20 fautes de syntaxe, barbarismes et autres erreurs de français à bannir

20 fautes de français à bannir de tes romans

 

Tu fais des erreurs de français ? Ta syntaxe est imparfaite ? Tu emploies des barbarismes sans t’en rendre compte ? Moi aussi. Pas de panique. Je te donne une liste de fautes très courantes. Tu les as déjà lues, déjà entendues. Tu les liras, tu les entendras encore. Mais qu’importe : ce qui compte, c’est que toi, tu les évites quand tu écris. Donc se relire, plonger sur tes dictionnaires au moindre doute, te corriger, et on recommence. Je sais, ce n’est pas le plus passionnant quand on écrit mais il faut en passer par là.

La langue française est vraiment complexe et parfois, comme toi, je râle, mais je suis obligée de me corriger car ma langue est encore loin d’être parfaite naturellement. Et puis, je t’avoue : dès le collège, je me suis montrée excellente en rédaction mais ni en orthographe ni en grammaire. Je m’améliore d’année en année au prix d’un travail acharné.

Alors je me suis dit qu’une liste d’erreurs courantes te serait utile. Il y a bien d’autres fautes encore ; elles seront l’objet d’autres articles rapides, comme celui-ci. Rapide mais pragmatique.

 

Crédit photo : patricia m

20 fautes de français courantes à bannir impérativement

 

1 . « Se succéder » ne s’accorde jamais car ce verbe n’a jamais de COD.

Les avalanches se sont succédé ce jour-là, dans la montagne : OUI.

2 . Je suis en Angleterre, à Paris, au Pérou : OUI.

N’écris pas, ne dis pas : je suis sur l’Angleterre, sur Paris, sur le Pérou. A moins que tu ne sois en avion, au-dessus du lieu que tu nommes ! Sur, c’est au-dessus.

3 .  Pallier : ce verbe veut dire combler, compenser.

On pallie quelque chose mais on ne pallie pas à quelque chose.

Je pallie ses bêtises depuis trop longtemps : OUI.

Je pallie à ses bêtises depuis trop longtemps : NON !

C’est une erreur très courante. Je ne suis pas certaine que moi-même, de temps à autre…

4 . Très courante faute de syntaxe, là également : c’est de cela dont je m’étonne. Et bien NON !

On doit dire et écrire : c’est cela dont je m’étonne. Ou encore : c’est de cela que je m’étonne.

5 . Sensé et censé ne veulent pas dire la même chose.

Sensé : qui a du sens

Censé : qui est supposé

Ils sont sensés aller au travail et non faire la grève. NON !

Ils sont censés aller au travail et non faire la grève. OUI

6 . Après qu’il soit arrivé, il est allé chez sa mère. : NON !

Après qu’il est arrivé, il est allé chez sa mère : OUI

Utilise donc l’indicatif et non le subjonctif avec « après que ».

7 . Avant qu’il soit arrivé, il est allé chez sa mère : OUI

Par contre, utilise le subjonctif avec « avant que ».

8 . « Savoir gré » veut dire : être reconnaissant. Ce n’est pas « être gré » comme la plupart des gens le croient !

Je vous serais gré de lire ce courrier : NON !

Je vous saurais gré de lire ce courrier : OUI.

9 . Accorder un verbe pronominal.

Je me suis permise de manger des pâtes malgré mon régime : NON !

Il suffit de remplacer être par avoir. J’ai permis quoi ? J’ai permis de manger des pâtes. Le COD est placé après le verbe donc tu n’accordes pas le participe passé.

Je me suis permis de manger des pâtes malgré mon régime : OUI.

(Tu noteras au passage l’intelligence de mes exemples !)

10 . Se souvenir est un verbe transitif indirect.

Elle se souvient de son enfance : OUI.

Mais rappeler est un verbe transitif direct.

Elle se rappelle de ses voyages : NON !

Elle se rappelle ses voyages : OUI.

 

Crédit photo : Gene Wilburn

 

11 . Lui aussi n’a pas compris pourquoi elle chante : NOOON !

Lui non plus n’a pas compris pourquoi elle chante : OUI.

Lui aussi a compris pourquoi elle chante :OUI.

En résumé : « aussi » s’applique à une phrase affirmative. « Non plus » s’applique à une phrase négative.

12 . Ce n’est pas de ma faute : NON !

Ce n’est pas ma faute : OUI.

C’est une faute extrêmement courante que j’entends tout le temps. Quant à l’écrire, évitons !

13 . Bailler ou bayer ?

On ne baille pas aux corneilles ! NON !

On baye aux corneilles : OUI.

14 . Un petit peu : NON ! C’est un pléonasme.

Un peu : OUI.

15. Une erreur que mes professeurs n’ont jamais corrigée ! Et oui ! Même mes professeurs de français ! C’est incroyable mais c’est vrai.

Etc… NON !!

Etc. OUI ! Un seul point après « etc. »

16 . Le 5ème arrondissement de Marseille : NON !

Le 5e arrondissement de Marseille : OUI.

C’est davantage une erreur de typographie. Quand on écrit, ça a son importance.

17 . Il a ré-intégré ses pénates : NON !

Il a réintégré ses pénates : OUI.

18 . On ne délivre pas un secret : NON !

On livre un secret : OUI.

19 .  Au masculin :

Un haltère.

Un auspice.

Un augure.

Un armistice.

Un exode.

Un astérisque.

20 . Au féminin :

Une acné.

Une autoroute.

Une écritoire.

Une oasis.

Une échappatoire.

Une réglisse. Ex : ces bonbons à la réglisse sont bons. (sous-entendu : à la racine de réglisse)

(Il est cependant toléré de dire et écrire, en parlant de ces mêmes bonbons : ces réglisses sont bons.) Je sais, c’est étrange mais c’est comme ça ! Je trouve même la règle un peu floue pour ce mot.

 

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C’était un bref tour d’horizon pour te titiller les neurones et te réveiller si tu t’endors sur tes fautes de français et ne les vois plus ! Eveiller ta vigilance et pousse-toi à améliorer ta connaissance de la langue française. Je ne peux faire la liste complète de toutes les fautes éventuelles que nous risquons de faire dans la plus jolie inconscience. Il y faudrait dix vies !

Tu peux consulter le Larousse en ligne, acheter des Bescherelle, apprendre de ton logiciel Antidote, te plonger dans la lecture du Robert ou du site de l’Académie française dans la section Dire, ne pas dire… Tu peux aussi lire ou relire mon article : 10 erreurs faciles à corriger pour écrire un bon roman car il est complémentaire à celui-ci. A chacun de trouver ses trucs. Ce qui importe, c’est de rester vigilant. Après avoir subi cette piqûre de rappel, n’hésite pas à me faire part de ton ressenti sur tes difficultés avec notre langue française. Je la trouve très belle mais parfois, je lui tordrais bien le cou ! Et toi ?

 

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Recherches utilisées pour trouver cet article :faute de syntaxe, faute de synthaxe, fautes de syntaxe

7 Commentaires

  1. Tahar

    Merci, Laure pour tous ces précieux conseils. Oui, la langue Française est très riche. Quand j’étais adolescent, je lisais des livres juste pour en chercher d’éventuelles fautes. Maintenant que j’ai vieilli, les fautes, j’en fais tellement !
    (sourire).
    Il y a aussi une expression que beaucoup de gens confondent : Au lieu de « Nous avions convenu  » il faut dire  » Nous nous étions convenus » . Qu’en penses-tu?
    A bientôt !

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Avec plaisir Tahar,
      J’ai toujours beaucoup lu et c’est ce qui me sauve car le français est tellement complexe… Je fais toujours des fautes alors je suis forcée de redoubler d’attention.
      On peut utiliser effectivement « être convenu » mais aussi « avoir convenu » ! Je fais un copié-collé du Larousse : « (auxiliaire avoir ou être) En parlant de plusieurs personnes, tomber d’accord sur quelque chose (opinion, décision, etc.) : Nous avions convenu (nous étions convenus) de nous revoir sous peu. »
      Tu trouveras cela au verbe « convenir » du Larousse.
      Mais le dictionnaire de l’Académie française n’est pas d’accord ! « Avoir convenu de est fautif. On ne doit pas dire et moins encore écrire : nous avons convenu de, mais nous sommes convenus de. » Et là, tu es en accord avec ce dictionnaire !
      Et le Grévisse accepte les deux !
      Même les spécialistes ne sont pas d’accord entre eux !
      Pour ma part, j’emploie les deux. La langue française est un casse-tête ! Alors quand je peux me simplifier la vie… Et surtout y trouver un peu de liberté ! Bref, ça se discute…
      A bientôt.

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  2. Moniratou sawadogo

    Bonsoir Laure,
    Vraiment merci pour la motivation et les conseils.
    J’ai besoin d’aide
    En effet j’écris depuis toute petite mais jusqu’à présent je ne suis pas encore décidée entre nouvelle et roman,ou roman et pièce de théâtre. A cause de cela, je suis désordonnée et je me manques de confiance en moi
    Pourtant j’aime donner vie aux mots
    J’aime soigner mes maux par les mots
    Mais je commence à déprimer et à me laisser choir.

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Moniratou,
      Prends le texte qui te plaît le plus dans tout ce que tu as écris. Peu importe que ce soit un roman, une nouvelle, une pièce, ça n’a pas d’importance. Tu prends donc ce texte et tu t’engages à le terminer, c’est tout. Personne ne peut décider à ta place de mener à terme un texte. C’est toi qui décides. C’est aussi simple que ça. Va jusqu’au bout d’un texte pour commencer et tu verras bien ce qu’il en sortira : roman, pièce, nouvelle ou même autre chose. Tu seras fière d’avoir écrit jusqu’au bout et ça te donnera le goût de commencer autre chose. Mais d’abord, commence tout simplement par retrouver confiance en toi en menant jusqu’au bout le texte que tu préfères. Une chose après l’autre, un pas après l’autre. Calmement. Tu vas y arriver.

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  3. Isabelle

    Bonjour Laure,

    Très utile de réviser notre manière d’écrire… Merci.

    Juste en clin d’oeil : ton numéro 16 : Quand on écrit et non écris.

    Excellente journée

    Répondre
    1. Laure Gerbaud (Auteur de l'article)

      Isabelle,
      Oh, merci ! Ca illustre bien ce que je dis : il faut vraiment se relire… Je cours vite me corriger. J’ai beau faire, j’en laisse toujours passer. J’écris trop et trop vite.
      Excellente journée à toi.

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  4. Editions CHUM

    Il me semble que « auspices » est toujours masculin pluriel, mais je n’ai pas vérifié.

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