Pamphlet : Brisez vos chaînes et vivez ! Sortir du prêt-à-penser

 

Brisez vos chaînes et vivez !

Sortir du prêt-à-penser

Pamphlet

 

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PRÉFACE

 

JOUR 1

Brisez vos chaînes et vivez ! est un livre sur l’hypnose sociale et ses méfaits. Il exhorte l’homme à prendre la responsabilité entière de sa vie et cesser de la déléguer. C’est aussi l’aveu de tous mes désaccords avec ce monde.
J’ai écrit ce livre en quelques semaines, voici deux ans, sans aucune préméditation, puis je l’ai oublié. J’ai repris son écriture ces derniers mois : je sens l’urgence de le faire circuler depuis la naissance du mouvement des Gilets Jaunes.
Car ce sont justement des citoyens sortis de l’hypnose sociale ; ils n’acceptent plus les règles qui défavorisent la majorité d’entre nous au profit des oligarques et grands détenteurs de la puissance économique et financière mondiale ; ils tentent pacifiquement de se faire entendre et respecter mais ne reçoivent en retour que mépris et ratonnades.
Tandis que je rédigeais ce pamphlet en 2016, je pressentais qu’une part de notre société se rebellerait car il le fallait, il le faut. Mais quand ? Je sentais que c’était très proche. Je pensais : avant cinq ans. Comment ? J’imaginais un mouvement populaire créé par les citoyens. Pas un mouvement politique ou syndical car partis politiques et syndicats sont devenus des soutiens mutuels : ils pactisent beaucoup trop. Je songeais à un mouvement spontané né des plus démunis et de la classe moyenne. Il ne pouvait en être autrement : la résistance d’un peuple indigné face à la répression est affaire de solidarité. Les Gilets Jaunes, citoyens inconnus, courageux, audacieux et respectables, que la majorité des grands médias, ces larbins du pouvoir, salissent autant qu’ils peuvent, mettent à nu les maux dont souffre notre société. Et par extension toutes les sociétés.
Leur répression très violente, inadmissible, prouve que nous croupissons dans une ère de dictature, parfaitement installés dans une hypnose sociale collective, lénifiante, qui continue, sans pudeur, de nous susurrer à l’oreille que nous vivons en démocratie.
Très peu de Français ont voté aux dernières élections présidentielles : déjà, le ras-le-bol et la lucidité pointaient leur nez en 2017. Quelques Français croyaient avoir élu un président de droite ; ils ont élu un ex-banquier mégalomane. Face aux Gilets jaunes, il montre son vrai visage : il use d’un mépris et d’une violence dignes d’un dictateur. C’est par ailleurs un libéral. Or le libéralisme n’est pas libéral : il est par essence despotique. Il est dictature. Il ne recule devant rien, aucune injustice, aucun mensonge, aucune répression. Il est avide : seul l’argent l’intéresse. Il est un ardent défenseur et créateur d’hypnose sociale.
Si quelqu’un doute encore que nous sommes dans une ère d’hypnose sociale, qu’il constate : ce que subissent les Gilets Jaunes est indigne de la démocratie, indigne d’une pensée humaniste, indigne de l’homme, indigne de la déclaration des Droits de l’Homme, indigne de la France. C’est digne d’un état despotique, d’un gouvernement despotique, d’une violence despotique, d’une mentalité despotique, d’une hypnose sociale sciemment orchestrée. D’un état où l’on use de toutes les formes de propagande et de terreur pour anéantir celui qui se lève pour crier la Vérité.
C’est pourquoi je décide d’éditer maintenant ce pamphlet que j’ai eu tort de laisser dormir. Le temps du sommeil est terminé. Il est temps de crier haut et fort la Vérité.

 

JOUR 2
Ceci est un brûlot…
Je n’ai nulle envie de tricher. Nulle envie de travestir ma vérité. D’enjoliver. Nulle envie de rédiger au sens littéraire. J’ai le désir d’écrire les mots qui viennent, me confier à toi comme à un vieil ami, frère humain. J’ai besoin de liberté.
Le despotisme, on le trouve partout sur terre, partout dans le comportement des hommes ; c’est pourquoi ce livre s’attaque à toutes les formes de despotisme, y compris celui qui sévit dans le cœur même de l’homme et qu’il applique autant à lui-même qu’à autrui.
L’intuition est un guide qui m’a montré trente ans à l’avance ce que le monde allait devenir. Avant mes vingt ans, j’ai commencé à sentir l’odeur du roussi s’installer sur terre. Pressentir la manipulation dont nous sommes les objets consentants, observer combien on nous prenait déjà pour des idiots. Cela n’a pas cessé : c’est pire. Nous vivons dans le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Nous vivons dans l’hypnose collective. Pas besoin de longues analyses. Je sais, je vois, je sens, j’entends, je devine. C’est suffisant. Plus puissant que n’importe quels rapports, raisonnements, équations, démonstrations, preuves, chiffres, rapports. Le monde en a pourtant encore besoin. Certains trouvent que j’exagère. Il leur faut des statistiques, des graphiques, des courbes, des explications. Des autruches dans leur déni. Les autruches se précipitent pour acheter le dernier téléphone portable, voir le dernier blockbuster confit de haine, jouer au dernier jeu ultra-violent à la mode. Tant pis pour elles. La bêtise, comme l’intelligence, a son prix. Pour la bêtise, cela va de  l’anesthésie à la neurasthénie. Pour l’intelligence, cela va de la lucidité au bonheur. Contrairement à une idée reçue, j’ai rencontré peu d’imbéciles heureux. Je constate la marche du monde et c’est assez démoralisant. Alors je conserve farouchement mon ivresse de vivre pour conserver ma joie.
À nous de nous défendre, nous lever, frères humains. À nous de refuser ce que des hommes obscurs mettent en place tous les jours : violences et guerres, morgue et suffisance, assassinats et pouvoir totalitaire, humiliations et brutalités quotidiennes, surveillance et propagande, programmation et manipulation, conditionnement enfin, la plus puissante et hypnotique de toutes les armes. La liste est trop longue, il faudrait plusieurs livres. Vous me comprenez à demi-mots ; comme moi, vous êtes les naufragés de ce monde en déroute qui va trop vite. Nous en subissons tous les conséquences. Elles deviendront de plus en plus implacables. Nous sommes les jouets de quelques rois fous, pour la plupart inconnus ou mal connus  – car ils avancent masqués. Les vrais maîtres du jeu, les vrais maîtres du monde. Ceux qui restent dans l’ombre.
On me rira au nez. On m’accusera de croire à la thèse du complot. On me dira que j’affabule. Que je suis une enfant perdue dans le noir. Je m’en fous. Mon cuir est tanné depuis que je pense comme je pense, parle comme je parle, vis comme je vis. À vingt ans, j’avais compris ceci : les gens fixent sans cesse le détail, l’anecdote ; ils se laissent distraire. Je balayais déjà d’un revers de main leurs détails, leurs anecdotes, leurs ragots politiques, leurs informations télévisées trafiquées. Aujourd’hui par exemple, Twitter représente le summum d’une industrie de l’anecdote, du détail insignifiant. De la superficialité. De la bêtise crasse. De la haine de la culture. Je regardais l’ensemble. La vue d’ensemble. Et je comprenais que nous nous jetions collectivement contre un mur. Et que ce mur s’élevait chaque jour plus haut, en silence, sournoisement.  Vertigineux, il nous enferme  maintenant dans notre cage rutilante, ornée de gadgets électroniques et digitaux. Particulièrement en Occident. Mur de la propagande. Mur de la fausse communication. Mur du mensonge. Mur de l’aliénation. Mur de l’autodépréciation collective. Mur de l’autocensure. Mur de la censure tout court. Mur du prêt-à-penser, du politiquement correct. Mur de la vulgarité. Mur de la bêtise. Mur de la laideur. Mur de la violence banalisée. Mur de l’ignorance. Mur du déni. Mur de la haine du beau, du bien, du bon. Mur de l’hypnose collective.  MUR DE L’HYPNOSE SOCIALE.

 

JOUR 3
J’aspire à la vie, la poésie, un certain désordre créatif. Je voudrais qu’on permette aux êtres de se laisser porter par leurs intuitions, leurs besoins et leurs désirs. Ce sont les choses fortes qui comptent dans une existence. Celles que nous devons saisir car elles nous servent. Je parle bien d’intuitions et non de fantasmes, de besoins réels et non de faux besoins inventés par la société de consommation, de désirs profonds, personnels, et non de désirs provoqués par l’envie, le consumérisme, la course à l’argent et au pouvoir.
J’aspire à ce que chacun se respecte et s’aime. Assez de cette mutilation voulue et programmée, instaurée en premier lieu par une instruction généralisée, non personnalisée, non adaptée, qui ne respecte pas les besoins particuliers de nos enfants, assez de cette automutilation programmée car les enfants finissent par se soumettre et censurer leurs pensées, leurs besoins et leurs désirs comme nous l’avons fait avant eux. Assez d’être les bourreaux de nos enfants ! Assez de ce système qui produit des illettrés, des incultes, des soumis, des impuissants de la poésie, des êtres qui, à 15 ans, ont perdu tout pouvoir sur eux-mêmes, leurs intuitions, leurs rêves, leurs besoins, leurs désirs, abandonnent leurs personnalité pour épouser dans l’inconscience les désirs des banquiers, des marchands de canons, de ferrailles électroniques et numériques, de Coca-cola et de tout ce qu’on voudra de futile et dangereux. À peine sortis de l’enfance, ils se soumettent en l’ignorant aux combines minables et grandioses des invisibles, des néfastes, ces hommes sans visage et sans nom qui dirigent nos existences, tirent les ficelles dans l’ombre, manigancent les guerres et créent de toutes pièces des modes de pensées à la mode qui nous guident là où ils le veulent.
À 15 ans, les adolescents ont déjà oublié leurs besoins propres : ils abandonnent  leur âme immortelle contre un bout de plastique, un Aïe-Faune, une paire de Nique, un ordinateur ou autre babiole creuse ! Que faites-vous de nous, hommes sans visage et sans nom,  pour satisfaire vos petits désirs, vos ambitions misérables, vos impuissances criantes ?  Vous n’aimez pas la vie alors vous nous empêchez et nous interdisez d’en jouir ! À 15 ans, j’avais lu Écoute petit homme ! de William Reich. Un choc. Une connexion. J’y trouvai ce que je pensais et ressentais. Un frère dans le malheur ! Il avait donc existé un homme qui avait eu les mêmes conclusions sur l’humanité ! Il était plus proche de moi que mes meilleures amies. J’ai rêvé toute mon existence de rencontrer un être de cet acabit, abritant la même puissance explosive de vérité. Ce n’est pas encore arrivé. Je ne désespère pas.
C’est folie de croire que le monde va changer. Mais que ferais-je ici si je n’espérais pas encore ? C’est peut-être pour cela que la mort nous entraîne un jour : nous n’y croyons plus, alors autant partir. Avant cela, la vie nous a longuement meurtri, épuisé, a rongé notre corps et notre esprit. La vie d’un humain se confond avec le temps. La vie est une valse lente, parfois plus rapide. Je ne sais pas valser. Je me souviens de ma grand-mère ; elle me prenait dans ses bras, dans la cuisine, et m’apprenait la valse : « Tu vois, c’est facile, c’est rien, un-deux-trois… un-deux-trois… » Je n’ai jamais réussi ! Elle avait toujours des jambes superbes, les chevilles fines, le mollet rond, de petits pieds. Jeune, elle avait participé à de nombreux concours de valse. Elle gagnait souvent. Elle adorait danser. J’adore danser aussi, me laisser couler dans la musique. Sans retenue. Comme ivre. Mais la valse, je n’ai jamais su. Il faut des règles, des pas précis, danser à deux. Dans la vie aussi, je n’ai pas su. Je ne suis pas douée pour les règles, les pas précis, et la danse à deux. Je vis comme on boite, mais élégamment : je me suis créé mes règles, mes pas particuliers, une vie qui n’est pas tout à fait à deux.
J’avance sans trop me mêler à la masse. Je n’aime pas la masse : elle me fait peur. Le groupe est souvent imbécile et dangereux, je l’ai compris très vite. Le groupe est d’ailleurs une composante très forte de toutes les propagandes politiques, commerciales, religieuses ou guerrières. On réunit un tas d’imbéciles et ou de futures victimes et on leur dit qu’il faut croire à telle ou telle chose. La semaine dernière, je suis tombée par hasard sur le Petit Livre rouge de Mao : « Il faut combattre la guerre par la guerre. » Il a osé écrire cela ! C’est le mot d’un fou à lier. Mais c’est lui qui a fait lier des millions de gens quand il ne les a pas exécutés. J’ai lu cela à ma fille, onze ans, et une intelligence encore à elle, non calquée sur la communauté. Je tente de faire contrepoids, de l’aider à être elle-même, être qui elle désire être, respecter ses valeurs et besoins, et non devenir ce que d’obscurs personnages décident qu’elle doit être. Je fais peu de poids dans la balance mais j’essaie de tout mon petit poids. Cette injonction lui a paru si absurde, si imbécile qu’elle en a rit joyeusement : « Non, ce n’est pas possible, montre-moi, il n’a pas écrit ça quand même ? C’est stupide ! Combattre la guerre par la guerre ! Mais c’est débile ! Je n’ai jamais rien entendu d’aussi stupide ! » Elle a lu. Elle riait plus encore : « Il était complètement fou ! »

 

JOUR 4
Oui : combattre la guerre par la guerre afin qu’il n’y ait plus de guerre ! Hypnose collective. Près d’un milliard de Chinois embrigadés là-dedans durant 70 ans ! 70 millions de morts ! Et l’Union soviétique avec Staline ? 20 millions de morts ! Qui dit plus ? Hitler : 25 millions de morts ! Ca donne le tournis. Pol-Pot ? 2 millions, soit le quart de la population cambodgienne d’alors ! Ça donne à réfléchir. Quant à tous ces petits cons d’Occidentaux à col Mao ! Ils se sont refait une virginité depuis…Je ne vais pas me faire uniquement des amis mais c’est sans importance. Je ne parle pas des ouvriers qui militaient courageusement, distribuaient des tracts le dimanche et lisaient l’Humanité. Il était légitime de souhaiter un monde meilleur et de croire en ce miroir aux alouettes si habilement présenté : la lutte du Faible contre le Fort, le Partage au lieu de la Propriété privée. Leur abnégation était même belle, leur engagement respectable. Non, je parle des intellectuels qui ont su et compris beaucoup plus tôt ce qui se tramait réellement dans les pays communistes. Ils ont tu par lâcheté ce qui s’y passait, les camps de conditionnement, l’arbitraire, la misère, la main mise de la nomenklatura, les petits chefs à tous niveaux, la terreur et la délation permanente, la violence et la terreur déguisées et institutionnalisées sous les masques de la hiérarchie, du fonctionnariat, de l’armée . Ils ont su beaucoup plus vite. Mais ils étaient soutenus par le Parti. La place était bonne et leur conscience fragile. Il en est d’encore vivants. Peu ont fait leur mea culpa. La plupart se sont retirés discrètement du Parti et possèdent toutes les allures, les valeurs et les avoirs de la bourgeoisie. Finie la révolution ! En vieillissant, on apprécie le confort. On s’est reconverti dans le Capitalisme. Ça au moins, c’est une valeur sûre qui n’est pas prête de tomber ! Le sens de la possession étant génétiquement au cœur de l’homme, le Capitalisme reste la valeur refuge. Petits cons à col Mao, grands cons à cols Mao, les millions de morts en camps de rééducation, ça ne vous dit rien ? Et les 65 millions de morts causés par les communistes ? Ça fait longtemps qu’ils ont été blanchis nos cols Mao, nos Staliniens. Pour certains, le passé s’est effacé comme une trace de craie sur l’ardoise avec un bon coup de chiffon. Ils sont aussi blancs que la colombe de la paix de Picasso !
Et puis parlons du capitalisme et du libéralisme qui sont tellement plus respectueux des humains et du vivant ! C’est également une vue de l’esprit imposée. Hypnose collective. Hypnose sociale. On nous raconte une histoire sur l’Histoire. Ce n’est jamais l’Histoire réelle. Au travers des livres scolaires, des discours politiques, de l’idéologie, on escamote facilement  le pire : je voudrais rétablir la vérité à propos de ce que sont le capitalisme et le libéralisme, soi-disant si démocratiques. Ce sont des modes d’économies qui entraînent pareillement des politiques qui tiennent de la dictature. Et inversement. Economie et politique sont étroitement liées ; on ne peut penser l’une sans penser l’autre. Toute idéologie politique impose un type d’économie particulier ; tout type d’économie impose une politique particulière. Les politiciens ont toujours été le bras armé de l’économie. Une économie peut être une dictature autant qu’un système politique et social.
Le Brésil par exemple : coup d’état du genéral Castelo Branco  en 1964 avec l’aide de la CIA. S’ensuivront différents dictateurs et, avec la complicité des Etats-Unis, du FMI, de la France, 40 années de dictature capitaliste puis franchement néolibérale. Des millions de Brésiliens crèveront de faim, de maladie, de torture. Le chiffre réel des victimes ? Introuvable. On te parlera pudiquement de moins de 500 victimes ! On nous prend vraiment pour des cons !
Indonésie, 1967. Le général Suharto entreprend un coup d’état ; ceux qui s’opposent à sa dictature sont assassinés, communistes, démocrates, paysans ; il purge comme le veut la tradition chez les despotes : jusqu’à 3 millions de morts selon les historiens indonésiens. Pour la presse libérale occidentale, entre 500 000 et un million… Il a toujours été soutenu par les compagnies pétrolières étrangères qu’il avait implantées dans le pays et certains gouvernements occidentaux libéraux, France, Royaume-Uni, Australie, et  particulièrement États-Unis. Les journalistes du monde libéral ont toujours été des chiens de garde, ils n’en parlaient pas, ils n’en parlent, ils n’en parleront pas : connaissais-tu Suharto ? Suharto, c’est  pourtant 31 ans de règne et de terreur.
Le libéralisme date déjà : pense à l’esclavagisme et la colonisation. Cherche frère humain, tu vas trouver bien d’autres histoires insoutenables camouflées derrière l’Histoire officielle.

 

JOUR 5
Quand on te rabâche que le capitalisme et le libéralisme sont des modes économiques qui préservent la démocratie mais pas le mode économique du communisme, je te dis : c’est la même chose. Lis l’Histoire dans les livres des historiens car ils sont intellectuellement souvent beaucoup plus honnêtes. Ou des grands reporters car ils ont vu la vérité au péril de leur vie. Ne lis pas les journaux qui sont écrits par des journaleux payés pour recracher platement, sans réflexion, des dépêches AFP et pratiquer la propagande capitaliste et libérale. Je crache sur le communisme, je crache sur le capitalisme, je crache sur le libéralisme, je crache sur tous les totalitarismes.
Le capitalisme : hypnose collective. Le libéralisme : hypnose collective. La Chine de Mao : hypnose collective. L’Union soviétique : hypnose collective. Ce ne sont que des exemples de ce qu’on peut faire d’une masse, de ce qu’on peut faire accomplir à une masse. Donc je fuis la masse, quelle qu’elle soit. Je pourrais citer mille autres exemples mais à quoi bon ? Nazisme, fascisme, propagande sioniste, américaine, Communauté européenne, régime de Corée du Nord, Talibans, et autres. Tu sais tout cela, frère humain. Décille les yeux, c’est tout. Ouvre-les, c’est facile. Regarde, c’est plus dur. Ah, tu pleures, toi aussi ? Tu pleures, évidemment. C’est normal, ne t’inquiète pas. Oui, tu es parfaitement normal, équilibré. La marche du monde t’émeut, te dégoûte ? Tu pleures sur l’existence humiliée, entravée, les besoins bafoués de tes frères humains ? Parfait, tu es sur la bonne voie. Tu t’humanises. Tu sors de l’hypnose collective. Forcément, c’est dur. Oui, il faut encaisser. Ne pas te réfugier derrière tes problèmes ménagers, émotionnels et professionnels et leur faire prendre toute la place. Ah, tu vas arrêter de faire tes courses le samedi dans une grande surface bondée ? Ah, tu choisis plutôt d’emmener tes enfants jouer et se promener à la campagne ? Dans la nature ? Vrai de vrai ? Ce n’est pas un canular ? Tu vas le faire ! Tu as sur la bonne voie, frère humain ! Tu sors de l’hypnose sociale !
Tu vas cesser de faire quatre heures de transport par jour dans des trains, des bus, des métros pour exercer ton métier ? Arrêter de croire que tu ne trouveras jamais de travail à côté de chez toi ou que tu n’es pas capable de te créer un métier dans le lieu où tu choisis de vivre ? Tout le monde, toute la société te le répète : « Y a pas d’boulot, y a pas d’boulot, prends ce que tu trouves ! Rêve pas, y a rien ici, faut prendre les transports en commun, c’est comme ça en banlieue, tiens, moi je fais trois heures de transport par jour, bus et après RER parce que si j’démissionne, j’aurai pas d’chômage, ça serait la fin de tout, faut qu’j’joigne les deux bouts ! » Bon, tu en as finis avec ta litanie épouvantable ? Ton auto-prophétie ? Si tu ne penses pas autrement, comment veux-tu qu’il t’arrive autre chose ? Tu en as fini avec ta programmation, ton conditionnement, ton hypnose ?
Explique-moi pourquoi nombre de gens travaillent à côté de chez toi et font aussi trois heures de route quotidiennes, tandis que tu en fais trois pour aller travailler chez eux ! Le monde est devenu fou ! Cherche à côté de chez toi ou déménage et arrête de penser que les jeux sont faits. Qu’il n’y a rien à faire. Que c’est normal de vivre dans l’hypnose collective et sociale qui te rabâche qu’accepter une, deux, trois, quatre  heures de trajet par jour, c’est banal, commun, normal. C’est anormal. C’est insensé. Cesse de te déresponsabiliser. Cesse de te conduire comme un esclave. Retrouve ton estime de toi, ta dignité. Tu vas te mettre dans les ennuis en démissionnant ? Peut-être. C’est le prix à payer. Cherche une solution et tu la trouveras. Arrête de regarder le problème. Apprends à diriger ton esprit dans la direction qui t’est favorable : la solution. Durant un certain temps, ta situation sera inconfortable, peut-être même insupportable. Tu perdras tes acquis si durement gagnés. Et alors ? Quand bien même ? Ce sera toujours mieux que tes quatre heures de train. Comprends-tu ce que je dis ? La plupart du temps, ce n’est pas vrai qu’il n’existe aucun travail pour toi à côté de chez toi. Et si c’est réel, crée ton métier ou va habiter ailleurs. Ne reste pas à faire le lit et la joie de ceux qui nous dirigent et ceux, plus obscurs et infiniment plus puissants, qui nous manipulent. Refuse. C’est simple. C’est clair.
REFUSE !
Brûle, brûle Soleil de pacotille sur tous les urinoirs du monde !
Postillonne, ivrogne dans ton délire immunisé contre le bonheur !
Crache, vieille édentée, sur ce monde qui n’est plus le tien, car tu as raison !
Tu fais de toi ce que tu veux ! Tu décides !
Tu penses que tu ne mérites rien alors tu n’as rien !
Tu penses que tu ne vaux rien alors tu n’es rien !
Tu penses que tu n’es pas de taille à résister alors tu plies !
                                                                                                      REFUSE !

 

JOUR 6
On nous a tout ôté : la terre, l’eau, le feu, les bêtes, les plantes nourricières. Aucune autarcie possible, surtout pas ! Il faut que tout se vende, que tout soit taxé. Seul l’oxygène ne l’est pas encore. C’est le dernier bastion. Les maîtres du monde y réfléchissent déjà, c’est certain. C’est un gros dossier. Pas si facile. Il y faudra toute leur technologie. Ils ont mis des équipes techniques sur la question. Ils planchent dur. À quand l’air en conserve ? C’est pour bientôt, tu peux me croire. À Tokyo, l’air est tellement pollué qu’on y trouve déjà des bars à oxygène. Aux Etats-Unis et en Australie aussi. Ils seront de plus en plus nombreux, ils s’implanteront partout. Pourquoi ? Parce que la pollution est telle qu’elle ouvre les voies à ce nouveau marché. On finira par aller prendre une bouffée d’oxygène au bar comme on buvait un café autrefois. Ça viendra comme est venu le reste. En moins d’un siècle, tout nous a été confisqué. Notre liberté a été drastiquement réduite. On nous fait acheter des tas de gadgets pour l’oublier. Tu oublies, toi ?
Moi non. Je suis têtue comme une vieille bourrique. Je l’ai toujours été.
On me dira que je refuse de vivre à l’aise avec la réalité. Oui, et ce n’est pas encore un crime. C’est cette réalité qui est un immense crime, un ensemble de crimes permanents. Regarder en face cette réalité pour la rejeter aussi loin de moi que j’y parviens, c’est sain. Je ne veux pas me laisser pervertir par le corps social et l’hypnose collective. Je refuse. Je suis difficile ? Rebelle ? Oui, je confirme : je suis rebelle. Mais rebelle sans violence contrairement à vous qui vivez dans l’hypnose et exercez votre violence permanente à tous niveaux de votre hiérarchie : de l’éboueur au magnat de la presse, de la femme de ménage au président d’une compagnie pétrolière, de l’ouvrier au grand banquier, de l’ingénieur au roi, vous vous faites les crocs sur vos enfants, votre personnel, vos collègues, vos amis, votre épouse, votre mari, vos employés… le monde est plein de petits et de grands salopards ! Ce n’est qu’une question d’envergure, d’ambition ! Rien qui ne soit sans violence, hélas, dans vos rapports coutumiers à autrui, vos religions, vos habitudes, vos défis mêmes… Je vois la haine bien installée. Établie depuis l’enfance. Institutionnalisée. Soi-disant éducative. Elle est partout : policière, politique, éducative, sociale, économique, familiale… Dans les conversations, l’imaginaire et les fictions, les films, les jeux vidéos, les émissions et journaux  télévisés, les radios, les chansons, les œuvres de tous poils, la littérature, et elle se respire avec délectation, se boit, se transpire et on s’en empreigne avec enthousiasme comme dans ces atroces corridas. Et le cœur de la vie, on le torture à chaque seconde : viols, excisions, coups, assassinats, tortures, pédophilie, guerres, humiliations, terrorisme, esclavagisme…
On me rétorquera que j’ai la vue basse, que je ne regarde que le pire. Je réponds que vous ne désirez voir que ce qui vous rassure, frères humains : tant que vous possédez suffisamment de vos gadgets stupides, qu’importe que l’homme croule sous les bombes, les ordres, les contre-ordres, la manipulation… Hypnose sociale, quand tu nous tiens ! Mais nous n’y pouvons rien, me direz-vous ! Vous voulez rire ? Vous vous vautrez dans la violence, petits Occidentaux, vous en vivez ! Moi aussi du reste, bien qu’à contrecœur. Surtout nous, Français ! Vous nous croyez supérieurs ; vous pensez que nous créons moins de violence que les pays en voie de développement ? Nous vivons pourtant beaucoup du commerce des armes, le plus vil, le plus minable, le plus meurtrier de tous ! Nous, Français, avons tous du sang sur les mains ! Nous sommes le peuple d’un pays conquérant. Nous avons beaucoup fait la guerre, beaucoup colonisé, beaucoup vendu d’armes. Or vendre des armes, le beau métier ! Et qui a de l’avenir, mon enfant ! Comme vendre des cercueils. Vendre des armes, c’est vendre de la mort. À un bout de la chaîne une arme, à l’autre bout un cercueil. Ah, frère humain, comment peux-tu faire cela à tes victimes ? Frère humain, vendeur de mort ! Et je ne connais pas ton nom, ton âge, ton visage. Qui es-tu, vendeur de mort ?

 

JOUR 7
Nous le sommes tous un peu parce qu’en acceptant que notre pays fabrique et vende des armes, nous y participons. Qui ne dit mot consent. Nous capitulons. Nous pactisons. Nous nous taisons. Parfois même, nous applaudissons ! Nous nous congratulons, il faut bien alimenter la conversation à l’heure de l’apéritif : « Tu as vu, la France a exporté 20 milliards d’euros de matériel en 2016 ? »  Particulièrement aux Émirats arabes unis, à l’Arabie saoudite et l’Inde, et la voici devenue, en 2017, le troisième exportateur mondial d’armes, après les États-Unis et la Russie… Champagne ! Un si petit pays ! Nous collaborons à l’immense entreprise de mort tenue par des gens sans visages. Nous ne connaissons guère que le nom des Dassault. Mais pour cette multinationale seule, combien de gens travaillent ? Près de 12000 pour l’aviation ! Et 6000 encore car le groupe Dassault, c’est aussi le groupe Figaro, de l’immobilier, et Artcurial, et même du Saint-Émilion…! Mais ce n’est rien ! Environ 75 000 emplois directs et indirects sont générés par la vente d’armes dans notre pays. Et bien d’autres pays possèdent une industrie de mort. Oui, en nous taisant, nous collaborons avec les marchands de mort. Nous donnons notre assentiment par notre silence. Ce que j’écris ne te plaît pas, frère humain ? C’est pourtant vrai. Quand un enfant meurt déchiqueté par une bombe française, nous avons du sang sur nos mains. Tu veux d’autres chiffres ? En voici : pour la France, en 2015 seulement, 80 avions de combat signés Dassault vendus au Qatar, 24 Rafales et des missiles à l’Egypte, 36 Rafales pour l’Inde. Classement 2015 : deuxième vendeur d’armes du monde. 2017 : troisième. Je devrais au contraire applaudir ? Je suis mauvais public. Je boude le spectacle de la mort, la violence et la guerre.
Des chiffres ? Encore des chiffres ? Cherche. Lis donc Le monde diplomatique. Renseigne-toi. Tu verras : c’est vrai. Tu me trouves rabat-joie ? Soit. Si tu veux. On a la conscience qu’on choisit. Tu choisis, je choisis, nous choisissons. Mais ce n’est pas une comptine innocente, c’est un jeu de dupes, un jeu où la mort gagne à tous les coups. Pense à tous les pays en guerre que tu connais. Pense à tous les pays sans conflit aucun que tu connais : 10 pays ont été recensés pour 2017. Sur 197 pays… Pas un de plus ! Pense ! 10 ! Bon sang, pense ! Ah, tu ne veux pas ? Les bras m’en tombent. Tu préfères ta télévision, tes Jeux Olympiques, ton demi ? Tu préfères te changer les idées avec un blockbuster, te perdre dans cet autre monde également empli de violences  où les canons sciés font office de loi et les grenades de justice ? Je te laisse à tes pop-corn. On a les divertissements qu’on mérite. Tu n’es pas obligé d’être conscient. Tu as choisi l’inconscience. Tu choisis à chaque seconde. Tu choisiras encore. Qui sait si dans la mort, nous ne choisissons pas encore ?
Et puis l’hypnose collective, toujours, qui est une hypnose sociale puisque créé par la société : moi aussi j’ai longtemps cru à la légende des 197 pays sans comprendre ; je me disais : « C’est bizarre qu’il y en ait si peu ! J’ai vraiment l’impression qu’il en existe beaucoup plus ! » Et pour cause… L’ONU, pourrie jusqu’à la moelle comme la majorité des institutions, s’arrange avec sa morale ; elle se donne le droit de décider qui est un pays et qui ne l’est pas ! 197 : c’est seulement le nombre de pays qu’elle reconnait ! En réalité, tu peux compter plus de 300 pays sur notre planète. Oui, oui ! Renseigne-toi. Hypnose collective. Hypnose sociale.

 

JOUR 8
Depuis les commencements des temps, tu choisis, frère humain. Tu as choisi d’hurler avec les loups. Tant d’options s’offraient à toi pourtant, vers les débuts aventureux de notre humanité. Les grands choix qui nous gouvernent aujourd’hui, vous, nos ancêtre, les avez faits. Il y avait l’amour, ancêtre, tu as choisi la haine ; il y avait la douceur, tu as choisi la violence ; il y avait le bonheur, tu as choisi l’angoisse ; il y avait la connaissance, tu as choisi l’ignorance crasse ; il y avait la fraternité, tu as choisis le racisme et les frontières ; il y avait le partage et la solidarité, tu as choisi la propriété et la cupidité ; il y avait la tendresse, tu as choisi l’humiliation ; il y avait l’admiration, tu as choisi le mépris ; il y avait l’empathie, tu as choisi l’indifférence ; il y avait l’originalité propre à chacun, l’individualité, tu as choisi l’uniformisation, l’embrigadement, l’hypnose collective ; il y avait la création, tu as choisi la production, ancêtre. Et maintenant, devenu l’homme moderne, tu as poussé ton désamour de la vie jusqu’au bout de sa logique, jusqu’au paroxysme : la mondialisation, le capitalisme et le libéralisme. Tu nous en vantes les mérites jour et nuit, frère humain, mais j’ai des yeux pour voir, des oreilles pour écouter et un cœur pour sentir et pleurer. Il y avait la liberté mais tu as préféré la prison à vie. Ce sont les valeurs sur lesquelles tu as bâti ton existence et tu voudrais que j’applaudisse et adhère ?
Quant à l’eugénisme et au transhumanisme, ils sont en chemin et très proches. Je crains le pire. Tu es ton propre bourreau, ta propre victime. Ce serait dramatique mais supportable si tu n’entraînais pas le monde entier dans ta chute. Tu pollues ton entourage comme tu pollues la terre. Tu te comportes comme la brute que tu es. J’ai souvent honte, frère humain, d’être humaine ! Dieu, que j’ai honte de nous ! Tant de détresse là où nous devrions vivre le bonheur ! J’assiste, impuissante, à la destruction de mon monde, ma planète, de vous, mes frères humains.
Et vous, mes sœurs humaines, Ô mes sœurs ! Si courageuses. Si bafouées. Si maltraitées. Si humiliées. Vous avez tout subi depuis le premier jour. Vous subissez tout, encore et toujours. L’Histoire des femmes est celle d’un incessant carnage. Quand donc votre martyre prendra-t-il fin ? Vous, le sel de la terre, mes sœurs humaines, que fait-on de vous ? Bêtes de somme qui donnez pourtant la Vie ! On ne vous remercie pas. On ne vous honore pas. On ne vous fête pas. On vous méprise. On vous bat. On vous insulte. On vous viole. On vous excise.  On vous enferme. On vous cache. On vous voile. On vous apprend à avoir honte de votre corps. De la jouissance. De regarder un homme dans les yeux. De parler. De rire. De chanter. De danser. De vivre. D’être. De penser. De vos désirs et même de vos besoins. On vous interdit de vous cultiver. D’aller à l’école. De choisir votre compagnon de vie. De choisir votre vie ! On vous interdit tout. On vous apprend à avoir peur du mari, du père, du frère, du cousin, du neveu, du voisin, et même de vos sœurs humaines ! Vous survivez dans une atmosphère de délation, de violence, de brutalité, de désamour, de cruauté…
Ô mes sœurs humaines qui mourrez sous les coups et les tortures en rêvant de liberté ! Ô mes sœurs humaines…mes mots sont futiles, trop légers, des riens pour raconter ce que vous subissez. Il faudrait des cailloux lourds comme votre peine, dénudés comme votre manque d’amour, tristes et laids comme l’existence qu’on vous force à endosser, sans couleurs, grise, répétitive, placée sous le signe de la terreur. Ô mes sœurs humaines, je n’ai pas de mots pour dire vos maux.
Et vos enfants, nos enfants, parlons-en ! Parlons de nos enfants, mes sœurs. Nos enfants. Ne devraient-ils pas être frais comme des prairies, tendres comme les herbes, beaux comme les grands arbres, forts comme les océans, fiers comme le ciel, sereins comme les lacs, justement aimés comme des enfants ? Ô nos enfants, nos petits d’humains… Qu’ont-ils fait de vous au cours des siècles et que font-ils de vous à chaque instant écoulé ? Ô mes enfants, si tendres quand vous venez au monde, si durs plus tard quand vous êtes parvenus à survivre aux pièges que l’adulte place sous chacun de vos pas. Enfants, vous marchez sur un champ de ruines, c’est cela votre enfance. Vous la subissez. Vous obéissez. Vous vous taisez. Vous n’avez que vos mains pour vous défendre des coups, du viol, de la torture, de la faim, la soif, l’humiliation, le manque d’amour et de tendresse. Il faut bien survivre. Vous vous taisez. Vous attendez votre heure. Mais alors on vous a déjà brisés. Il est trop tard. Tant de choses cassées. Tant de cicatrices. De blessures qui ne se fermeront jamais. De sentiments et d’émotions refoulées. À votre tour, vous devenez brutaux, à votre tour vous n’honorez plus la Vie. Comment pourriez-vous aimer la Vie ? Quels contacts vous a-t-on donné avec Elle ? Celui d’une gifle, d’une insulte, d’un ordre, d’une humiliation, d’un chantage, d’une punition, d’une trahison ? Tout cela à la fois ?

 

JOUR 9
C’est tout notre mode de pensée, d’être, de sentir, de communiquer, toutes nos civilisations, tout notre monde humain en un mot qui est à repenser, à refaire. Tous les rapports entre les êtres et au-delà, les êtres et les animaux, les objets, la nature, la Vie, ce qu’il est convenu de faire et ne pas faire, de ne plus faire, ou faire alors que cela ne l’a jamais été, ce qu’il convenu de ressentir et ne pas ressentir, tout est à recommencer. Mais d’une autre manière. Cela ne peut plus durer. Nous courrons à notre perte. Nous devons prendre de la hauteur, désapprendre ce que nous avons appris, ôter nos préjugés, oublier nos habitudes, tout considérer d’un œil neuf comme si nous venions de naître, comme si nous arrivions pour la première fois sur notre planète, ignorant de tout, et seulement, peut-être, parviendrons-nous à prendre du recul et instaurer de nouvelles règles. Des règles pour vivre ensemble. Pour le bonheur ensemble. Le respect ensemble. L’épanouissement ensemble. La liberté ensemble. Et non des règles pour vivre les uns contre les autres, en travers des autres, en comparaison des autres, en compétition contre les autres.
Il vous semble que je rêve ? Je vous réponds qu’il faut semer des graines. Elles pousseront. Elles seront longues à pousser. Vous arracherez les premières racines, frères humains, car la vérité vous affole. Elle vous panique ! Elle vous met face à vos responsabilités et vos consciences sales. Mais d’autres sèmeront de nouvelles graines. Je ne suis qu’un relais. Bien d’autres relais ont existé par le passé. Il naîtra de plus en plus souvent des relais qui sèmeront des graines. Comme vous ne parviendrez jamais à les déterrer toutes, quelques-unes finiront par pousser. Puis d’autres. Cela donnera lieu à des révolutions de la pensée, la connaissance, l’éthique, la gestion des émotions et du sentiment, de la culture, de l’art… Vous finirez par vous laisser déborder, vous les prétentieux marchands d’armes et de mort, vous les grands banquiers, vous les hommes de l’ombre et du pouvoir, vous les grands manipulateurs, les grands malades. Et vous les petits, les obscurs et sans grade, malfaisants au quotidien, teigneux comme des punaises, vampires de toutes conditions. Il y faudra des siècles, peut-être même des millénaires. Il y faudra des générations et des générations de planteurs de Conscience, de planteurs d’amour de la Vie. Il y faudra des milliers de milliards de petites et grandes graines. Des milliards de minuscules relais comme je le suis. Mais un jour, je le sais, vous n’arriverez plus à maintenir le flot de cette pensée nouvelle, de cet amour pur, qui ne peuvent s’élaborer qu’en dehors de vos limites d‘hommes de pouvoir entièrement tournés vers la domination et l’avidité. Vous serez débordés. Noyés. Balayés. C’est une guerre d’usure. Elle est et sera longue, impitoyable, douloureuse. Mais je ne peux croire qu’il en sera autrement.

 

JOUR 10
Ô mes frères humains, vous avez choisi l’avilissement et l’esclavage depuis le commencement. Certains d’entre vous ont cependant choisi la révolte et vous serez de plus en plus nombreux. Un jour, Révoltés, vous couvrirez le monde. Vous n’aurez pas besoin d’armes. Ce sera la révolution par le cœur. L’arme ultime : le cœur. Mais en attendant ce jour…
Voici que ce jour, très, très long en vérité, un jour long de millions d’années, a partiellement débuté. Nous n’avons été sur l’échelle de l’Histoire et ne sommes encore que quelques millions à travers le monde. Quelques millions à croire profondément que la logique du cœur amène davantage de bonheur que la logique guerrière dans laquelle nous avons été éduqués. Ce qui ne veut pas dire que nous rayonnons tous d’amour et de bonheur. Nous tentons déjà de rayonner notre propre lumière, d’aller jusqu’au bout de nos convictions et nos besoins ; nous commençons par l’essentiel avant de pouvoir donner davantage, de savoir donner aux autres : nous nous donnons le droit de nous offrir nous-mêmes de l’amour, le respect de nos besoins, nos désirs, nos valeurs. Car on ne peut donner de bienveillance quand on ne s’aime pas. On ne peut rayonner vers les autres quand on ne rayonne pas pour soi. Il faut d’abord installer en soi les conditions propices à offrir de la bienveillance. Nous espérons que rayonner notre vérité permettra à notre entourage, par osmose, imitation, influence inconsciente, de s’essayer également à émaner sa propre lumière. Nous sommes peu nombreux, pionniers d’une autre façon d’être, se comporter, évaluer les événements, d’exiger de soi davantage que des autres, de se sentir présents au monde, aventuriers d’une manière différente de vivre et respecter notre planète, et tous nos frères humains. Cela suppose un courage qui paraît dérisoire aux grands maîtres de notre monde qui possèdent tout, contrôlent nos existences, et manipulent  jusqu’à nos moindres pensées. Frères humains inconscients de ce qui se joue depuis quelques décennies dans la discrétion, une révolte sans violence gronde doucement. Des êtres parviennent à rayonner leur vérité. Ils ont beaucoup travaillé sur eux afin d‘y parvenir. Ils y travaillent toujours : ils savent que le bonheur est au prix d’un travail quotidien d’alignement de soi. Ce rayonnement, n’as-tu pas envie de le connaître ? N’as-tu pas envie de te donner cette chance ? Ce bonheur ?
Allez, viens frère humain, viens ! Embarque avec nous. Aime-toi. Accepte ton prochain. Prends conscience de toi, ta vie, de ce que tu dis, fais, sens, es, pourquoi tu en es arrivé là. Reprends le contrôle de ton existence. Cesse ta victimisation : elle est le fruit du lavage de cerveau que tu subis depuis ta naissance. Les grands de ce monde en profitent ; ils font de toi une marionnette honteuse. Cesse de participer à cette mascarade qui enrichit ceux que tu détestes ou admires carrément quand tu es vraiment trop stupide et manipulé !
Viens avec nous, monte ! Embarque ! Nous allons changer le monde, le rendre à ce bonheur auquel tu aspires si désespérément. Monte, monte ! Plus nous serons nombreux, plus vite cela arrivera, plus rapidement nos descendants connaîtront cette existence à laquelle nous rêvons, frères humains. Participons à créer cet héritage. Viens, choisis la dignité, la liberté, l’autonomie affective, choisis la Vie, choisis l’amour et l’espérance. Abandonne l’hypnose sociale, frère humain, viens, monte, embarque !

 

JOUR 11
Ah, tu ne veux pas ? Tu as peur des maîtres du monde ? Et même de ton entourage ? Tu as peur des représailles ? Du rejet ? Peur de toi-même ? De comprendre qui tu es vraiment ? Peur de travailler sur toi ? Peur de découvrir que tu n’es qu’une écorce vide ? Que tu es né pour rien, que tu n’as rien à exprimer, faire, apporter sur cette terre ? Comment peux-tu penser autant de mal de toi ? Comment peux-tu ne t’accorder aucune chance ? Parce que tu te crois nul, inepte, inutile ? Si tu le penses, alors les maîtres de la manipulation qui nous contrôlent, nous programment, nous conditionnent, ont parfaitement réussi leur coup ! Et tu leur donnes raison. C’est ce qu’ils désirent plus que tout : que tu te censures. Que tu te taises. Que tu n’existes plus que comme un zombie serviable. Une chose. Celui qui n’a pas de nom, juste un matricule. Celui dont on se sert sans qu’il en ait conscience. Si tu penses autant de mal de toi, c’est que tu as perdu toute dignité et amour-propre. Tu n’es plus rien ! Anéanti. Vide. Tu acceptes ceci ? Ils ont réussi les hommes invisibles et ventripotents aux manettes du monde. Pourquoi crois-tu qu’ils nous abreuvent de vulgarité, de téléréalité, de bêtise, d’ignorance, de médiocrité ? Pourquoi crois-tu qu’ils nous inondent de sentiments bas, de modèles qui sentent la putasserie à plein nez, la pornographie, l’impuissance, la misère sexuelle, la débauche, les addictions à la drogue, la connerie, la violence, l’alcool ? Pourquoi crois-tu qu’ils nous proposent sans cesse la surconsommation, la malbouffe, les jeux vidéos, les applications infantiles, les réseaux sociaux, les jeux de hasard ? Pourquoi crois-tu qu’ils  nous ensevelissent sous la pollution, l’irrespect, les gadgets électroniques, technologiques, les musiques bas de gamme, les pensées basses de plafond, les idées fausses en dessous du pantalon, un vocabulaire absurde et journalistique ? Pourquoi crois-tu qu’ils détruisent les belles valeurs – amour, amitié, compassion, solidarité, création, tendresse, partage, intelligence, sensibilité, poésie, harmonie ? Pourquoi crois-tu qu’ils assassinent l’éducation, l’instruction, la culture, l’art, l’intelligence, la beauté, la bonté, le respect de soi et des autres ?
Pour te servir ou au contraire se servir de toi et mieux se servir eux-mêmes ? Se servir royalement sur cette planète car tu n’es qu’un de leurs jouets ? Ton seul espoir est de te rallier à ceux qui en sont conscients. Sortir de l’hypnose collective. Rejeter le sale, le monstrueux, le laid, le vulgaire, le médiocre, le stupide. Rejeter les hommes de la manipulation et du pouvoir. Pour eux, tu n’es qu’une valeur marchande, un zéro de plus sur leur compte bancaire.
Et plus que tout, rejette l’habitude de la violence. Ils la mettent partout en place, à tous niveaux. Ils l’implantent dans ton cerveau, tes tripes, tes habitudes, tes modes de communication et tu prends les armes quand ils le veulent, où ils le veulent. Les guerres leur rapportent tant ! Comment y renoncer ? Braves petits soldats… Veux-tu poursuivre ta route misérable et sans révolte ? Veux-tu vraiment rester leur jouet ?
Viens, frère humain, il est encore temps. Viens, embarque, monte dans le train de la lucidité ! Ce ne sera possible que lorsque tu auras accepté cet état de fait : nous sommes manipulés. Nous ne sommes pas libres. Nous créons notre propre malheur en croyant à tout ce que leurs manipulations nous imposent. Et l’une des plus incroyables et des plus efficaces est de nous faire croire que nous ne sommes pas assez intelligents pour faire mieux de nos existences. Tu dois travailler sur toi pour savoir qui tu es, toi. Pas cet être insignifiant et incapable mais un être empli de potentialités, un être créatif capable d’accomplissements importants. Il te faut travailler sur ce que tu veux être. Pour ne pas devenir ou continuer à être ce qu’ils veulent que tu sois. Être ce que tu veux être, toi. Donne-toi de l’importance, apprends à t’aimer, te respecter. Viens, embarque, nous sommes une poignée, quelques millions à travailler chaque jour à incarner ce que nous sommes. Nous sommes invisibles mais nous plantons des graines, nous semons patiemment jour après jour.

 

Jour 12
Si nous sommes parfaits ? Non. Nous sommes imparfaits. Nous tâtonnons. Nous sommes des chercheurs de bonheur. Des chercheurs de liberté. Des chercheurs d’épanouissement. Des chercheurs d’autonomie. Nous façonnons ou testons des instruments de connaissance et de réparation de soi. Car nous sommes abimés comme toi, frère humain, abimés par la manipulation, l’éducation, l’hypnose sociale. Nous trouvons des techniques pour aller mieux, nous rapprocher de qui nous sommes réellement. Ou nous ne trouvons pas. Mais nous cherchons. La psychanalyse a un peu plus d’un siècle, la psychologie aussi, et les thérapies comportementales et cognitives, l’EFT, la PNL, l’hypnose, l’EMDR, la méthode E.S.P.E.R.E, ou simplement l’éducation bienveillante et la communication non violente et autres ont à peine quelques décennies pour les plus vieilles. Il existe des dizaines d’approches différentes pour vivre bien en France. Tu vois, tout est neuf. Nous découvrons un continent vierge. Tout est à créer. Des thérapeutes ont développé des outils merveilleux, acquis des connaissances fabuleuses, et ils nous proposent de considérer la vie et les modalités de la vie et de la communication autrement. La neuroscience est toute récente. Imagine notre avenir si nous  nous accrochons, si nous n’abandonnons pas, si nous acceptons notre besoin de travailler sur nous pour nous transformer afin que le monde se transforme.
C’est la première étape, je te l’ai dit : au lieu de te voiler la face, accepte que nous sommes des êtres imparfaits qui vivons dans un monde imparfait, et accepte de te réparer pour rayonner autre chose que ton malheur. Embarque sur notre radeau, et soigne-toi avec nous.
Ah, tu me demandes pourquoi nous soigner puisque les malades ce sont les autres, ceux qui nous imposent tout ? Pourquoi ce ne sont pas ces hommes obscurs et sans visage qui se soignent puisque ce sont eux les fous les plus dangereux de la planète, eux qui nous polluent avec leur maladie du pouvoir, de la possession, leur mégalomanie, leurs fantasmes de grandeur et d’asservissement ? Tu trouves cela injuste ?
Comme toi, je me suis longtemps posé cette question. Elle m’obsédait : pourquoi les déments sont-ils en liberté et les victimes emprisonnées dans un carcan invisible, mais bien réel ? Ces questions m’empêchaient d’avancer. Je m’accrochais également à cette histoire d’injustice. Mais écoute : l’injustice, on s’en fout ! Ce n’est pas important. Ce qui importe, c’est que nous avancions. Pas à pas. Ensemble. Cette histoire d’injustice, tu ne vas plus t’y intéresser une fois que je t’aurais répondu ! Tu vas complètement l’oublier. Voici pourquoi c’est à nous de nous soigner :
Parce que tu ne peux pas leur demander de se soigner ; ils ne le feraient pas. Ils ne sont pas malades, ils sont fous à lier. C’est différent. Ils n’ont aucunes limites. Ils ont la bave aux crocs. Ils sont infiniment dangereux. Ils possèdent tout. Ils manient les armes, les drogues, la propagande, la manipulation de masse, les médias ; ils organisent la traite et le trafic des femmes, des enfants, des hommes, des organes, et les guerres ; ils manipulent la santé, les cerveaux, les intelligences, les cœurs, les sentiments, les émotions des populations, les croyances, les religions, les gênes ; ils corrompent tout ce qu’ils touchent y compris les humains ; ils assassinent et font assassiner ; ils contrôlent l’eau, les plantes, la terre, la nourriture, l’air, les matières premières, les animaux, les usines, la production, la technologie, l’art, et j’en passe. Ils ne respectent rien. Ils n’aiment rien. Ils pensent que l’amour est la plus grande des faiblesses. Que la tendresse est une humiliation. Ils ne savent pas qu’ils sont fous. Si tu demandais à l’un d’eux de se soigner, il te ferait descendre froidement par un homme de main. Voici pourquoi ils ne se soigneront jamais.

 

JOUR 13
D’autre part, il n’y a pas qu’eux ; les petits maîtres existent aussi et ils se recrutent à tous niveaux de la hiérarchie sociale. Souvent ils ne sont même pas conscients des dégâts qu’ils causent. C’est pourquoi, dans le doute, il nous faut tous nous soigner ! Je te rappelle ce passage d’Écoute, petit homme ! et ce n’est pas un passage agréable pour toi et moi. Mais Wilhelm Reich, cet immense psychanalyste, faisait un constat réaliste :
J’ai appris que c’est ta maladie émotionnelle et non une puissance externe qui t’opprime à toute heure de la journée, même si aucune pression extérieure ne s’exerce contre toi. Tu te serais depuis longtemps débarrassé des tyrans si tu étais toi-même animé d’une vie interne en bonne santé. Tes oppresseurs se recrutent dans tes propres rangs, alors qu’ils provenaient naguère des couches supérieures de la société. Ils sont même plus petits que toi, petit homme. Car il faut une bonne dose de bassesse pour connaître d’expérience de ta misère et pour s’en servir ensuite pour mieux t’exploiter et mieux t’opprimer.
Oui, les maîtres possèdent leurs lieutenants et ils se trouvent partout, bien implantés dans le tissu social. Il faut donc compter sur les hommes de bonne volonté et, tu l’as compris, c’est à eux que je fais appel. Ce que nous ne pouvons changer, acceptons-le. Cela veut dire : regardons-le en face. Cessons de nier que cela existe. Cessons de nier le réel. Cela ne veut pas dire : apprécions-le !  Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord, que nous ne nous indignons pas, que nous ne nous révoltons pas. Cela veut dire que nous acceptons que nous ne pouvons changer les hommes sans visages et sans nom les plus dominants, les plus puissants de la planète.
Le constat et l’acceptation des faits servent à se poser la bonne question. Et à y répondre. La question n’est alors plus : comment changer les hommes sans visage, mais : comment changer le monde ?
Nous pouvons changer nous-mêmes pour changer le monde. D’abord parce que nous avons été pollués et que nous ne nous sommes plus tout à fait sains. Nul doute qu’ils nous ont rendus malades. Certains sont mêmes perdus, devenus aussi déments que leurs maîtres. Devenus à jamais leurs fidèles serviteurs. Nous devons nous soigner pour soigner le monde. Davantage nous serons de gens sains à habiter ce monde, davantage ce monde sera sain. Les gens sains n’acceptent pas de devenir des serviteurs. Les bourreaux ne peuvent pas exercer de pouvoir quand il n’y a plus de victimes.
Ensuite, notre seul pouvoir réel ne s’exerce pas sur les autres mais sur nous, dès lors que nous n’entrons pas dans la violence et la manipulation. Ces saletés-là, nous les leur laissons. Nous pouvons cependant exercer un pouvoir sur nos personnes. Nous soigner. Nous élever. Voici pourquoi, frère humain, ce n’est ni juste ni injuste. C’est un constat de fait neutre : si tu veux métamorphoser le monde, commence par toi. Rayonne toute ta lumière et contamine le monde de ta belle lumière. C’est ce que tu peux faire de plus beau, de plus grand, de plus juste. Ne te refuse plus cette beauté. Ne te refuse plus de participer à la grandeur de l’humanité. Éduque tes enfants dans l’amour, non dans la violence.

 

JOUR 14
Je sais : tu as peur. Nous avons tous eu peur avant de commencer : de nos souvenirs qui remonteraient et nous engloutiraient peut-être, de nos vieux démons réveillés, aussi frais que si nous avions de nouveau vingt ans, peur de l’échec, du refus, peur de réussir, peur de changer, d’être déçu, peur d’avoir peur, peur de l’inconnu, de l’amour, des sentiments, de la tendresse, peur de la vie, peur de la mort, peur des autres, ces morts-vivants, peur des hommes sans visage et sans nom, peur des nuits sans sommeil, de la tourmente, de la maladie, des cauchemars, de notre intimité, peur de la fraternité, de l’élan, de se montrer à nu, peur de toucher l’indicible, peur du vide, peur du plein, peur du monde, peur de renaître, peur de ne plus se reconnaître, peur de se découvrir, peur de ne pas savoir cesser d’avoir peur, peur des commencements, d’être seul, d’être rejeté, abandonné, peur de nos contradictions, nos désirs, nos besoins, peur de notre plaisir, notre colère, notre joie, notre corps, peur du sexe, de notre âme, notre esprit, notre intelligence, nos talents, nos goûts, nos manques de talents, de prendre nos décisions, de nous tromper, peur de notre enthousiasme, notre sincérité, nos fragilités, nos rêves…
– Assez, assez, me cries-tu, ne poursuis pas cette liste, par pitié, cesse !
Allez, je cesse. Je sais pourquoi tu n’aimes pas cette liste : chacune des peurs que tu lis dans cette liste, tu prends conscience que tu as vécu en la fuyant, que tu n’as jamais voulu l’affronter, que tu ne sais pas ce que tu en penses ni comment tu te sens par rapport à elle, ce que tu dois en faire, comment faire pour te sentir mieux avec elle… Tu constates l’ampleur des dégâts causé par ton aveuglement et ta fuite en avant. Je te conseille même de prendre un stylo, un cahier, et de répondre posément à tout cela pour t’aider à savoir qui tu es et qui tu pourrais devenir. C’est un long exercice mais il en vaut vraiment la peine. Demande-toi donc ce que tu ressens devant les mots besoin, tendresse, désir, peur, peur d’avoir peur, et tous les mots cités précédemment… Prévois plusieurs heures devant toi car cet exercice sera long et difficile si tu le fais honnêtement. Il se peut qu’il soit pour toi une révélation.
Frère humain, il faut travailler tout cela pour se connaître et se mettre en accord avec soi. Oui, il faut se poser les bonnes questions et les résoudre. Oui, il faut accepter que parfois tu ne sauras pas, ou pas avant longtemps. C’est un exercice à refaire, pas un exercice à faire une seule fois dans une vie. Car nous changeons. On t’avait bien recommandé de ne pas penser à tout cela, l’enfouir, ne jamais t’y confronter. Mettre un couvercle dessus. Tout enfoncer en toi comme si c’était de l’ordure et toi une poubelle. Or tes réponses ne sont pas de l’ordure mais de l’or pur. C’est toi. Ce que tu sens. Ce que tu es. Tes réactions. Ton existence en fin de compte. Tu n’es pas une poubelle mais un réceptacle sacré dans lequel ton âme respire et vit le temps de ton expérience terrestre. Et ce corps et cette âme que le monde t’a appris à mépriser et haïr, tu vas apprendre à les aimer, les chérir, les respecter.
« Tant de travail, me répliques-tu, les bras m’en tombent ! » Je comprends. J’ai reculé aussi devant mon propre désastre : avoir vécu si longtemps en terre étrangère au sein de moi-même, me traitant comme mon pire ennemi, m’insultant, ignorant qui j’étais ! Je l’ai vécu. Je reviens d’entre les morts.

 

JOUR 15
Aime-toi ! Sympathise avec toi ! Sympathisons ! Tout est là. Il n’y a rien d’autre que la sympathie. Tout le reste vient en plus. Il nous faut commencer par la sympathie qui est une forme d’amour ; le reste viendra seul. Pas une sympathie dégoulinante de bons sentiments, juste une sympathie qui se conçoit comme le respect. Sympathiser, ce n’est pas se mettre à genoux devant l’autre comme on nous l’a appris : sympathiser, c’est accepter et respecter l‘autre dans sa différence. C’est une neutralité bienveillante.
D’aucuns me traiteront de mystique refoulée, de romantique décervelée, d’autres d’idéaliste irréaliste, de naïve, ridicule, gnangnan, New Age. Évidemment, parler de sympathie expose à se faire traiter de cul-cul-la-praline. Va pour la niaiserie et tout ce dont vous voudrez me qualifier : je m’en fous.
Vous pouvez me qualifier d’idiote, d’ignare, de fleur de nave, d’imbécile, d’incurable, de sentimentale. C’est d’accord. Ceci ne m’appartient pas. Ceci ne me regarde même pas. C’est votre affaire. Votre jugement ne vous renvoie qu’à vos insuffisances. Je me souviens d’un temps, pas si lointain, où les jugements que l’on portait sur moi me mettaient en colère ou me blessaient. Je suis la plupart du temps au-dessus aujourd’hui, et c’est heureux. Mais je ne laisserai pour autant personne m’attaquer sans réagir car j’ai ma dignité à préserver. Je me respecte. Je sais ce que je veux et qui je suis. Je n’ai plus que peu de zones d’inconfort et de frontières floues. Je sais où je me situe, quelles sont mes valeurs et mon identité. Je me connais intimement. Je me reconnais. Je suis ma meilleure amie et compagne. En quelques années, je suis devenue en quelque sorte inattaquable. J’ai appris à me défendre.
Car vous ne me faites plus peur. Je vous vois. Je vous entends. Vous ne m’indifférez pas. Vous me surprenez encore. Vous pouvez me faire mal ou m’attrister mais cela ne dure pas. Vous ne m’atteignez plus durablement car je n’ai plus besoin de votre approbation pour m’apprécier. Cette approbation que tant de gens prennent pour de l’estime, de la considération ou même de l’amour ! Ce n’est que l’approbation que donnent ceux qui aiment être obéis. Le su-sucre au chien obéissant. Plus besoin de me soumettre à vos projets, vos préjugés, ce que vous avez décidé pour moi qu’il est bon de faire ou pas, de penser et sentir. Je m’en fous. Je n’ai plus besoin de votre assentiment. C’est pourquoi vous ne pouvez plus m’atteindre qu’en superficie.
Mais j’exige respect et politesse. J’exige ces minimums sans lesquels la vie en société est un champ de bataille. Là, oui : j’exige. Je ne négocie pas avec le respect et la politesse. Je ne négocie pas avec les fondements de la vie en commun. Cela fait partie de mes chevaux de bataille. Quand il le faut, je sais gueuler plus fort que vous.
Ce n’est pas au cœur que vous me gênez. Vous ne me l’égratignez plus depuis quelques années déjà. Vous dérangez plutôt l’ordonnance, l’harmonie, la beauté, l’équilibre, la fraternité, la paix de l’univers. Et je ne vais pas vous en remercier. Je ne vais pas m’écraser. Je ne vais pas me taire : allez vous faire voir ou changez !
J’entends les hauts cris, les commentaires : cela est si peu propre ! Cela sent le soufre, la poudre et la révolte ! Et alors ?
Mais oui, frères humains, nous avons le droit de nous lever et dire : non ! Ici est ma limite. Oui, frère humain, toi aussi tu disposes de ta voix, ton corps, ta volonté pour décider et exiger des limites à ne pas dépasser, tes limites. Cesse de croire que travailler sur toi, c’est devenir ce légume qui accepte tout, que la paix est un concept informe et sans ventre, une idée molle qui se vit dans une brume, un coton dans lequel on s’enfonce sans un cri. Qu’être guéri, c’est tout admettre. Que l’amour, c’est mièvre. Que la paix est un paillasson. Que le bonheur, c’est consensuel.
Non. Je redis : NON.
La paix est exigeante. La paix n’est pas molle. La paix ne peut exister qu’au prix de la vigilance, au prix de la conscience. Au prix de la conscientisation. La paix délimite des frontières à ne pas dépasser. Elle propose des contours nets, une lumière vive, des arêtes abruptes. Son paysage est inconfortable : il est net, dur. La paix est à installer. À conserver. La paix est exigeante. Elle impose le respect, la politesse, le savoir-vivre, l’harmonie, la bienveillance, la beauté. Elle offre bonheur et sérénité. Elle impose des barrières, un savoir-vivre et savoir-être pour soi et en société. La paix est un travail et une conscientisation de chaque instant. La paix possède ses règles.

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