Les personnages, c’est de la vie… Défi et jeu d’écriture 6

Tu commences certainement à te sentir plus à l’aise et plus réactif face à ces jeux d’écriture. Alors je te propose un défi un peu plus ambitieux encore !

Si tu as été régulier jusque-là, tu as pu te rendre compte de l’importance de la régularité pour délier ton esprit et ta fluidité dans l’écriture.

Et si tu as déjà cette pratique régulière, tu as vu combien il est facile de progresser sans se mettre la pression avec des Jeux d’écriture. Et de progresser sur tous les plans avec les Jeux d’écriture parce qu’on peut y traiter tous les types de difficultés.

Histoire de s’assouplir encore l’esprit et de fabriquer un personnage, ʺmonterʺ un personnage, travaillons justement sur les personnages…

 

Henri Bergson
www.osez-ecrire-votre-roman.com

Défi 6 : les personnages

 

Crée quatre personnages radicalement différents les uns des autres en quatre textes. Parle de leurs aspects physiques et psychologiques en établissant des corrélations entre les deux, de façon que chaque personnage semble cohérent et surtout vivant. Décris-les à la troisième personne. Si tu as de l’inspiration, tu peux même écrire une petite histoire à propos de chacun.

Tes personnages :

 

en 1974, un musicien soul de La Nouvelle-Orléans, âgé de vingt ans, remporte ses premiers succès. (Bon à savoir : la musique de La Nouvelle-Orléans accompagne toujours les chansons d’un piano et un saxophone)

un adolescent français atypique s’intéresse davantage, et même passionnément, à lire des livres qu’aux jeux vidéo et aux réseaux sociaux

un chien vient de trouver une famille d’accueil après avoir été arraché par la SPA à un maître brutal et taré

une femme chinoise de 34 ans plante le riz à longueur d’années dans les rizières de son village, dans les années 1980

Je te laisse à ta plume pour ce nouveau défi.

Surtout amuse-toi, prends du plaisir, imagine, visualise. Si tu jubiles en écrivant un texte, ton lecteur jubilera aussi. Ta jubilation, c’est la jubilation du lecteur ! Mets-y de la vie, beaucoup de vie : un personnage, c’est un condensé de vie.

N’oublie pas de lire les textes des participants ci-dessous en commentaire et de poster tes propres textes. Et de donner ton avis, bien sûr.

On se retrouve demain pour le dernier défi ! Déjà !

 

Et si tu veux aller plus loin, c’est ici (le tarif est dérisoire, moins d’un café par jour !) : 31 Jeux d’écriture pour t’améliorer en t’amusant 

Avec en bonus un groupe privé Facebook pour partager tes jeux d’écriture et rencontrer des passionnés d’écriture comme toi.

Tu embarques ?

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9 Commentaires

  1. Philippe L

    – en 1974, un musicien soul de La Nouvelle-Orléans, âgé de vingt ans, remporte ses premiers succès.

    Musicien de jazz blanc à la Nouvelle Orleans, ce n’est pas banal ! Il a découvert ce style de musique en écoutant le Duke et Louis Armstrong, mais attiré par le saxophone ténor dès ses dix-sept ans, il admire Hawkins, Webster, Thompson et Phillips et d’autres maîtres.
    Le voilà à squatter avec son instrument favori les caves à peine éclairées de Louisiane et à y jouer la moitié de la nuit pour la plus grande joie de ses frères de couleur. C’est qu’il en veut, le gamin ! Jamais il ne se fatigue, alors que les airs se succèdent à un rythme continu. Il répond en musique aux autres instruments, le piano, la trompette, la basse, la batterie… Ne faisant même pas partie de l’orchestre en début de soirée, il n’est pas une fois où il n’a pas été invité à monter sur scène pour accompagner la petite troupe en place.
    À l’époque, un artiste se produisait sur scène en costume, gilet, chemise et cravate peu importe la température ambiante.
    Le voilà plongé dans son monde, ou plutôt son délire. Dès que ses lèvres touchent le bec et que les premières notes sortent du pavillon, il entre dans un état second. La musique et lui ne font plus qu’un. Plus rien d’autre n’existe. Il ferme les yeux, comme pour mieux s’imprégner des mélodies qu’il interprète. Il est heureux.

    – un adolescent français atypique s’intéresse davantage, et même passionnément, à lire des livres qu’aux jeux vidéo et aux réseaux sociaux

    Gary, quatorze ans, ne porte pas de lunettes à la monture noire et épaisse. Il n’a pas la coiffure d’un Playmobil et ne se sent pas timoré quand ses condisciples le croisent dans les couloirs du lycée. En fait, c’est lui qui se fout de la poire de ceux qui n’ont que FB, Instagramme et Twitter pour seul horizon. Et il se moque pas mal du score obtenu par ses copains dans tous les fighters possibles et imaginables : Street, The King of, Virtual… ainsi que des regards sans vie des personnages virtuels.
    Lui, ses aventures, c’est dans la tête qu’il les vit, grâce à ses livres. Trois phrases, un décor bien planté, des circonstances suggérées, et hop, son imagination fait le reste. En tant que docteur Gulliver sur Lilliput, il peut modifier à son gré l’issue de son voyage. Pas besoin d’un designer qui lui gâche sa propre évasion. Et toutes ces filles superbes qu’il a enlacées et embrassées, Blanche neige, Cendrillon, la Belle au Bois dormant, c’est autre chose que de fusiller un ennemi hypothétique à coup de rafales de Browning M2, calibre 50.
    Un jour, dans la peau de Roméo, il drague Juliette à fond et le lendemain, c’est avec Roxanne qu’il a un ticket, non sans déjà songer à Virginie avec qui il irait bien faire un tour en bateau, très loin sur l’océan, au bout du monde. Qui dit que c’est ringard ? Au contraire !
    Bien sûr, Gary peut se permettre de rigoler des autres. Son mètre quatre-vingt quinze et ses cent-dix kilos le mettent à l’abri de taquineries et autres tourments.

    – un chien vient de trouver une famille d’accueil après avoir été arraché par la SPA à un maître brutal et taré

    Pauvre Arthémus ! Comme il a souffert chez cet imbécile de maître, alcoolique, brutal et dérangé du ciboulot. Combien de coups de pied n’a-t-il pas dû encaisser de la part de cet abruti dégénéré. Son regard quotidien en était devenu plaintif, craintif, timoré. Qu’allait-il encore devoir subir chaque matin, quand son maître de mettrait en colère, pour rien ?
    Le pauvre Labrador beige se couchait, comme pour laisser passer l’orage, mais les nuages restaient au-dessus de sa tête, comme autant d’épées de Damoclès.
    Semblant se dire, « ça y est, qu’est-ce que j’ai encore fait ? », il se déplaçait, loin du fauteuil de son maître qui cuvait, après avoir sifflé le bac entier de Corona. Là, au moins, le pied du fou furieux ne pouvait pas l’atteindre.
    Et un jour, ce fut la délivrance. Son maître fut l’objet d’une plainte de tout son voisinage. La police l’embarqua et jamais on ne le revit dans les parages. La SPA descendit sur les lieux et constata les dégâts infligés à la pauvre bête. Traces de coups, poil arraché à certains endroits, maigreur cadavérique de l’animal, … Le brave Arthémus fut recueilli, lavé, vacciné et nourri par les bénévoles de l’association. Sans compter les marques de tendresse et les câlins distribués comme pour compenser la maltraitance.
    Une famille sympa avec deux enfants calmes, à la recherche d’un copain docile et fiable pour jouer, tombèrent sur les yeux craquants d’Arthémus. Le coup de cœur. Le Labrador fut accueilli à bras ouvert dans cette famille où il coula des jours heureux. Son petit air tristounet disparut après deux ans. Désormais, Arthémus se levait plein de confiance dans la journée qui s’annonçait.

    – une femme chinoise de 34 ans plante le riz à longueur d’années dans les rizières de son village, dans les années 1980

    « Toujours sourire, le cœur douloureux et sembler rire du sort malheureux. C’est notre loi : toujours sourire ». Ainsi va la chanson du Pays du sourire. Comment ne pas y songer en découvrant le quotidien de Jiao, jeune femme de 34 ans, mariée de force à un paysan fauché, de dix ans son aîné.
    Alors que des américaines se sont dévergondées à Woodstock en 69, que des européennes couchent avec un gars différent chaque soir, sans devoir rendre de comptes à qui que ce soit, Jiao, paysanne chinoise, n’a toujours connu que le travail à la rizière dans sa vie.
    Le matin, elle passe son pantalon de toile noire et sa chemise bleue taillée pour les hommes, pose son chapeau conique sur la tête et part cueillir le riz, pieds nus. Toute la journée, elle pataugera dans l’eau, elle le sait, jamais de surprise de ce côté-là. Le soir, elle rentrera fourbue, crevée, la peau des pieds flétrie par ce traitement inhumain. Son mari, bourré à l’alcool de riz, aura envie d’elle et elle se laissera faire, sans quoi, il risque de la passer à tabac. Son haleine fétide va lui vriller les narines, ses assauts vont la brûler, car pas question de perdre son temps en préliminaires. Puis, satisfait, il s’écroulera sur le côté et ronflera jusqu’au lendemain matin. Elle s’empressera de se débarrasser des petits nageurs qu’il a laissés en elle. Manquerait plus qu’elle tombe enceinte !
    Et le lendemain, ce sera rebelote. Et les jours suivants aussi ? Pas de répit le week-end. Ici, on travaille 7/7, 365 jours sur 365. On n’a pas le choix, sinon, on crève de faim.
    Héla, que peut-on lire sur le visage de Jiao ? Un sourire ? Mais oui ! Elle a été attendrie par une maman cane qui a aidé son caneton à rejoindre la rive. Et il est magnifique, son sourire. En ce moment, elle est belle, Jiao. D’ailleurs, « belle », c’est la signification de son prénom.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Tes personnages aussi sont touchants, Philippe, Jiao surtout. Et la chute est belle. Excellente idée d’avoir fait le choix de l’humour pour l’adolescent, je n’y aurais pas pensé ; ça fonctionne bien.

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  2. Sérina

    Bonjour, dur dur aujourd’hui !

    – Dave jubilait. Le public était bien là ce soir. Grand et plutôt mince, il avait tendance à attirer l’œil des filles. Le succès commençait enfin à lui sourire et son groupe jouait chaque soir à ce moment-là. Son saxophone ne le quittait jamais et on pouvait le voir traîner son long corps le long des rues à la nuit tombée. Son physique était bien différent de celui des autres, son père adoptif le lui avait fait comprendre depuis sa plus tendre enfance. Sa mère, effacée, ne disait rien. Celui-ci était un musicien de talent, renommé, et sortait le soir pour rentrer au petit matin sans plus se soucier de sa petite famille. Dave aurait tellement aimé lui ressembler. Mais voilà, ils n’avaient pas la même couleur de peau. Le père biologique était reparti avec sa garnison on ne sait où et sa mère aurait été bien en peine de retrouver sa trace. En attendant, Dave grandit bon gré mal gré auprès d’un beau-père qui le prénommait Blanche Neige et d’une mère qui se contentait de lui offrir le minimum de tendresse. Il passa son enfance à tenter de se faire remarquer et lorsque ce père de substitution mourut, Dave se montra inconsolable. Il hérita du saxophone et se lança dans l’apprentissage de la musique avec toute la détermination du monde. Son seul but était d’être enfin reconnu et la musique lui semblait le meilleur moyen pour y arriver. Il ferma les yeux, porta son saxophone à ses lèvres et débuta son morceau. Une larme coula discrètement sur sa joue. Son père pouvait-il le voir là où il était ?

    – Les yeux se levant à peine de son bouquin, il ressemblait à ses congénères, si ce n’est que ceux-ci préféraient les smartphones et les réseaux sociaux aux gros livres poussiéreux de la bibliothèque. Au collège, on ne le remarquait guère, il se fondait dans la masse, insignifiant et sourd au monde qui l’entourait. Il ne rêvait que de capes et d’épées, de trésors, d’aventures, d’amour qu’il devinait en égrenant les pages inlassablement. Il se transformait tour à tour en Jacquou le croquant au fond d’une oubliette, en Dartagnan qui volait au secours de sa belle, en Gavroche qui parcourait les rues parisiennes…Son physique malingre ne le rendait pas attirant et sa mère désespérait de le voir sortir de sa chambre et pratiquer un sport. Effacé, il rasait les murs, tenant fermement son livre contre son corps chétif. Les jeux vidéo ne l’intéressaient pas, des jeux futiles et ridicules. Les smartphones étaient inutiles, de toute façon, à qui aurait-il bien pu parler avec un téléphone ? Une liseuse à la rigueur pourrait lui servir, mais il était attaché à ses livres et à leur odeur si particulière. Son visage fin respirait l’intelligence et la soif d’apprendre. Il se rendait bien compte que ses compagnons de collège n’apprenaient pas grand-chose à envoyer des messages instantanés bourrés de faute. Alors vouloir leur ressembler ? Ah non, ça jamais, plutôt mourir !

    – Il entre dans la maison, la queue entre les pattes. Renifle craintivement la main qui s’approche de son museau. Jappe un coup. Comment savoir si cet homme-là est moins susceptible que son précédent maître ? Il n’a plus de poils sur le dos car ce malade s’amusait à les lui épiler à la cire chaude ! Il est maigre à faire peur et c’est un miracle s’il peut encore tenir sur ses pattes. Dire qu’il avait été un adorable chiot avant de devenir ce vieillard rabougri et peureux. On l’avait arraché à sa mère et à la joyeuse portée qui se chamaillait constamment. Il s’était retrouvé dans une caisse froide, jetée dans un coffre de voiture, ballottée en tout sens dans les tournants. Pour atterrir chez ce fou. Au début tout allait bien, puis la maîtresse de maison et les enfants avaient disparu du jour au lendemain et c’est à ce moment-là que les choses s’étaient gâtées. Les brimades incessantes. L’alcool versé dans sa gamelle par une bande d’ivrognes qui cherchaient toujours le tour le plus crétin à lui jouer. Puis les brûlures, les coups de savates, la privation de nourriture. Il se tourne vers l’homme qui l’a sorti de ce guêpier. Pourquoi veut-il l’abandonner ici ? Il s’assied et se met à hurler à la mort, un hurlement à vous glacer le sang. Se tait d’un coup. Entend des pas qui courent vers lui. Il remue la queue, n’osant pas y croire. Un enfant ! Un tout petit bambin qui lui tire les quatre poils qui lui reste et s’accroche à lui en riant. Qui le câline, le sert fort de ses petits bras potelés. Il se couche sur le dos, fait le beau. Un enfant qui le dorlote, lui, le vieux chien maigrichon qui ne doit pas sentir très bon tout bien pensé. Il saute partout et fait la fête, pour la première fois depuis longtemps.

    – Le riz. Elle en connait un rayon sur cette céréale. A force de le planter depuis des années, de parcourir les rizières en long, en large et en travers, de s’échiner le dos à le récolter. Mince, plutôt jolie, elle a souvent le sourire, c’est une de ses principales qualités. Comme le veut la tradition, ses beaux-parents vivent dans le même foyer qu’elle et son mari. Leur unique enfant, un garçon, égaie la maisonnée. Celui-ci ira à l’école. On en fera quelqu’un de bien. Elle est soulagée de ne pas avoir de fille. Pour qu’elle passe sa vie à planter du riz ? Non merci. Cette vie lui convient bien à elle, mais elle ne la souhaiterait à personne d’autre. Elle voit ses rares amies dans les plantations et pendant les heures passées dans les rizières elle n’est plus soumise à l’examen permanent de sa belle-mère. Elle a pourtant été merveilleusement bien éduquée. On lui a appris à tenir une maison, coudre, cuisiner, être serviable avec son mari, à se taire, et surtout, surtout, à planter du riz ! Lors de son mariage elle était une femme magnifique, heureuse, comblée. Mais tout ce riz a gâché sa vie. Elle en rêve la nuit et la journée elle le plante ! Sans jamais se plaindre, tel qu’il lui a été enseigné. Une femme chinoise est belle, forte et silencieuse. Point. Son mari est pourtant gentil et elle joue la comédie chaque soir en feignant avoir passé une bonne journée pour ne pas l’agacer. Sa belle-mère élève son fils tandis qu’elle travaille. Lui inculque les savoirs ancestraux de la Chine. Elle ne tente pas de protester. C’est un fait voilà tout. Sa belle-mère dirige sa maison et elle, elle plante du riz.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Tous tes personnages sont touchants, Sérina. Et tu as le sens de la chute, pas de doute. « C’est fait, voilà tout. Sa belle-mère dirige sa maison et elle, elle plante du riz. » : j’adore. Je suis certaine que tu écris de très bonnes nouvelles -si tu le fais déjà. Sinon, lance-toi, n’hésite pas.

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  3. Nicolas

    MIKE STEEV CELEBRE CHANTEUR DE SOUL

    Mike est chanteur de soul, régulièrement accompagné par un orchestre complet, avec piano et saxo. Quand il prend son micro, il donne l’impression d’être ailleurs, il jubile de chanter en public, il se surpasse, semble s’envoler vers d’autres cieux avec des cadences tendres puis soudainement effrénées. Sa voix est aussi douce et suave que le saxo qui l’accompagne, et il nous emmène dans ses rêves et voyages intérieurs. Ses blues font sortir des larmes à plus d’un ou d’unes.
    Il est pourtant fort jeune pour une telle maîtrise avec ses 20 ans, mais il a déjà de longues années de pratique en ayant commencé à chanter vers 4 5 ans dans sa famille, en imitant des chanteurs connus, debout sur sa terrasse un simili micro en main, jouant à être sur scène devant un public passionné.
    Ses parents, très croyants, piliers de leur église et chanteurs de gospel l’ont pris très tôt dans leur chorale pour accompagner avec sa voix d’enfants les adultes qui animaient chaque dimanche les rituels religieux. Il y fut vite remarqué pour son rythme, ses chants saccadés d’un excellent tempo, et une voix incroyable capable d’évoluer sur plusieurs octaves. Jeune il passait de la basse à un accompagnement ténor sans difficulté. Sa voix éclatait régulièrement dans l’église, il devint peu à peu le chanteur solo de toute la chorale, et beaucoup d’admirateurs passionnés venaient l’écouter à l’église tous les dimanches, à la grande joie du pasteur.
    Du gospel, il a doucement évolué avec ses amis adolescents vers le « Rythm and Blues », en s’accompagnant d’une guitare, puis peu à peu d’un piano, travaillant sa musique à l’église tous les soirs de la semaine. Dès qu’il put atteindre une radio et écouter d’autres chanteurs il se passionna pour Ray Charles qui initia la soul musique, mélange de gospel et de RnB qui apparut dans les années 60 et se développa dans les années 70 avec d’autres grands chanteurs comme Marvin Gaye, Aretha Franklin et bien d’autres.
    Barbu et cheveux longs à l’afro, ses yeux bleu vif et agiles vous tétanisent quand il vous fixe. Son grand corps svelte et très souple, lui permet d’accompagner sa musique de balancements au tempo de sa voix, mettant une ambiance électrique sur la scène. Il fait penser à James Brown, dans ses moments les plus rythmés.
    L’âge avançant, sa soul évolue imperceptiblement vers le blues. Une réelle tristesse s’y installe subrepticement, malheureusement due à la drogue et l’alcool dont l’addiction évolue fâcheusement. Peut-être aussi à cause de moments de vie très sensibles et tristes dus à la récente mort de son père qui fut pour lui un pilier du développement de son art.
    Entre Cocaïne, tabac et alcool, sa voix évolue peu à peu vers des accents de plus en plus rauques, rappelant certains blues men des années 40. Mais il garde une forme étonnante, et une imagination fertile lui permettant de créer de nombreux morceaux et d’éditer régulièrement de nouveaux disques.
    Son succès est manifeste, tant auprès des jeunes que des femmes, ce qui complexifie parfois sa vie entre ses fans et ses amies ou amantes de passage. Ses angoisses le rendent de plus en plus souvent violent, plus contre lui-même que contre les autres, il traverse momentanément les tourments classiques de trop nombreux de chanteurs de jazz
    On peut réellement craindre, que, brûlant la vie par les deux bouts, il ne s’éteigne prématurément.

    FRANCOIS LECTEUR FOU
    François est atypique, jeune de 16 ans, il lit constamment. Il a bien un téléphone portable, même de dernière génération, mais il ne l’utilise que pour regarder l’heure, lui rappeler quelques rendez vous ou commander des livres à lire, ou encore exceptionnellement téléphoner à ses parents.
    Il n’a pas de grosses lunettes de myope comme on pourrait le penser pour un éternel lecteur, il ressemble à tous les jeunes de son âge, à part cette particularité importante : il a constamment un livre en main, du matin jusqu’au soir tard, qu’il soit en papier ou virtuel sur sa tablette.
    Quand il part au lycée, il préfère prendre le métro ou le bus, cela lui permet de lire, y compris en montant ou descendant les escaliers… Cela me rappelle un moment assez fort, où sur un tapis roulant du métro Châtelet, vous voyez le long tapis roulant qui rejoint la station des Halles à Châtelet, il lisait avec une telle passion son bouquin, qu’arrivé au bout, il a chuté violemment, et plusieurs personnes qui sont tombés sur lui, car tout en étant au sol, il continuait sa lecture évidemment passionnante. Il a fallu arrêter d’urgence le tapis afin qu’il n’y ait pas une vingtaine de personnes qui s’accumulent sur le bout du tapis…
    Je n’ose pas imaginer ce que cela ferait si je lui proposais de faire une grande virée en vélo avec son livre à la main… Et à l’avenir, comment fera-t-il pour conduire un véhicule ? La solution serait peut-être de disposer de livres audios, mais sa passion c’est de lire, pas d’écouter.
    En classe, il est très fort : Il lit un livre sur ses genoux, tout en prenant ses notes et il est capable de répondre au prof qui l’interroge. Quand tous ses copains ont leurs yeux rivés sur leurs claviers et tapotent des sms avec frénésie, lui il lit. Quand les mecs à la récréation l’appel pour un foot, il les regarde avec un soupçon de mépris et un léger et discret sourire, et il se replonge dans sa passion : la lecture.
    Une de ses copines a essayé un jour de le draguer, avec semble t’il une certaine insistance, en espérant réaliser son rêve de passer un moment tendre et sensuel avec lui. Ce fut très difficile de la sortir de sa passion, mais peu à peu discrètement elle a réussi à lui enlever un livre des mains et à l’embrasser. Elle lui mit ses bras autour du cou, puis très lentement effleura ses lèvres… Et là surprise, il lui a dit à quel point ce baiser lui rappelait le chapitre n° tant de tel livre qu’il avait adoré.
    Son problème, et un avantage énorme, est sa mémoire d’éléphant. Il ne semble pas lire les livres, il les photographie, page par page, et quand on lui demande ce qui a pu se passer à tel page de son ouvrage en cours, il te raconte toute la scène. Tu lui poses une question concernant un livre qu’il n’aura certainement pas lu, et soudain, il te le raconte dans tous es détails.
    Il finit par avoir une culture gigantesque, littéraire et bien construite, mais le plus surprenant est qu’il ne sait pas réfléchir et penser hors de sa mémoire. Il peut te raconter un ouvrage, t’indiquer où sont les moments clés et les phases importantes du récit, mais il est incapable d’avoir un recul vis-à-vis de ce qu’il a lu. Il photographie toutes les pages et les mémorise en l’absence de tout esprit critique et de tout recul. Grandissant, il doit travailler son esprit vers cette pensée réfléchie. Mais il faut arriver à lui enlever ses livres des mains, le faire se poser pour réfléchir par lui-même, lui faire abandonner une partie de sa passion pour l’amener à être plus convivial et plus raisonné.
    Tu as décidé, toi qui l’aimes et l’admires de te consacrer à cette tâche ingrate mais passionnante, il en vaut largement la chandelle, car si tu l’amènes à prendre du recul sur ses ouvrages et sa passion, tu en feras un être exceptionnel ! Mais bon courage !

    RAMSES CHIEN APEURE

    Ramses est un magnifique setter irlandais que nous avons choisi à la SPA. Il nous a fait craquer avec sa belle couleur brune et ses reflets roux typiquement irlandais. Il était au fond de sa cage, comme perdu, allongé de tout son long, le museau entre ses deux pattes de devant et les pattes arrières pliées sous lui.
    Nous l’avons appelé en essayant de le faire se lever, mais rien à faire. Il ne voulait rien savoir, abrité sous ses pattes, comme pour se défendre de tout être extérieur. On voyait juste ses yeux un peu pleureurs, comme si des larmes y coulaient. Je l’ai appelé tendrement en insistant sur des mots doux et tendres, évitant tout gestes brusques, et peu à peu il s’est détendu, a dressé sa tête, puis s’est levé, tout en restant cloîtré au fond de sa cage.
    – Il est très beau, mais qu’a-t-il ? Il semble pétrifié devant des humains ?
    Le garde de la SPA nous de suite expliqué qu’ils l’avaient arraché à un maître brutal et semble t’il un peu taré, qui le battait fréquemment :
    – Vous verrez, il est marqué de traces sur le côté faisant face au mur, comme si on avait voulu le lacérer de coups. C’est une race très affectueuse, alors face aux coups répétés il s’enferme dans une immobilité effrayante. Il est totalement dépressif et il vous faudrait beaucoup de patience si vous le prenez, mais ce sera un chien éperdu d’affection si vous le soignez bien et le respectez
    – OK nous le prenons.
    Nous allons de suite vers le bureau avec le garde pour effectuer les diverses démarches administratives, nous donnons nos coordonnées et notre adresse, nous payons et signons les divers papiers et on nous signale qu’une visite aura lieu dans un mois pour savoir si tout va bien.
    Muni d’une belle laisse que nous avions prévu pour emmener un chien adopté, le garde entre dans la cage, l’attache et nous invite à venir le prendre.
    Le pauvre se met debout la queue entre les jambes, tout tremblant, les oreilles en arrière, et nous regardant, appelant notre pitié. Je me mets à le caresser, à lui gratter doucement l’arrière des oreilles, et à flatter tendrement son flanc. Il me regarde et me lèche la main… Il me semble que nous pourrions être adoptés.
    Je vais pour le sortir de sa cage, mais il rechigne, tirant sa laisse pour repartir dans son coin et voulant de nouveau se coucher, montrant ses dents, signe d’agressivité imminente. Je demande au garde d’enlever sa laisse, et je me recule vers la porte, en l’appelant tendrement. Je lui lance un petit gâteau que j’avais en poche pour l’amadouer. Bon signe, il le déguste. Mais rien à faire il ne veut pas sortir de sa position en fond de cage. Il a peur, il est profondément effarouché par ces inconnus qui veulent sans doute de nouveau le maltraiter. Vu le blocage actuel, je dis au garde que nous allons déjeuner à l’extérieur et revenir un peu plus tard pour le revoir.
    Quel dommage il est si beau.
    Deux heures après avoir dégusté un bon repas, nous revenons le voir sans entrer cette fois dans la cage. Il est toujours prostré, allongé sans bouger. Surprise, en nous voyant il agite légèrement sa queue en la sortant d’entre ses pattes. C’est un très bon signe. Je l’appelle doucement, et il se lève, vient vers nous, et subitement repart s’étendre dans son coin… je passe ma main au travers du grillage lui faisant signe que je souhaiterais le caresser, et il se lève de nouveau, cette fois en nous approchant de plus près, mais les oreilles toujours en arrière… Je dois faire attention, car il peut subitement décider de m’attaquer et de mordre cette main qui le trouble.
    Nous décidons de nous en aller un peu plus loin, question de se faire désirer, afin qu’il décide lui-même de nous adopter.
    Revenant un quart d’heure plus tard, nous l’apercevons debout sur le devant de la cage, nous cherchant du regard, et venant vers nous à notre arrivée en remuant la queue.
    Cette fois nous semblons être adoptables.
    Il se dresse sur ses deux pattes, et tend son museau vers nous comme pour nous inviter à venir le caresser, ce que nous faisons de suite durant plusieurs minutes. Il nous lèche les mains tout en agitant sa queue rousse en forme de plumeau.
    Il nous accepte et nous pouvons repartir avec ce nouvel et fidèle ami.

    YI ET SES RIZIERES
    Yi est originaire de la province du Yunnan où elle vit avec ses quatre enfants et son mari. Ils cultivent plusieurs petites rizières répartis sur deux collines à 20 minutes à pieds de leur petite maison, au cœur du village.
    Chaque jour, Yi part vers 8h du matin avec sa grande hotte en bambou tressée sur le dos pour travailler dans ses rizières. Elle n’est pas riche et le travail est dur. Elle doit rentrer tous les midis pour préparer le déjeuner de son mari qui travaille au village et ses enfants qui reviennent de l’école. Puis elle repart vers ses champs pour les entretenir jusque vers 18h, à la fin du jour, pour préparer le dîner.
    Une fois rentrée chez elle, Yi est très autoritaire et exige de ses enfants qu’ils travaillent très bien en classe afin qu’ils deviennent des administrateurs, des ouvriers ou des cadres partant travailler en ville et pouvant ainsi garantir une vieillesse heureuse à leurs parents. Son mari, quant à lui est membre du parti, ce qui devrait faciliter l’avenir de ses fils, et améliorer éventuellement les mariages de ses filles. Il est gestionnaire de la communauté villageoise ce qui est une grande fierté pour Yi, mais ce qui ne rapporte pas beaucoup d’argent, car il est honnête… elle doit donc toujours travailler dur pour assurer une vie saine à sa famille.
    Elle ne se plaint pas car sa jeunesse fut bien plus dure que celle de ses deux filles. Ils n’avaient pas trois repas par jour, et si quelqu’un tombait malade il fallait craindre que ce soit grave sans moyen de le soigner.
    Yi est fière des rizières dont elle a un droit d’usage, qui sont à flanc de collines, irriguées traditionnellement par gravité des eaux de la montagne arrivant vers ses champs par des petits canaux à entretenir toute l’année. Sa production est assez bonne, et elle est très contente de son riz de l’an dernier.
    Aujourd’hui à notre rencontre, elle est habillée de manière assez moderne avec un pantalon noir, une blouse carmin et un chapeau de paille pour se protéger du soleil. Sa face est assez ridée, burinée par le soleil, malgré ses trente ans, par des années de travaux extérieurs tout au long de l’année et quel que soit le temps.
    Durant la saison des pluies, elle emmène une dizaine de canard dans ses champs et les fait aller d’un champ à l’autre, pour que ceux-ci mangent les herbes pouvant envahir sa rizière, c’est autant de travail qu’elle n’a pas à réaliser, ses canards le font pour elle. Il est étonnant de la voir avancer avec ses canards qui la suivent gentiment, semblant savoir quel travail les attend. Ils vont barboter toute la journée, attraper des insectes et manger des algues ou herbes sauvages, gober éventuellement un petit poisson par ci par là.
    Yi est très intéressée par toutes les nouveautés que les autorités peuvent lui apporter, des conseils ou des idées à mettre en œuvre, facilitant ses travaux ou permettant d’économiser du temps et des labeurs pénibles.
    C’est ainsi, qu’elle a découvert auprès de l’agent agricole du district la solution des canards pour nettoyer ses terrains.
    Tous ces progrès sont dus à Deng Xiaoping, le Président du parti depuis la fin des années 70. Il a totalement modifié la vie du monde rural en responsabilisant les paysans sur leurs ressources, en même temps qu’il a appelé les puissances internationales à venir investir le long des côtes dans des villes « libres ». En 1982, elle a signé avec les autorités locales un contrat lui permettant d’exploiter des terres sous son entière responsabilité tant pour les profits que pour les pertes. Elle doit donc besogner dur pour éviter ces dernières.
    Yi est heureuse car depuis 1984, et la décollectivisation des terres rurales, elle peut travailler tranquillement ses rizières et vendre ses surplus sur le marché libre, ce qui est un énorme progrès pour sa famille. De plus elle peut trouver des artisans locaux qui lui fournissent les outils dont elle pourrait avoir besoin.
    Certes la liberté est réduite, et elle doit faire attention à ses propos, mais son mari est là pour lui rappeler les règles de base d’un pays socialiste en voix de capitalisation centralisée.
    Toutes ces réformes ont grandement amélioré la vie des paysans qui ne craignent plus les famines ancestrales, mais la dérégulation de l’Etat maoïste a amené de nombreux mouvements de liberté qui se sont fait écraser de manière sanglante en 1989 sur la place Tien Am Men. Yi y a perdu son fils ainé.

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  4. RAHMANI

    Enzo, jeune homme de vingt ans, passionné par la musique vient de remporter son premier succès, en jouant merveilleusement au saxophone, avec un groupe réputé de jazz.
    Ce musicien remarqué, vit à la Nouvelle-Orléans, connue notamment par sa musique soul, aux rythmes populaire afro-africaines. Cette zic accompagne toujours les chansons d’un piano et d’un saxophone.
    Enzo est issu d’une famille expatriée, venue d’Italie, dont le père gère au centre-ville une pizzeria. Et, la mère violoniste joue avec un groupe. Notre saxo hérite de son père, sa taille haute, ses cheveux touffus, le cou allongé avec un mouvement de la tête, et ses bras musclés.
    De sa maman, il emprunte ses yeux verts perçants, son large sourire montrant de dents blanches. Quant à sa sensibilité, le jeune-homme l’exprime dans ses gestes et son comportement. Son vice majeur réside dans l’absorption, occasionnelle, de drogues, et ce depuis la disparition de sa campagne, dans un accident de circulation.
    Demain par un matin radieux, Enzo se dirige à son club de natation, pour s’entraîner et se déstresser. Au sortir, il fait la connaissance d’un adolescent français, atypique qui joue, à la cafétéria, de son guitare. Il se nomme Patrick. Il affiche une allure soignée, avec des cheveux frisés et des épaules larges, développées –peut-être par la pratique de la natation.
    Il fut sélectionné par l’équipe nationale junior pour participer à des compétitions. Ă ce titre, il suit une discipline sport/études. Patrick est aussi passionné de jeux variés vidéo, et aux réseaux sociaux. Il parfait ses connaissances dans un club.
    La lecture est également l’une de ses activités régulières. Pour lui, c’est un moyen de s’instruire et découvrir le monde. Les deux personnes, malgré leur différence d’âge, sont devenues des copains.
    Ce dimanche, ils vont se dégourdir les jambes à la forêt avoisinante. Ă cette occasion, Patrick amène avec lui son chien Rex qui, fut arraché par une association à un maître brutal et taré. Cette bête récupérée est maigrichonne, blessée sur la queue et aux pattes.
    En vue de reprendre ses forces, Rex, soigné, bénéficie d’alimentation de poudre de lait, bouillie de riz, légumes et viande hachée. Son nouveau propriétaire découvre qu’il s’agit, d’un jeune berger allemand, aux poils noirs courts, avec un museau puissant, aux yeux en amandes, et oreilles droites. Il aime jouer.
    Bien amusés, les deux copains, retournent à la maison, où ils boivent un jus d’orange, et visionnent un documentaire sur la Chine en 1980. Ă cette époque, malgré les réformes économiques engagées, la pauvreté persiste principalement à la campagne, suite à la corruption et au chômage crossant.
    Chan vit dans une localité appauvrie, montagneuse et difficile d’accès. Elle est contrainte de besogner loin de son village, dans une vaste rizerie, en milieu chaux. Cette dame de trente-quatre ans, montre une belle silhouette en forme de sablier, affiche un visage ovale, sourcils en forme de croissant, des yeux longs courbés et une petite bouche rose.
    Chapeau blanc sur sa tête, vêtue d’un pantalon bleu, elle travaille depuis la levée du jour sur les champs. Courbée, elle déterre, avec précaution, les plantes et les repiquent dans la terre inondée, à 20 cm les uns des autres. Un labeur, pieds dans l’eau, fatiguant, rude. Elle regagne sa demeure, au crépuscule, avec des douleurs dorsales, pour s’occuper de ses enfants.
    En fin de séance, Enzo demande l’avis de son copain sur ce film touchant. Patrick qui commence à bailler préfère reporter sa réponse pour demain. !

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Tu as réussi à faire un texte cohérent avec les quatre personnages ! Excellent ça, Abdelfettah ! Je ne m’y attendais pas et c’est une très bonne idée. Ca fonctionne parfaitement.

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  5. DIDIER Nicole

    Nicole DIDIER
    6 Les personnages
    Il était une fois un jeune garçon doué, très doué. Il retenait apprenait tout en un clin d’œil. Il réussissait aussi vite que l’idée lui venait.
    Comme tout jeune doué, il a essayé maintes passions depuis le sport, à piloter des petits avions, les construire, vraiment tout lui convenait. Autour d’un feu de camp, une guitare passa entre ses doigts. Sa nouvelle passion. A la mort de sa grand-mère, il hérita d’un banjo ! il grattait à longueur de journée. Entre temps, il apprit le piano, la flûte la guitare électrique aussi bien à l’oreille que sur une partition ô combien complexe et j’en passe.
    Avec quelques copains il a composé un groupe, un petit orchestre. De la chansonnette, ils en sont venus à la chanson, chantant, jouant dans les clubs, des bars, des restaurants. Et il organisa dans son salon une salle insonorisée d’enregistrement. Il s’entraînait à ne plus dormir ! Il flirtait avec ses instruments. Il jouait l’histoire familiale, chantait les anecdotes de ses frères et sœurs. Il pleurait sa tendre nourrice perdue pour qui il n’a voulu jouer ou chanter. Il l’aimait tellement qu’il ne voulait se dévoiler. Il avait trop peur de la décevoir. Si il avait su qu’une seule note lui aurait suffi.
    Aujourd’hui, ses doigts courent encore et encore sur se claviers et fait monter ses notes si haut, très haut. Nul doute qu’elle les entendra §

    Ah ! ses livres ! ils envahissent sa chambre, le salon, remplissent toutes les étagères du garage. J’ai besoin, d’un besoin impérieux de lire. A peine une série terminée que deux autres m’attendent.
    Je n’ai pas de temps à perdre ; quand je vois mon père, mon frère, ma mère toujours scotchés devant un écran ; ils passent de la télévision, à l’ordinateur, puis au téléphone, à la tablette et je les entends crier, sauter, rouspéter quand ils ne réussissent pas à passer une épreuve. Pffit ! Comme j’aimerais les voir apaisés, un livre à la main ; le papier sent si bon, tourner une page et hop une surprise ! Un jour, ses parents ont voulu l’intégrer dans leurs univers. Ils lui ont offert un téléphone hi-tech. Et bien, qu’à cela ne tienne ! J’ai téléchargé des séries littéraires, mais je n’ai rien ressenti, mes sens étaient perdus. J’ai caché au fond de mon sac ce téléphone et je l’ai recouvert de mes chers livres.
    Bien souvent, je me dépêche de rendre mon devoir puis je me penche sous le pupitre pour connaitre la fin de mon histoire. Sur le trottoir, en attendant l’arrivée de mon père, je sors mon livre et aussitôt je suis captivée par cette magie. Je vous invite vivement à découvrir cette cette aspiration magique, envoûtante, telle un appel .

    – Oui, nous sommes au XXI ème siècle. Nous sommes des personnes civilisées vivant dans des pays développés. Et malgré tout cela, certaines personnes, heureusement minoritaires, suffisent à nous faire passer pour des barbares. Reprenons, certains d’entre nous sont démunis de toute civilité, sont restés dans le genre animal despotes ; il n’y a pas de mots suffisamment forts pour décrire ces maux. Aujourd’hui, il faut dire STOP à cette cruauté ; il faut dénoncer, traquer ces sauvages ! Ils tuent, massacrent, traumatisent notre meilleur ami, le plus fidèle : le chien ; Dénonçons notre voisin, notre frère, notre sœur, ami, tous ceux qui brutalisent, maltraitent les chiens. Fort heureusement, il y a et il y en aura toujours des familles qui voudront bien accueillir ce chien abîmé, traumatisé ; et l’amour sera le plus fort, il saura lui redonner confiance, le soigner, l’amadouer, le ramener à de meilleurs sentiments vis-à-vis de l’homme. Avec de la patience, des soins appropriés, du temps, cette famille va récolter ce qu’elle aura semer dans son cœur. Pour le moment, il ne peut pas encore courir, sauter ; les enfants de cette famille le promènent tour à tour dans une voiture qu’ils appellent brouette. Il peut ainsi se repérer. Lorsqu’ils s’éloignent de la maison, il ressent parfois encore une peur de l’abandon et à chaque fois, ils reviennent vers la porte ; alors il fait un effort pour monter ces quelques marches où il sent une bonne odeur de pâté et une écuelle de lait ; quand il commence à laper, toute la famille sourit enfin en poussant un soupir de satisfaction. Il peut commencer à espérer une future vie plus facile et bien entourée. Il est maintenant sûr d’avoir un avenir meilleur !
    – Dans ma région, les jeunes filles travaillent dès l’âge de douze ans. Aussi, à mon âge, je suis déjà courbée. Dès l’aube, je cours vite pour rattraper la charrette qui me mènera à la rizière de mes grands-parents. Je dois travailler un peu plus dur, plus rapidement, si je veux avoir suffisamment pour ma famille et mes parents !
    – De l’eau jusqu’aux genoux, je plante le long grain qui fait la fierté de notre pays. Je porte pourtant des bottes, mais l’eau y pénètre et à la fin de la journée je crois avoir soulevé des centaines de fois mon poids.
    – Après le maigre déjeuner, je passe sur l’autre parcelle où la rizière a été asséchée. La récolte commence, exactement le cent trente et unième jour après l’avoir semé. Je coupe les panicules, les entassant, les croisant pour qu’elles sèchent mieux. Puis toutes les femmes de la rizière se réunissent. Nous avons toutes un bâton à la main ; c’est en chantant que nous commençons le battage. De loin, on pourrait croire à une danse rythmée. Les panicules et laissent apparaître notre or blanc.
    – Les enfants qui jouent plus loin nous regardent émerveillés. Ainsi, nous leur transmettons notre savoir-faire, notre richesse nationale, comme nos aïeux l’ont fait. Je suis fière de partager avec le monde entier un grain de notre riche patrimoine chinois. Ce grain d’aujourd’hui a 12410 jours.

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    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Nicole, j’aime bien la première personne, effectivement ça permet de s’immerger davantage dans le personnage.
      Tu as un souci de choix des temps, et la concordance. Il te faut travailler sur le temps pour que ton texte devienne plus fluide. Car ça gêne la lecture. Ce n’est rien qu’un peu de travail.

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