N : livres à lire, la bibliothèque

N : Livres à lire, la bibliothèque

Anaïs Nin

 

Un extrait du célèbre Journal d’Anaïs Nin, que je lis et relis depuis… Je ne compte plus ! Cet extrait date de l’automne 1951. Une analyse d’une justesse parfaite et une langue magnifique et poétique.

Pour moi, Acapulco est la cure de désintoxication pour tous les maux de la ville : ambition, vanité, quête du succès ou de l’argent, la continuelle et contagieuse présence d’individus obsédés de pouvoir, qui veulent devenir célèbres, être au premier plan, se faire remarquer, comme si la vie au milieu d’une multitude donnait une maladie incurable, celle de vouloir percer, s’élever au-dessus de la foule, de se faire un nom, d’exister individuellement au milieu d’une masse de fourmis et de moutons. Ceci s’explique par la présence de millions de visages anonymes, de personnes anonymes, et le désir de se distinguer coûte que coûte.

   Ici, tout cela n’a aucun sens. Vous existez par votre sourire et votre présence. Vous existez pour vos joies et vos distractions. Vous existez dans la nature. Vous faites partie de la mer qui scintille, des plantes bien nourries et luxuriantes, vous êtes marié au soleil, vous êtes immergé dans l’éternité, seuls compte le présent, et du présent vous extrayez toutes les essences qui peuvent nourrir les sens, et ainsi les nerfs sont calmes, l’esprit tranquille, les nuits sont des berceuses, les jours sont comme des fours tièdes dans lesquels les mains d’un sculpteur d’une sagesse infinie remodèlent les contours perdus, les sensations perdues du corps. Le corps renaît. Les quêtes, les poursuites de sécurité concrètes perdent toute leur importance.

   En se baignant, on est lavé de toutes les excroissances de la soi-disant civilisation qui inclut l’incapacité d’être heureux dans n’importe quelle circonstance.

J’ai écrit un article que tu peux lire ici : Des dizaines de bonnes raisons d’écrire, selon Anaïs Nin.

 

Le Journal d’Anaïs Nin, œuvre monumentale