, et lieu de mon écriture quand je n’écris pas dans… mon lit !

 

Le bureau d’écrivain de Charles Dickens

 

Charles Dickens

 

Un pupitre, une horloge, des plumes à écrire dans un espace réduit, un coin presque obscur. Petit et austère, sans chichis, ce bureau semble chuchoter que tout se passe dans l’esprit et qu’il n’est nul besoin de grands arrangements pour se mettre à imaginer et écrire. De la simplicité ! Et peut-être un manque de moyens financiers car ce bureau doit celui des débuts de sa vie car Charles Dickens devint rapidement célèbre et argenté.

 

Le bureau d’écrivain d’Elsa Triolet

 

Elsa Triolet

 

Bourgeois avec ses meubles en bois foncé et ses livres, confortable avec son tapis et même un repose-pieds, féminin aussi avec cette table galbée aux courbes marquées, le bureau d’Elsa Triolet, grande romancière française d’origine russe malheureusement bien mal lue en France, et que je te conseille de lire, épouse de Louis Aragon, se situe au moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines. Dans ce magnifique lieu au calme dans un parc de 6 hectares, Elsa Triolet aimait à travailler avec son époux dont le bureau, séparé, était bien sûr différent. Ce qu’il y avait de russe encore en Elsa se voit à la présence du superbe poêle. Le silence, le calme et la proximité de la nature, conditions merveilleuses d’écriture, sont palpables dans l’atmosphère feutrée.

 

Le bureau d’écrivain de Georges Simenon

Georges Simenon

 

Simenon, l’écrivain au plus de 400 livres, était un maniaque de la pipe en écume, un collectionneur. Sur le mur un râtelier fourni de pipes, sur le bureau un assortiment qu’il aimait classer à sa manière. De l’ordre, beaucoup d’ordre. Et presqu’autant de place pour les pipes que pour écrire ! Il pouvait écrire ses Maigret en 7 jours, ce qui me laisse toujours sans voix ! C’était un homme méticuleux et ordonné jusque dans sa création littéraire, œuvre immense.

 

Le bureau d’écrivain d’Ernest Hemingway

 

Ernest Hemingway

 

Hemingway préférait comme Victor Hugo le pupitre. Travailler debout, bouger, ne pas s’endormir. C’est sportif et ce n’est pas pour tout le monde. Mais cela correspondait bien à l’image virile et sportive de chasseur qu’Hemingway se faisait de lui-même. Et à l’extérieur, en plein air, vue sur le jardin de sa splendide maison de Key West.

 

Le bureau de scénariste d’Alfred Hitchcock

 

Alfred Hitchcock

 

Alfred Hitchcock était un réalisateur génial mais aussi un scénariste aguerri. Il avait du reste commencé sa carrière par la rédaction de scénarios car il était doué pour l’écriture. Et c’était un homme qui aimait boire. Et manger. Trop, beaucoup trop. Ecrire sur un comptoir bien garni d’alcool, il fallait y penser, n’est-ce pas ?

 

Le bureau d’écrivain de Jane Austen

 

Jane Austen

 

Ce n’était facile d’être Jane Austen. Ecrivaine au XIXème siècle, quelle aventure ! En cette époque où les femmes étaient considérées au mieux comme de ravissants objets, au pire comme des bêtes de somme, elle eut cependant la chance de naître dans une famille qui la soutint dans ses aventures littéraires. Une famille cultivée, ouverte, une rareté en somme. Mais il faut croire que la pression sociale en Angleterre n’était pas mince car elle préféra passer sa vie dans un quasi anonymat même si les gens les plus cultivés lisaient ses livres. Je ne suis donc pas surprise par ce minuscule guéridon tellement humble et discret.

 

Le bureau d’écrivain de Jean Giono

 

Jean Giono

 

Sous les toits de sa maison à Manosque, Jean Giono avait, paraît-il, une belle vue sur la nature. Des livres, de la lumière, une immense cheminée pour l’hiver et le plaisir des pignes qui craquent dans le feu, des fauteuils énormes et confortables où fumer sa pipe, un divan pour la sieste, tout respire le confort, la campagne bien aménagée, la simplicité sans frugalité et le silence. Une parfaite demeure d’écrivain. La table en elle-même n’a pas l’air d’un bureau et ne sent donc pas la transpiration. Et Giono le disait, il écrivait pour le plaisir. S’il ne prenait pas de plaisir, il arrêtait. Un jouisseur tranquille, un pacifiste convaincu, et l’un de nos plus grands écrivains écrivait ses romans dans un lieu qui respirait la tranquillité et l’harmonie.

 

Le bureau d’écrivain de Joseph Delteil

 

Joseph Delteil

 

Ah, le bureau de Joseph Delteil ! C’est quelque chose, n’est-ce pas ! C’est énorme et incroyable. Un foutoir complet et chaleureux avec son grand poêle. A nos yeux du moins. Car il s’y reconnaissait certainement comme tous les artistes qui vivent dans un lieu encombré. Les livres, la culture, voici ce qui importe semble tonner ce bureau. Qui me semble plus proche d’un atelier que d’un bureau mais qu’importe : Joseph Delteil était dans son royaume.

 

Le bureau d’écrivain de Louis Aragon

 

Louis Aragon

 

Bourgeois, confortable, tapis, bibliothèque, vaste cheminée, c’est un bureau d’écrivain qui a réussi. La table n’est toujours pas une table de bureau comme chez la majorité des écrivains car ils n’aiment en général pas les bureaux : cela sent la sueur, le fonctionnariat, le travail de routine et non l’art, la création, la fantaisie. Ce bureau-ci est une simple table de ferme sans aucune prétention. Les bureaux d’écrivains sont rarement prétentieux. La corbeille est d’osier tressé, tout cela sent à la fois l’écrivain installé et la simplicité est mêlée au raffinement. C’est ordonné, et les objets rouges et noirs assortis ont l’air par contre beaux et luxueux. Tout est pensé ici, rien n’est laissé au hasard. Aragon, que je considère comme notre plus grand poète avec Hugo, devait entrer dans son antre comme dans un cocon. L’ambiance est très protectrice, et les sons atténuée, j’imagine, par les tapis.

 

Le bureau d’écrivain de Martin Amis

 

Martin Amis

 

Désordre et même un certain délabrement, du laissez-aller, divan déchiré, livres jetés à terre, verrière encombré de vieilles feuilles d’arbres. Cela sent la création, l’atelier, la recherche, le lieu bien à soi, rien d’ostentatoire. C’est avant tout un lieu de travail, de recherches. On y va pour produire, pas pour se trouver dans un lieu esthétique. Ce qui n’empêche pas que la verrière en fait un endroit sympathique. Et ça va bien à l’univers déchiré et grinçant de Martin Amis.

 

Le bureau d’écrivain de Michel Déon

 

Michel Déon

 

Des livres, des livres, des livres. Des photos, des objets personnels. Un antre dédié au travail, à la culture. Tout semble frappé du sceau de la culture. Et cultivé, Michel Déon, excellent écrivain, l’était extrêmement. Autant qu’un bureau, cette pièce est une bibliothèque.

 

Le bureau d’écrivain de Nick Cave

 

Nick Cave à Berlin, 1986

 

Minuscule, on ne peut s’y tenir debout. Pourquoi ce trou en guise de bureau ? Nick Cave seul pourrait nous le dire. Je suppose qu’il y écrivait par terre, assis sur le duvet. C’est un lieu étrange qui me rendrait vite claustrophobe. En même temps, de la part de ce chanteur, auteur, écrivain, scénariste, romancier déjanté, accroc à la drogue et l’alcool, je n’attends rien de très classique. Comme quoi la création est partout et les lieux de création que nous choisissons sont bien les reflets de notre personnalité.

 

Le bureau d’écrivain de Stephen King

 

Stephen King

 

Un bureau qui est un vrai bureau ! Moche et fonctionnel. Utilitaire. Même pas franchement confortable. Bas de plafond, et l’espace où l’écrivain se meut est minuscule. Mais ça sent le travail acharné, l’écriture sans concession ni répit. Et je respecte ça ! Des piles de feuilles partout, des livres, et même la présence d’un chien. J’aime la pose décontractée de l’artiste les pieds sur la table. Ma foi, Stephen King est bien le roi de son petit monde et je trouve qu’il y a l’air très à l’aise.

 

Le bureau d’écrivain de Tom Wolfe

 

Tom Wolfe

 

Absolument ostentatoire comme son propriétaire, dandy absolu, le bureau de Tom Wolfe a été construit sur mesure pour lui. C’est clairement un espace à sa gloire. Les deux abat-jours sont surmontés de chapeaux blanc -Tom Wolfe ne se déplaçait jamais sans le sien-, deux affiches le représentent, et sur le mur un patchwork de chapeaux nous fait un clin d’oeil. Tout cela ne manque pas d’allure et d’humour, comme une légère auto-ironie et parodie de lui-même. Les meubles sont cossus, la moquette de qualité, les murs couleur XVIIIème, c’est un abri snob, élégant, agréable qui va bien au dandy qu’il était et qui nous a quitté il y a peu de temps. Et l’ironie, voire la provocation, Tom Wolfe connaissait bien…

 

Le bureau de chercheur d’Albert Einstein

 

Albert Einstein

 

Einstein n’était pas à proprement parler écrivain, tu le sais. Mais il avait une excellente plume comme en témoignent ses lettres et son livre Comment je vois le monde. Le tableau noir pour les calculs, et un bazar où seul lui pouvait se reconnaître : cela sent le bouillonnement intellectuel, la créativité ; pas de temps à perdre en rangements stériles !

 

Le bureau de poète de Dylan Thomas

 

Dylan Thomas

 

Le lieu est petit et charmant, tout en bois. Les meubles simples et rustiques. Le tout rouge et vert, couleurs complémentaires. Pas de corbeille, les ratages chiffonnés à terre, du désordre : là aussi, pas de temps pour le rangement. Plutôt créer, c’est tellement plus intéressant. Dylan Thomas, le poète et écrivain gallois ne fit pas de vieux os : 39 ans. Il faut dire qu’il avait beaucoup bu. En regardant bien, ne serait-ce pas une bouteille d’alcool vide sur le bureau ?

 

Le bureau d’écrivain de Jack Kerouac

 

Jack Kerouac

 

C’est à peu près rangé et c’est laid. Fonctionnel et sans charme. Avec un horrible meuble de bureau en métal. Aucun style, aucun effort esthétique. Mais des signes religieux partout. C’est très déroutant car je trouve que c’est d’aspect médiocre, cela a une allure d’appartement petit-bourgeois. J’ai adoré l’inoubliable Sur la route. Mais le bureau de Jack Kerouac ! Je pourrais difficilement écrire dans cet endroit. Ce meuble en métal ! Décidemment, cet écrivain formidable n’a pas fini de me surprendre. C’est si éloigné de son écriture qui sent la poudre ! Ce bureau sent la bondieuserie à deux sous et la petite bourgeoisie !

Mine de rien, nous venons d’entrer sur la pointe des pieds dans 20 bureaux d’écrivains. Presque toutes les pièces ont l’air correctement éclairées par une grande fenêtre, presque toutes contiennent des objets personnels et des bureaux qui sont de simples tables. Des bureaux qui ressemblent à des bibliothèques, des ateliers d’artisans, jamais à des bureaux d’institutions, de bureaucrates, d’entreprises. Tout est personnel, choisi, intime.

Et toi, où écris-tu ? Quel est ton lieu de prédilection ? Tu peux nous le partager en commentaire. Je trouve la rentrée propice à aménager ou réaménager un lieu où nous sommes vraiment à l’aise pour écrire, un lieu qui nous ressemble absolument, un lieu où la création littéraire nous devient une évidence. A toi de jouer !

 

 

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Recherches utilisées pour trouver cet article :au lieu de dire tu peux écrire

13 Commentaires

  1. Fay Sylvette

    Contente de te retrouver, Laure! Justement, je me disais qu’on ne te voyait plus!(Rassure-toi, je comprends bien que tu as une vie…aussi!).Moi qui aime connaître les petites et grandes habitudes des écrivains, je suis comblée. J’adore l’univers de Romain Gary,je panacherais avec la cheminée et la fenêtre ouverte sur la nature de Giono, et ce serait le bonheur!
    Moi, les circonstances font que j’écris dans un patit salon, sur une petite table (genre Jane Austen).Je sens bien que je n’y suis pas en sécurité(tu as raison!…à mes yeux, c’est primordial), je voudrais un petit cocon qui me protège, et en même temps ouvert sur la vie…Que je sente qu’elle est à portée de main et que je n’en suis pas exclue.
    Mais…j’écris! J’ai longtemps reculé,rebutée justement par cette intimité avec moi même si difficile à installer, et puis j’ai franchi le pas, me disant que si j’attendais que les difficultés disparaissent, je ne ferais jamais rien….Et je m’en félicite.
    Aide-toi et le ciel t’aidera,dit-on!
    J’attends…J’ai fait ma part. A toi, maintenant,Dieu!(lol)
    Pourquoi ne montrerais-tu pas ton bureau?…une petite photo, Laure?
    Bonne journée et bisous
    Sylvette

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Ah, ah, Sylvette, j’ai bien pensé à montrer où j’écris -lieu qui surprendrait, je pense- mais je n’ai pas osé : à côté de tous ces grands écrivains, je me serais sentie ridicule, prétentieuse pour tout dire. En même temps, je crois que c’est une idée valable parce que c’est une bonne manière d’être plus proche de mes lectrices et lecteurs. Peut-être que je vais le faire alors. Peut-être un article où je dévoilerais un peu les dessous de ce que je fais et comment ? Je vais y réfléchir.
      Oui, il faut foncer, s’y mettre c’est tout. Relever les manches et écrire. Le moment propice n’existe pas virtuellement, il faut juste le créer. C’est ce que tu as fait : tu as commencé. Maintenant, la deuxième épreuve est de poursuivre. Ne pas laisser tomber. Il y aura des chausse-trappes mais la persévérance est la mère de bien des vertus ! Le ciel t’aidera, c’est certain.
      Si tu as une petite table genre Jane Austen, peut-être que la déplacer suffirait à créer la sécurité. Soit dans un coin de la pièce, le mur derrière toi, ou soit n’importe où dans la pièce mais toujours le mur derrière toi, et toujours de façon à voir distinctement la porte de la pièce. Et si possible face à une fenêtre. Toujours être dos au mur, toujours voir la porte car c’est très important pour la sensation de sécurité que le cerveau contrôle les entrées et sorties dans la pièce. Et si en plus tu peux créer de l’espace en laissant ton regard errer par une fenêtre de temps en temps, c’est presque le jackpot.
      La pire des configurations est d’être face à un mur avec une porte dans ton dos. A éviter absolument.
      Bonne soirée, bises

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  2. Hiéra

    Je m’installerai bien à celui de Jean Giono…
    Région parisienne oblige, mon bureau est dans la pièce à vivre, et c’est aussi là que je mange bien trop souvent… C’est un peu le bazar, mais effectivement c’est très personnel, avec quelques objets que j’aime bien, quelques livres que je suis en train de lire (et beaucoup trop de plaquettes de chocolat).
    Question lieu d’écriture plus insolite, j’aimais aussi beaucoup écrire en cours lorsque j’étais encore étudiante…
    Merci pour cet article !

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Hiéra, le bureau de Giono sous les toits est tellement cosy ! Confortable, voilà le mot. Et de l’espace, et de la vue sur la nature. Parfait, quoi.
      J’ai écrit partout dans ma vie, et j’écris encore assez facilement dans le bus mes articles du blog ! Pas celui-ci toutefois. Le bus imprime à ma pensée un mouvement particulièrement bien adapté à l’écriture d’articles ! J’écris partout, plage, train, tapis, nature, peu importe. Rarement dans les cafés cependant : trop bruyants. Mais chez moi, comme chez toi, c’est très personnel. Et je suis aussi portée sur le chocolat noir. Aujourd’hui par exemple… mais chut, je me tais !

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  3. Christine

    Ravie de retrouver « mon » blog Laure ! J’aime beaucoup le bureau de C. Dickens. Ce n’est pas le plus beau mais Il est enveloppant. Sauf que je ne me serais pas mise face au mur. Celui de Jane Austen est effectivement pour le moins exigu. J’aime beaucoup cette romancière, même si dans « raison et sentiments  » elle me perdait souvent dans ses phrases beaucoup trop longues, et que je n’ai pas terminé « Mansfield park ». Entre la harpe de mademoiselle Crawford et les améliorations à porter au domaine de Mr Rushworth si mes souvenirs sont exacts, un dialogue futile qui semblait ne pas avoir de fin, j’ai lâché l’affaire. Il n’empêche qu’elle demeure une auteure que j’apprécie. Quant à moi, je me suis aménagé un petit coin sympa, mais n »ai pas pour autant été touchée par la grâce du « flow » et encore moins par le silence intérieur. Alors je fais de mon mieux avec mes tumultes ☺

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Face au mur, c’est une mauvaise configuration, Christine. Beaucoup de gens installent leur bureau comme cela sans se douter qu’ils se coupent les ailes, même pour faire de la simple comptabilité ! C’est un peu comme ces cuisines qui m’exaspèrent parce que l’évier est placé sous la fenêtre au lieu de la table où l’on mange ! Qui regarde par la fenêtre en faisant sa vaisselle ? Alors qu’on peut regarder par la fenêtre en mangeant !
      Le silence intérieur me quitte de moins en moins ; ma solitude y est sans doute pour beaucoup. C’est peut-être aussi une défense contre ce qui me déplaît en ce monde, une forme de protestation pacifique qui n’engage que moi. Je m’y enfonce de plus en plus. Je ne sais pas encore où ça me mènera mais j’y vais !
      Les tumultes ont aussi une force : ils ont des choses à dire. Des choses qui peuvent devenir littérature.
      Tiens-moi au courant de tes pérégrinations dans l’édition si tu en as envie.

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  4. Christine

    Celui de Dylan Thomas m’irait aussi. Enveloppant et moins austère

    Répondre
  5. Christine

    Bien sur que je te dirai Laure pour mon bouquin. Je ne l’ai pas encore peaufiné, et puis en ce moment j’ai un autre projet qui m’occupe beaucoup l’esprit.

    Répondre
  6. Christine

    Bonjour Laure, peux-tu me conseiller s’il te plait ? Est-ce que tu trouves cette phrase lourde ?
    « De squelettiques réverbères, qui d’une affligeante lumière jaunâtre éclairent la rue somnolente, y sont de part et d’autre alignés « .

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Bonjour Christine, on ne comprend pas si tu veux dire que les réverbères sont squelettiques et alignés ou si tu veux dire qu’ils éclairent la rue somnolente d’une affligeante lumière jaunâtre. C’est comme si une partie de la phrase se battait avec l’autre pour avoir le dessus. Comme si les mots étaient mélangés parce que tu ne sais pas ce que tu veux mettre en valeur dans ta phrase. Il faut faire un choix. Tu peux tout dire cependant.
      Je te propose cette solution qui met en valeur la rue somnolente éclairée d’une affligeante lumière jaunâtre, donc l’ambiance. Les réverbères squelettiques ne sont que l’outil, l’instrument qui rend cette rue comme ça. Ca donne :
      Alignés, des réverbères squelettiques éclairent la rue somnolente d’une affligeante lumière jaunâtre.

      Répondre
      1. Christine

        Merci Laure ! En fait je voulais tt dire. 🙂

        Répondre
  7. Philippe

    On ne saurait lequel choisir ! En évitant quand même celui de Kerouac ou de Nick Cave…
    Dans la plupart des cas le travail se nourrit d’un minimum de foisonnement de livres et d’objets fétiches, ce qui ne semble guère étonnant.
    Merci Laure pour cet agréable voyage au pays des bureaux. 😉

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Avec grand plaisir, Philippe. Je crois que nous concocterait bien aussi une longue promenade dans des jardins d’écrivains. Affaire à suivre…

      Répondre

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