35 conseils d’écrivains célèbres pour mieux écrire

Qui peut mieux parler d’écriture que les écrivains célèbres ? Personne. J’ai donc réuni 35 conseils, pensées et confidences d’écrivains pour t’instruire sur l’art d’écrire. Et t’encourager. Voici donc leurs secrets d’écriture. Leurs recettes personnelles…

 

Crédit photo : Dennis Skley

 

Bernard Weber, le célèbre auteur du roman Les Fourmis, se livre :

 

1. « Une bonne histoire est aussi une initiation. Au début le héros dormait sur ses lauriers ou sa fainéantise. Une situation de crise va l’obliger à s’apercevoir qu’il est beaucoup plus que ce qu’il croit. Mettre les personnages en situation de danger pour les obliger à révéler leurs talents cachés. Et le lecteur en vivant dans la peau du personnage va faire la même expérience de transformation. Un bon livre est un livre qui transforme son lecteur en le faisant se prendre pour le héros. »

2. « Pour plaire au lecteur il faut se mettre à sa place. Ecrire des livres qu’on aurait envie de lire si ce n’étaient pas les nôtres. Ne jamais se dire « j’écris cela, ça ne me plaît pas, mais ça leur plaira ». On est soi-même la première personne qui doit s’amuser à lire le livre. Répétons-le: S’il n’y a pas de plaisir d’écriture, il ne peut pas y avoir de plaisir de lecture ensuite. »

3. « Souvent les critiques parisiens taxent les auteurs qui touchent tous les publics « d’auteurs populaires ». Avec une connotation péjorative dans le mot populaire, sous entendu que si cela plaît au grand public c’est que ce n’est pas de la grande littérature. Victor Hugo se vantait d’être un auteur populaire, de même que Alexandre Dumas, Jules Verne et Flaubert. Mozart faisait de la musique populaire et s’en flattait. Tous les auteurs « non populaires » qui vivaient à la même époque ont été oubliés, qu’ils soient grand poètes, grands académiciens, grands écrivains de cours ou de salon. L’histoire les a balayés avec leurs jolies tournures de phrases et leurs effets de manches. De même que tous les auteurs maudits qui revendiquaient comme un titre le fait de n’être compris que par un public restreint on en effet été effacés. Logique. Il est beaucoup plus difficile de plaire au large public qu’à un groupe de soit disant arbitres des élégances. Faire simple et clair réclame beaucoup plus de travail que de faire grandiloquent, incompréhensible, et rempli de sous entendus que l’auteur est le seul à connaître. »

4. « Il faut que votre héros ait un problème à régler. Plus le problème est gros plus l’intérêt du lecteur est fort. L’idéal est de donner des handicaps au héros de manière à ce qu’on se dise il n’y arrivera jamais. Exemple: l’enquêteur est aveugle et le tueur est non seulement le roi de la maffia mais en plus il a des talents de télépathie et c’est quelqu’un qui a beaucoup de chance. Plus le héros est maladroit plus le méchant est fort plus on est intéressé. Le système est: l’auteur met son héros dans des problèmes que le lecteur jugera insurmontables et l’auteur sauve à chaque fois in extremis son héros d’une manière que le lecteur n’avait pas prévu. »

5. « Ecrire est un artisanat. Il faut avoir le goût à ça, puis l’entretenir régulièrement. Pas de bon écrivain sans rythme de travail régulier. Même si c’est une fois par semaine. Ensuite on est tout le temps à l’école. Chaque livre va nous enseigner un petit truc nouveau dans la manière de faire les dialogues, le découpage, de poser vite un personnage, de créer un effet de suspense. C’est ça l’artisanat. Surtout ne vous laissez pas impressionner par les passages des écrivains à la télévision ou les interviews de ces écrivains… Ce ne sont que des attitudes. Le vrai artisanat ne peut pas être montré là-bas. Et n’oubliez pas que ce n’est pas parce qu’un auteur passe bien à la télé ou est beau ou souriant que c’est un bon artisan. C’est juste un bon type qui passe à la télé dans le rôle d’écrivain. En général plus ils sont sérieux, plus ils impressionnent. La seule manière de savoir ce que vaut un écrivain est de le lire. La seule manière de savoir ou vous en êtes dans votre artisanat est de demander à vos lecteurs ce qu’ils pensent de vos livres. »

Bernard Weber donne en tout 27 conseils précieux que vous pouvez lire sur son blog. 

 

 

Crédit photo : Hartwig HKD

 

Maintenant, d’autres conseils ou d’explications très utiles émanant d’écrivains et poètes divers :

 

6.  Ici, plus spécifiquement pour un poète :

«Si j’avais aujourd’hui, … août 1943, à former un poète, je lui dirais:

1° N’écris pas avec des mots, écris avec des objets et avec des sentiments (donc : fuis à jamais tout langage critique, tout langage intellectuel et même la description et le récit) ;

2° n’écris pas une seule phrase qui ait la forme de la précédente, à moins d’une ferme volonté de rythme spécial, mais varie ta syntaxe comme Shakespeare varie sa syntaxe, collectionne ces formes syntaxiques, tiens-en un répertoire, un registre. Les idées viennent seules quand le moule est prêt à les recevoir. C’est le secret de ne jamais ennuyer ;

3° et ceci est le plus important: une œuvre ne vaut pas par ce qu’elle contient, mais par ce qui l’environne. Il faut que les mots  »Bonjour, Bonsoir !  » soient environnés par une immense philosophie de la nature, de la société, de l’astronomie, de la métaphysique, etc. C’est le secret des grandes œuvres.»

Conseils à un jeune poète, Max Jacob            

 

7. « J’écris toujours mes textes à la main puisque je les rature beaucoup. Ensuite il est essentiel que je les transcrive moi-même à la machine à écrire parce que vient alors une seconde vague de corrections, corrections allant toujours dans le sens de l’ellipse ou de la suppression. C’est le moment où ce que l’on a écrit, qui reste très subjectif dans l’apparence graphique de l’écriture manuelle, s’objective: ce n’est pas encore un livre ou un article mais, grâce aux caractères de la machine à écrire, il y a déjà une apparence objective du texte et c’est une étape très importante.»

Roland Barthes Entretien dans Lire, avril 1979

 

8.  «Certains écrivains puisent leur inspiration dans les grands thèmes (Zola, Victor Hugo), d’autres dans les détails de la vie quotidienne (Maupassant). Je crois m’inspirer des deux, le détail m’entraînant le plus souvent à écrire une nouvelle, le thème ou l’idée  »abstraite », un roman.»

Patricia Highsmith L’art du suspense

 

9. «Ça part d’une scène, généralement. Jusqu’ici, ça s’est passé comme ça. Il y a une scène que j’ai dans la tête, ou que j’ai notée, mais toujours très longtemps avant, plusieurs années avant de commencer le livre, quelquefois. Elle sert un peu de matrice au roman. Elle n’a rien à voir avec ce qu’il deviendra, elle est très arbitraire mais c’est un point de départ. Au bout du compte elle ne se retrouvera pas dans le livre, ou elle sera méconnaissable: ce ne sera ni le même lieu ni la même époque ni les mêmes personnages. Il s’y passera tout à fait autre chose. Mais c’est cette scène qui sert de déclencheur, de démarreur. Il y a ça, et puis toute une série de choses qui s’accumulent, des idées de personnages, des descriptions, des bouts de dialogues. Quand j’ai l’impression d’avoir suffisamment de repères, et que tout ça commence à s’organiser, le livre peut commencer. La première phrase, je m’en occupe quand il faut commencer. Elle finit par s’imposer plus ou moins. C’est un peu comme une pièce de puzzle, encore une fois.»

Jean Echenoz Entretiens avec André Rollin, Mazarine

 

10. «Développer, c’est comprendre, c’est analyser sa propre pensée. Développer. Tout l’art, quel qu’il soit, est dans ce mot. On développe un thème musical; la VIe Symphonie est le développement du chant du coucou. Un tableau de peintures est une parabole développée. Un cercle est le développement d’un dodécagone, et le cercle lui-même par les tangentes devient un autre polygone. Une plante est le développement d’une graine. Un paragraphe est le développement d’une pensée et le chapitre est le développement du paragraphe. Le livre est le développement des chapitres. Une petite idée bien creusée donne 400 pages dans une œuvre  classiquement composée.»

Conseils à un jeune poète, Max Jacob

 

11. «Quand tu penses à quelque chose, quand tu te souviens de quelque chose, note-le dans le carnet que ça concerne. Mais note-le à la seconde où tu y penses. Rien ne dit que, la seconde fois, tu retrouveras la même intensité.»

Francis Scott Fitzgerald De l’écriture Complexe

 

12. «Dépense-la tout entière, lance-la, mise-la, perds-la, tout entière, tout de suite, à chaque fois. Ne garde pas par- devers toi ce qui te semble bon, pour un autre endroit du livre, ou pour un autre livre; donne-le, donne-le tout entier, donne-le maintenant. La tentation de mettre de côté quelque chose de bon pour un endroit meilleur, pour plus tard, est le signal de le dépenser maintenant. Autre chose émergera plus tard, quelque chose de mieux. Toutes ces choses viennent par-derrière, par en dessous, comme l’eau d’un puits. De même, la tentation de garder pour toi seul ce que tu as appris est non seulement honteuse, elle est destructrice. Tout ce que tu ne donnes pas librement et en abondance devient perdu pour toi. Tu ouvres ton coffre-fort et découvres des cendres.»

Annie Dillard, En vivant, en écrivant

 

13. «Il doit ou il devrait y avoir des traités spéciaux de ponctuation. Ils sont peu connus. Les grammaires en disent l’essentiel, indiquent la valeur du point, du point et virgule, des deux points, des points de suspension, de la virgule, des guillemets, des parenthèses, et peut-être même des crochets et du virgule-tiret. Mais en poésie et en prose littéraire ces signes, tout aussi bien que les mots, sont soumis à l’arbitraire de l’écrivain, et il y a une ponctuation littéraire à côté de la ponctuation courante comme il y a une langue littéraire à côté du langage écrit courant. La ponctuation d’un écrivain doué d’une forte personnalité sera personnelle et s’écartera plus ou moins des règles fixées par l’usage courant et les grammaires.»

Valery Larbaud Sous l’invocation de saint Jérôme

J’ai extrait ces conseils d’un article de l’Express que tu peux lire ici: 40 conseils aux futurs écrivains

 

Crédit photo : Stephen Poff

 

Et puis, il y a aussi les conseils de Stephen King :

 

14.  « Si vous cherchez à écrire aussi honnêtement que vous le pouvez, vos jours comme membre de la bonne société sont comptés. »

15.  « Le but de l’écriture n’est pas de faire de l’argent, de devenir célèbre, de décrocher des rendez-vous, s’envoyer en l’air ou se faire des amis. Finalement, il s’agit d’enrichir les vies de ceux qui liront votre œuvre, et d’enrichir aussi votre propre vie… J’ai écrit pour la simple joie de la chose. Et si vous le faites pour la joie, vous pouvez le faire pour toujours. »

16.  « La première ligne devrait inviter le lecteur à commencer l’histoire. Elle devrait dire « Ecoute. Viens ici. Tu veux savoir ce qui se passe. »

17.  « Les paragraphes sont aussi importants sur le plan visuel que sur le plan significatif: ils sont les signes de l’intention. »

18.  « Supprimez vos passages préférés, même lorsque cela brise votre cœur de petit scribe égocentrique: supprimez vos chouchous (…). Cette coupure permettra d’accélérer le rythme, et c’est ce que la plupart d’entre nous finit par avoir à faire. »

19.  « C’est votre façon de dire au monde et à vous-même que vous êtes occupé. Vous vous êtes engagé sérieusement à écrire, et avez l’intention de mener à bien votre tâche. »

20.  « Le premier jet d’un roman, même long, ne devrait pas vous prendre plus de trois mois à écrire, ce qui correspond à la longueur d’une saison. »

21.  « Si vous voulez être écrivain, vous devez privilégier deux choses: lire beaucoup et écrire beaucoup. Si vous n’avez pas le temps de lire, alors vous n’avez pas le temps (ou les outils) pour écrire (…). J’écris moi-même tous les jours, même à Noël, le jour de la fête nationale et le jour de mon anniversaire. »

Vous pouvez consulter ces 20 conseils d’écriture sur cet article de l’Express.

Ecriture, Mémoires  d’un métier, Stephen King     

 

Et n’oublions pas les 10 célèbres conseils d’Hemingway pour les jeunes écrivains :

 

22.  Soyez amoureux.

23.  Crevez-vous à écrire.

24.  Fréquentez les « écrivains du bâtiment »

25.  Ne perdez pas votre temps

26.  Écoutez la musique

27.  Regardez la peinture

28.  Lisez sans cesse

29.  Ne cherchez pas à vous expliquer

30.  Ecoutez votre bon plaisir

31.  Taisez-vous.

Ernest Hemingway
Crédit photo : R

 

Enfin quelques derniers secrets d’écrivains pour la route :

 

 32.  «Pour écrire une page et demie, je viens d’en surcharger de ratures douze!»

Lettre de Flaubert à sa nièce Caroline, au sujet d’Un cœur simple, 14 juillet 1876.

 

33.  «Observons, tout est là.»

Lettre de Flaubert à Mlle Levoyer de Chantepie, 23 octobre 1869

 

34.  «Une bonne phrase de prose doit être comme un bon vers, inchangeable, aussi rythmée, aussi sonore.»

Lettre de Flaubert à Louise Colet, 22 juillet 1852

 

Et une anecdote pour t’encourager à ne jamais abandonner. Car ce n’est pas le tout d’écrire quand on a l’ambition d’être édité.

35.  «J’avais envoyé mon manuscrit à une dizaine de maisons et c’est Denoël  qui m’a fait une proposition de contrat. Néanmoins, mon livre a attendu deux ans dans un tiroir avant de se retrouver en librairie. J’ai publié ensuite chez eux trois livres et puis ils m’ont refusé le quatrième  Sur un tableau noir. J’ai donc cherché un deuxième éditeur. Sept ans  après, c’est Gallimard qui a accepté. Et puis plus rien. J’ai donc changé à nouveau d’éditeur et je suis passé deux ans après chez Julliard. Ils ont accepté Stricte intimité mais ils ont refusé le suivant Histoire d’amour ! Je suis donc parti à la recherche d’un quatrième éditeur…»

Régis Jauffret

Nous avons fait un agréable tour d’horizon pour se « remettre les idées en place. »

Si tu as des conseils, toi aussi, n’hésite pas à les partager dans les commentaires. Ils peuvent être utiles.

Je te souhaite d’écrire avec passion, inspiration, et liberté.

 

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